Depuis 2016, et lancé pour une période de 10 ans, le Plan Eau Dom (Pedom) vise à accompagner les acteurs de l'eau dans la gestion et l'amélioration des services rendus à leurs usagers, notamment par un renforcement de leurs capacités techniques et financières.
Les territoires ultramarins et leurs services publics d'eau potable et d'assainissement sont confrontés à des difficultés spécifiques quant à la gestion de la ressource en eau, véritables freins au développement social, économique et sanitaire, ou encore à la préservation de la biodiversité. Le Plan Eau Dom s'adresse donc aux collectivités gestionnaires de services d'eau potable ou d'assainissement des six territoires d'Outre-mer que sont la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, Mayotte, La Réunion et Saint-Martin, avec l'objectif de faire émerger des solutions globales et locales à la gestion de la ressource, adaptées aux réalités et aux besoins de chaque territoire.
Dans le détail, il vise à offrir aux usagers une meilleure qualité de service en matière de distribution d’eau potable et d’assainissement à travers quatre grands axes. Renforcer la gouvernance des collectivités compétentes en matière d’eau potable et d’assainissement ; développer les capacités techniques et financières des services d’eau potable et d’assainissement ; donner une priorité à l’amélioration des services d’eau potable, à l’entretien et à la maintenance des installations d’assainissement ; et enfin, mieux intégrer les politiques d’eau potable et d’assainissement dans les stratégies d’aménagement et de développement du territoire.
Le plan est soutenu est suivi par plusieurs acteurs-clés, à savoir les services du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, du ministère de l'Intérieur et des Outre-mer, et du ministère de la Santé et de la Prévention, en partenariat avec l'Office Français de la Biodiversité (OFB), l'Agence Française de Développement (AFD), et la Banque des territoires.
Afin d'accomplir ses objectifs, le Pedom prévoit un accompagnement des capacités techniques, en mettant à disposition des collectivités des capacités d'ingénierie afin de soutenir la réhabilitation et la modernisation des ouvrages vétustes, répondant ainsi au besoin des territoires en matière d'études et d'expertise. Encadré également, la problématique des financements des territoires d’outre-mer, afin de perfectionner leurs services d’eau et d’assainissement, évalués à 1,7 milliard d’euros en 2016.
De plus, il vise à renforcer la gouvernance des collectivités en privilégiant le niveau des établissements publics de coopération intercommunale (Epci) et en contribuant à structurer les autorités organisatrices. Le Pedom prévoit aussi les nécessaires ajustements dans un contexte de changement climatique et de ses impacts forts sur la gestion de la ressource, tels que le rallongement des périodes de sécheresse, l'intensification des saisons des pluies et les inondations, ou encore les événements climatiques extrêmes, que les territoires d’Outre-mer subissent de plein fouet, réduisant les volumes d’eau disponibles et détruisant les infrastructures et les milieux.
Depuis 2016, plus de 300 millions d’euros de fonds publics et plus de 400 millions d’euros de prêts des partenaires ont été débloqués pour accompagner les collectivités dans leurs besoins de financement dans la gestion de la précieuse ressource.
Damien Chaillot