La Guyane secouée par une vague d’homicides, au nombre de 30 depuis le début de l’année

©Radio Peyi

La Guyane secouée par une vague d’homicides, au nombre de 30 depuis le début de l’année

Deux homicides par armes à feu se sont produits ce mercredi à Cayenne, portant à 30 le nombre d’homicides sur ce territoire d’Outre-mer, où les élus demandent une réponse de l’État face à cette flambée de violence et d’insécurité. 

Un homme de 32 ans a été tué à la mi-journée au Village chinois de Cayenne, tandis qu’un second homme, de 25 ans, a été abattu entre 15h et 16h cité Cabassou, toujours dans la capitale guyanaise, rapportent nos partenaires de Radio Peyi. Les suspects dans ces deux affaires ont été identifiés. La piste du règlement de compte est privilégiée.

Malgré l'intervention rapide des secours, pompiers et Samu, et leurs tentatives de réanimation, la première victime, né au Guyana, a succombé à ses blessures. La police judiciaire a été chargée de l'enquête. Selon Radio Peyi, un suspect aurait été identifié et est recherché. 

La seconde victime aurait reçu plusieurs balles avant d’être dépouillée de ses effets personnels. Filmée, la scène a fait le tour des réseaux sociaux. Les secours sont là aussi intervenus rapidement, et une nouvelle fois, malgré leurs efforts, et nombreux massages cardiaques réalisés, le jeune habitant du quartier, est mort sur place. La police judiciaire est en charge de l'enquête, et le tireur présumé est activement recherché.

« C’est désolant et affligeant » a réagi le député Davy Rimane qui, avec son collègue Jean-Victor Castor, donnait une conférence de presse le matin même dans les alentours du premier homicide. « Il y une urgence (…). Si on continue comme ça, on va continuer à compter nos morts, ce n’est pas acceptable » a ajouté le député GDR. Son collègue Jean-Victor Castor appelle à « s’attaquer aux sources » et à rajouter l’insécurité à l’ordre du jour du rendez-vous entre les élus ultramarins et le président de la République, le 7 septembre prochain.

Mardi soir, le préfet Thierry Queffelec avait annoncé un renfort de gendarmes mobiles actuellement déployés sur la lutte contre l’orpaillage illégal, alors qu’un couple de commerçant avait été blessé par balle la même journée lors d’un braquage. L’une des deux victimes a succombé à ses blessures. Mais pour Jean-Victor Castor, « une réponse par la répression ne suffira pas pour résoudre ce fléau ». Même son de cloche pour Davy Rimane qui estime que « résoudre la misère sociale est une réponse face à l'insécurité ».

En juin, le sénateur Georges Patient avait adressé un courrier à la Première ministre demandant « le renfort immédiat des forces de l'ordre alors que le territoire compte 5 escadrons de gendarmes contre 7 escadrons prévus » ou encore, « la mise en place d'une politique de prévention visant à réduire durablement le recours de la violence au sein de la population ». « La lutte contre la violence doit être érigée en grande cause nationale pour la Guyane », ajoutait le sénateur.

Le 20 août dernier, le président de la Collectivité territoriale Gabriel Serville annonçait la tenue fin septembre des Assises de la sécurité. Une semaine auparavant, le préfet assurait avoir demandé la création d’une antenne du Raid, tout en affirmant que le territoire est doté de « l’un des plus forts taux de force policière, avec 53 gendarmes ou policiers pour 10 000 habitants » contre 20 à 45 pour la moyenne nationale. 

D’après les chiffres de la préfecture, 20% des 30 meurtres se sont produits dans le cercle intrafamilial et 80% restants sont liés à la criminalité. Depuis janvier, six assassinats ont eu lieu en forêt dans le milieu de l'orpaillage illégal. Selon une analyse du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), le taux d'homicides de la Guyane, entre 2016 et 2021, est de 11,2 pour 100 000 habitants contre 1,2 en moyenne nationale.