À l'occasion de la Journée internationale pour la conservation de l'écosystème des mangroves, célébrée le 26 juillet à l'initiative de l'UNESCO, l'Initiative française pour les récifs coralliens (IFRECOR) rappelle le rôle essentiel de ces écosystèmes dans les territoires ultramarins et souligne l'urgence de renforcer les actions de préservation, de suivi et de restauration.
Présentes dans les zones tropicales et subtropicales, les mangroves couvrent près de 150.000 km² à l'échelle mondiale. Situées à l'interface entre la terre et la mer, elles constituent des réservoirs de biodiversité, servent de nurseries à de nombreuses espèces marines, protègent les littoraux contre l'érosion, les submersions marines et les tempêtes, tout en stockant d'importantes quantités de carbone.
Selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), la moitié des mangroves évaluées sont aujourd'hui menacées, mettant en évidence la nécessité de renforcer leur protection.
Près de 90.000 hectares en Outre-mer
Avec près de 90.000 hectares de mangroves répartis dans dix collectivités d'Outre-mer, la France porte une responsabilité particulière dans la conservation de ces écosystèmes côtiers.
Face au changement climatique et à l'érosion de la biodiversité, l'IFRECOR estime que leur sauvegarde est devenue un enjeu majeur. L'organisme met en avant la nécessité de mieux connaître leur état de santé, d'accompagner leur restauration et de soutenir les initiatives locales afin de préserver ces milieux, protéger les populations littorales et renforcer la résilience des territoires.
Depuis 2017, l'IFRECOR accompagne, avec le Réseau national d'observation et d'aide à la gestion des mangroves (ROM), les acteurs locaux dans le développement d'outils de connaissance, de suivi et de restauration. Des travaux sont actuellement menés pour harmoniser les méthodes d'évaluation de l'état de santé des mangroves, développer de nouveaux outils (indicateurs, cartographies, plateforme numérique) et partager les bonnes pratiques entre les territoires.
Un bilan de l'état de santé des mangroves des Outre-mer doit être publié par l'IFRECOR en novembre 2026.
Des projets en Guyane et à Mayotte
En Guyane, le bassin compris entre les rivières de Montsinéry et de Cayenne abrite plus de 6.000 hectares de mangroves. Une cartographie réalisée en 2025 par Christophe Proisy (IRD-AMAP), représentant du comité local Guyane de l'IFRECOR, à partir d'images à très hautes résolutions complétées par des observations de terrain, doit permettre d'améliorer la connaissance de ces milieux et d'orienter leur gestion et leur conservation.
À Mayotte, où les mangroves ont été fortement affectées par le cyclone Chido, des journées d'échanges techniques ont été organisées afin de renforcer les connaissances en matière de restauration écologique. Un projet porté par la communauté de communes de l'Ouest de Mayotte expérimente dans la mangrove de Chiconi un dispositif reproduisant le rôle des racines de palétuviers pour atténuer les conditions hydrodynamiques et favoriser la recolonisation naturelle des mangroves.

