Guyane : Une collaboration sanitaire avec le Suriname voisin à l'étude

© Twitter Clara de Bort

Guyane : Une collaboration sanitaire avec le Suriname voisin à l'étude

À l'image des récents échanges entre la Guyane et le Brésil, une délégation de soignants guyanais et de membres de l'Agence Régionale de Santé (ARS), notamment sa directrice Clara De Bort, s'est rendue au Suriname à Paramaribo, où elle a pu visiter les services de l'hôpital académique de Paramaribo (AZP), mais aussi rencontrer plusieurs représentants, dont le directeur de la Santé du Suriname, Rakesh Gajadar Sukul. L'occasion d'aborder plusieurs questions autour des systèmes de soins respectifs des deux territoires afin d'envisager de potentielles collaborations.



Parmi les éventualités abordées lors de cette visite, celles de pouvoir transférer des patients Guyanais dans des services Surinamais, afin d'éviter de longues et couteuses évacuations sanitaires en Hexagone, ou encore le transfert de patients surinamais hospitalisés en Guyane vers les hôpitaux du territoire voisin si son état le permet. Autant d'exemples de pistes évoquées par la délégation, composée de Clara de Bort, directrice générale de l’ARS, Benoît Van Gastel, délégué territorial ouest et chargé de mission coopération à l’ARS, le Pr Mathieu Nacher (CIC-Inserm), les Drs Yvane Golitin (urgentiste, CHK), Abdoulaye Kama (urgentiste, CHC), Fredrik Terlutter (équipe de vaccination et coopération, Chog) et Marc Lédy (biologiste, laboratoire Biosoleil).

Pour la directrice de l'ARS, la visite a permis de découvrir un système de soin surinamais composé “d'équipes mobiles très innovantes, une recherche dynamique et une collaboration très poussée avec les Pays-Bas”, affirmant avoir été “très impressionnée par le niveau des équipes et des équipements de nos voisins”.
Alors que des échanges poussés ont eu cours avec le Service Régional de Santé du Suriname (RGD), chargé d'une cinquantaine de structures de santé primaire, la visite de l'AZP a montré une forte présence de soignants surinamais et néerlandais, ainsi qu'un rythme d'accueil d'une quarantaine de patients par jour, pouvant être augmenté en cas de nécessité.
Les services d'ophtalmologie, de radiologie, de coronarographie ont notamment été plébiscités, et la présence d'un service de cardiologie, spécialité absente en Guyane, a été remarquée.


Selon Clara De Bort, l'objectif de cette rencontre était de “renforcer la confiance dans nos systèmes de santé et de mieux connaître leur offre de soins. Des patients surinamais des hôpitaux de Cayenne et Saint-Laurent-du-Maroni sont parfois transférés aux Antilles. Dans certaines spécialités, ils pourraient être aussi bien pris en charge au Suriname. Dans la perspective de la création du CHU de Guyane, nous avons besoin de connaître les besoins de nos voisins, de connaître leurs formations, de proposer des échanges d’étudiants, de renforcer la recherche en santé. Or, nos populations et nos environnements ont beaucoup en commun”.

Ainsi, plusieurs collaborations sont envisageables, telles que le transfert de patients surinamais des hôpitaux de Guyane qui, une fois stabilisés, pourraient poursuivre leur hospitalisation dans leur territoire d'origine, ou encore l'accueil de patients guyanais nécessitant les soins d'un service absent sur le territoire.
Côté guyanais, certaines activités inexistantes dans les deux pays pourraient voir le jour si les patients surinamais pouvaient être accueillis. Ont également été évoqués, la procréation médicalement assistée (PMA) ou encore l’installation d’un caisson hyperbare. De même, des médecins surinamais, dont beaucoup ont des diplômes néerlandais reconnus par l’Union européenne, pourraient intervenir au sein des hôpitaux guyanais lorsque la spécialité fait défaut en Guyane.

Les questions des formations, des échanges en recherche, en biologie, ont également été abordées. Rakesh Gajadar Sukul, directeur de la santé du Suriname, se réjouit que les discussions aient été “fructueuses. C’est un premier pas pour le transfert de patients”.

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Damien Chaillot