Pendant quinze jours, un détachement du 9e Régiment d'infanterie de marine (9e RIMa) a mené une mission de reconnaissance au cœur de la forêt amazonienne, jusqu'à la borne marquant la rencontre des frontières entre la France, le Brésil et le Suriname. Une opération de près de 600 kilomètres destinée à surveiller cette zone isolée et à renforcer la présence française dans l'intérieur guyanais.
Du 1er au 15 juin 2026, des militaires du 9e Régiment d'infanterie de marine ont conduit une mission de reconnaissance dans l'une des zones les plus isolées de Guyane. Baptisée Trijonction, cette opération les a menés jusqu'à la borne matérialisant la rencontre des frontières française, brésilienne et surinamaise, après plus de 500 kilomètres de navigation fluviale et 55 kilomètres de progression à pied en forêt tropicale.

L'objectif était de reconnaître cette zone frontalière difficile d'accès, d'évaluer d'éventuelles activités illicites, notamment liées à l'orpaillage clandestin, tout en entretenant les capacités de reconnaissance en autonomie complète des militaires engagés. La mission visait également à maintenir le lien avec les populations vivant dans l'intérieur du territoire.

Echanges avec les villages amérindiens et progression en autonomie dans la forêt amazonienne
Au cours de leur remontée des fleuves Maroni, Alawa et Litani, les militaires ont effectué plusieurs haltes dans les villages amérindiens de Twenké et d'Antécum-Pata. Ces rencontres se sont déroulées dans un climat de confiance avec les habitants du Haut-Maroni. À Twenké, le Grand Man a notamment adressé sa bénédiction au détachement avant la poursuite de son itinéraire.

La dernière partie de l'opération a nécessité une adaptation de l'itinéraire après que des arbres abattus ont rendu la navigation impossible à proximité de la crique Koule-Koule. Les militaires ont alors poursuivi leur progression à pied, en transportant l'ensemble de leur matériel, de leurs vivres et de leurs équipements, sans possibilité de ravitaillement extérieur.
Après quatre jours d'efforts en forêt dense, ils ont atteint la borne frontalière afin d'y mener des opérations de reconnaissance et d'entretien. Cette progression a mobilisé les savoir-faire spécifiques des unités entraînées au combat et à la survie en milieu équatorial.
Au total, près de 600 kilomètres ont été parcourus au cours de cette mission de quinze jours. Pour les Forces armées en Guyane, cette opération illustre la capacité du 9e RIMa à conduire des missions de longue durée dans un environnement particulièrement exigeant, tout en participant à la surveillance des frontières et à la protection du territoire guyanais.

