Après avoir abandonné la gestion de quinze établissements début juin, le groupe hôtelier espagnol annonce son retrait complet de Cuba le 24 juillet. Une décision qui clôt plus de trois décennies de présence sur l’île.
Cette fois, le départ est définitif. Meliá Hotels International mettra fin, vendredi 24 juillet, à l’ensemble de ses activités à Cuba, où le groupe espagnol était devenu l’un des principaux opérateurs hôteliers étrangers. La décision concerne aussi bien la gestion et la commercialisation des établissements que l’utilisation de ses différentes marques, les activités réceptives et la chaîne d’approvisionnement locale.
Dans un communiqué transmis mardi à la Commission nationale du marché des valeurs espagnole (CNMV), Meliá invoque les «importantes difficultés» rencontrées pour poursuivre son activité sur l’île. Les contraintes opérationnelles, juridiques, économiques et financières rendent désormais «impossible, de facto et de jure, une stabilité opérationnelle minimale», estime le groupe.
La société assure néanmoins travailler à une «transition ordonnée» afin de limiter les conséquences de son retrait pour ses collaborateurs, ses fournisseurs et ses clients. L’impact financier de cette sortie complète est encore en cours d’évaluation et sera précisé lors de la publication des résultats du premier semestre 2026.
La fin d’une présence historique
Cette annonce parachève un désengagement amorcé au début du mois de juin. Meliá avait alors cessé d’exploiter quinze de ses 34 hôtels cubains, soit une partie d’un portefeuille représentant environ 14.000 chambres. Les établissements concernés étaient gérés avec des entités liées à Gaesa, le puissant conglomérat militaro-économique cubain placé dans le viseur de Washington.
Le retrait intervient dans un contexte de durcissement spectaculaire de la politique américaine à l’égard de La Havane. Un décret signé le 1er mai par Donald Trump a élargi les sanctions aux entreprises, personnes et institutions financières réalisant ou facilitant certaines transactions avec des entités cubaines sanctionnées.
Pour Meliá, cette sortie marque la fin d’une histoire commencée en mai 1990 avec l’ouverture du Sol Palmeras, à Varadero, premier hôtel géré par le groupe dans le pays. Les établissements concernés ne fermeront pas nécessairement leurs portes, mais pourront poursuivre leur activité sous gestion cubaine et sans les enseignes du groupe espagnol. Comme Le Figaro l’expliquait début juin, ce changement de marque ne permet pas automatiquement au voyageur d’annuler son séjour, sauf s’il entraîne une modification substantielle des prestations réservées.
Avec AFP

