Nouvelle-Calédonie : Le Troisième référendum a permis de rassurer toute le monde» affirme Thierry Santa

© Radio 1

Nouvelle-Calédonie : Le Troisième référendum a permis de rassurer toute le monde» affirme Thierry Santa

Les rotations commerciales avec la Calédonie ont repris hier. Parmi les passagers du premier vol, Thierry Santa, ancien président et membre du gouvernement calédonien. Le natif du fenua revient sur la situation politique et sociale du Caillou, une dizaine de jours après un référendum contesté. Une interview réalisée par notre partenaire Radio 1. 

 

Impatience, hier, à l’aéroport, pour plusieurs dizaines de personnes venues attendre leurs proches calédoniens. Il faut dire que la dernière rotation commerciale d’Aircalin entre La Tontouta et Faa’a remontait à mars 2020. En plus de 20 mois de pandémie, quelques vols avaient bien eu lieu avec le Caillou, pour assurer des rapatriements ou des échanges de fret urgent, mais tout embarquement était jusqu’à présent conditionné à une autorisation du gouvernement. Désormais, les motifs impérieux levés, les liaisons sont libres mais restent tout de même, dans le sens Tahiti – Nouméa, conditionnées à une preuve de vaccination et à une septaine à l’arrivée. Et peu de chance que ces règles soient rapidement levées. C’est en tout cas ce que suggère Thierry Santa, membre du gouvernement et ancien président de la Calédonie, qui faisait partie des passagers de ce premier vol. « Je ne pense pas qu’on aille vers une ouverture totale du ciel calédonien, explique le membre du gouvernement en charge du travail et de l’emploi. Le variant Omicron est rentré au fenua et le gouvernement va prendre des décisions en fonction de sa propagation. On va très probablement garder des mesures de contrôles à l’entrée ».

Objectif 2023

Natif de Polynésie, Thierry Santa est au fenua « en vacances », auprès notamment de sa mère Irène Degage, qui attendait impatiemment son retour pour recevoir sa médaille du mérite, au Haut-commissariat, ce vendredi. Mais l’élu calédonien a tout de même prévu quelques rencontres avec des officiels polynésiens, dont Édouard Fritch ce jeudi après-midi.

C’est bien sûr l’occasion de parler de l’après référendum. Car comme l’avait un récent rapport de l’Assemblée, l’avenir de la Calédonie préoccupe les élus polynésiens. Et après les deux premiers référendums remportés par les loyalistes (avec 57% en 2018 puis 53% en 2020) et le vote du 12 décembre (93% pour le « non à l’indépendance), contesté par les indépendantistes, cet avenir devrait s’écrire rapidement. « Les discussions vont démarrer forcément après les élections nationales, c’est acté par tout le monde. A partir de là on a six mois de discussions bilatérales, avec l’État d’une part et avec les indépendantistes de l’autre, au cours desquels on va je l’espère commencer à dessiner quelque chose, rappelle Thierry Santa. C’est ensuite que les discussions à proprement parler démarreront pour essayer de tenir le calendrier sur lequel nous nous sommes tous engagés : arriver en juin 2023 avec un nouveau référendum, de projet cette fois-ci, et pas binaire, pour que tous les Calédoniens trouvent leur place en Nouvelle-Calédonie ».

Les Calédoniens « rassurés » sur la paix

Dix-huit mois pour un nouveau statut, donc. Un statut « avec un lien indéfectible à la France », pour « respecter la volonté majoritaire exprimée trois fois d’affilée », comme le souligne Thierry Santa. Mais un statut qui « prend en compte » l’existence d’une « grosse minorité » indépendantiste, principalement Kanak, avec « un besoin de reconnaissance forte » de son identité. « Il faudra être imaginatif », relève l’ancien président, qui avait été renversé, début 2021 par la formation d’une majorité indépendantiste et océanienne au Congrès local. Ces discussions institutionnelles, bien sûr, ne concernent et n’engagent que les Calédoniens. Mais « toutes les discussions qui concernent l’évolution statutaire des territoires d’Outre-mer peuvent impacter les autres territoires » rappelle l’élu. En l’occurrence, le statut calédonien étant proche de celui de la Polynésie, une évolution pourrait être source « d’inspiration ». « Mais ça dépendra de ce que voudront les Tahitiens », précise-t-il. En attendant, le membre du gouvernement cagou se veut rassurant : tout le monde, en Calédonie, veut discuter d’une manière « apaisée ». La tenue dans le calme du référendum du 12 décembre, a permis de « rassurer » les différentes communautés, et notamment les 2 000 à 3 000 Calédoniens d’origine polynésienne. Le scénario d’un « retour au pays » en masse, ou plus généralement de mouvements de population depuis le Caillou vers le fenua, n’est selon lui plus à redouter.

Par Charlie René pour  Radio 1