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Nouvelle-Calédonie : le Congrès valide une aide de 7,3 milliards de francs accordée par l’État
©Baptiste Gouret pour Les Nouvelles Calédoniennes

Les élus ont adopté à l’unanimité ce vendredi 30 octobre une décision modificative du budget visant à intégrer une enveloppe de 7,3 milliards de francs décrochés par la délégation transpartisane lors de son déplacement à Paris en septembre. La subvention couvrira les dépenses du Ruamm et des retraites pour les mois de décembre et janvier. Un sujet de notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.

Le financement du Ruamm et du régime des retraites est assuré jusqu’en février. Réunis en séance publique ce vendredi 30 octobre, les élus du Congrès ont adopté à l’unanimité un projet de délibération porté par le gouvernement, visant à intégrer au budget principal propre 2026 de la Nouvelle-Calédonie une enveloppe de 7,3 milliards de francs accordée par l’État. Ce nouveau soutien financier fait partie des 55 milliards décrochés par la délégation transpartisane, lors de son déplacement à Paris en septembre.

Il va permettre à la collectivité d’atteindre l’équilibre budgétaire pour l’exercice 2026. Il couvrira ainsi les déficits des comptes sociaux pour le mois de décembre (1,3 milliard) et celui de janvier (6 milliards), avant que la Nouvelle-Calédonie se dote d’un nouveau budget pour 2027.

« Signal positif »

Le texte anticipe également les éventuelles conséquences de l’instabilité politique dans l’Hexagone. Si les parlementaires français venaient à ne pas valider la loi de finances de fin de gestion, qui comporte les 7,3 milliards et dont l’examen doit débuter en novembre, la décision modificative prévoit la possibilité pour la Nouvelle-Calédonie de bénéficier de la somme sous forme d’avances remboursables à reverser à la Cafat. Elles seraient ensuite transformées en subventions l’année prochaine.

Outre les comptes sociaux, le projet de délibération contient des sommes supplémentaires destinées à différentes priorités économiques et sociales. Il prévoit par exemple 1 milliard de francs consacré à la composante de stabilité du système électrique et près de 900 millions pour les dispositifs liés au pacte de refondation économique et sociale.

Il vient également abonder la section des subventions et des participations, parmi lesquelles apparaissent plusieurs opérations notables : une aide pour la bibliothèque Bernheim, un financement pour la continuité pays du Betico, des moyens pour la Sécurité civile, pour la préparation des Jeux du Pacifique 2027…

« Ce n’était pas gagné de parvenir à élaborer cette décision modificative », a tenu à souligner Philippe Blaise, membre du gouvernement en charge du budget. « Le fait de la voter aujourd’hui est un signal positif qu’on envoie à l’État, à la société civile et au monde économique. Elle prouve notre capacité, malgré les difficultés que nous traversons, à affronter la situation. »

Désendettement et autonomie financière

Florentin Dedane, conseiller du groupe Kanaky NC, y voit pour sa part un rappel de la « profondeur de la crise » qui touche la Nouvelle-Calédonie ces dernières années. « Notre pays ne peut plus avoir comme seul horizon de tenir jusqu’au prochain budget », a insisté l’élu indépendantiste, insistant sur la nécessité de mener à bien les réformes promises par le président du gouvernement lors de son discours de politique générale, le 24 août, ainsi que l’élaboration rapide du contrat de désendettement du pays. 

« Des textes vous seront proposés d’ici le 31 décembre », a de nouveau indiqué Milakulo Tukumuli, tout en affirmant qu’il n’existait pas de « solutions magiques pour gommer les déficits structurels ».

Pour Sonia Backès (Les Loyalistes), ce nouveau versement de Paris prouve que « nous n’avons jamais été aussi dépendants de l’État ». Comme elle l’avait déjà affirmé lors de la dernière assemblée de province consacrée au débat d’orientation budgétaire, la présidente de la Maison Bleue estime qu’il est urgent de travailler à l’autonomie financière. Pour y parvenir, « il faut de l’argent de l’extérieur, donc des exports notamment miniers, et redevenir attractifs, car nous n’avons plus assez de consommateurs ».

Baptiste Gouret pour Les Nouvelles Calédoniennes