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Nouvelle-Calédonie : la condamnation de Philippe Gomes et Philippe Michel pour détournement de fonds publics confirmée en appel
©Les Nouvelles Calédoniennes (archives)

La cour d'appel de Nouméa a confirmé mardi la condamnation de Philippe Gomès et Philippe Michel, deux anciens dirigeants du parti Calédonie ensemble, dans une affaire de détournement de fonds publics liée à l'emploi de collaborateurs politiques entre 2014 et 2018.

L'avocat de Philippe Gomès et Philippe Michel, Me Frédéric de Greslan, a annoncé à l'issue de l'audience que ses clients allaient « très probablement se pourvoir en cassation ».

En première instance, l'ex-député Philippe Gomès, leader du mouvement de centre droit, avait été condamné à quatre ans de prison, dont deux ferme, et Philippe Michel, ancien président de la province Sud, à trois ans, dont un ferme, les peines de prison ferme étant aménagées sous bracelet électronique. Tous deux avaient également écopé de cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire et de peines d'amendes.

« On a confondu dans cette affaire les agissements des politiques métropolitains, que ce soit le RN ou le MoDem, avec ce qui se passe ici, ce qui n'a strictement rien à voir. On a recruté des attachés politiques pour faire de la politique, précisément ce qu'ils étaient censés faire », a également déclaré Me de Greslan.

L'affaire concerne des emplois de collaborateurs à la province Sud et au Congrès, dont certains étaient occupés par des responsables coutumiers wallisiens et futuniens pour quelques heures par semaine.

Selon l'accusation, ces collaborateurs, dont le travail était peu documenté, étaient principalement chargés de diffuser le message de Calédonie ensemble et de mobiliser des électeurs, des activités qui relevaient selon elle du parti mais étaient rémunérées sur fonds publics.

Pour la défense, ils effectuaient un travail de proximité, notamment en expliquant les politiques publiques, parfois en wallisien ou en futunien, et en faisant remonter les difficultés rencontrées par la population.

La condamnation des deux anciens dirigeants a accéléré l'effacement de Calédonie ensemble de la scène politique locale. Frappés d'inéligibilité, ils ont perdu leurs mandats au Congrès et à la province Sud et n'ont pu se présenter aux élections provinciales de juin. Le parti ne compte désormais plus aucun élu dans ces deux institutions.

Avec AFP