Nouvelle-Calédonie : À Paris, Sébastien Lecornu veut « renouer le dialogue multilatéral »

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Nouvelle-Calédonie : À Paris, Sébastien Lecornu veut « renouer le dialogue multilatéral »

La réunion des acteurs politiques néo-calédoniens, indépendantistes et loyalistes, à Paris du 25 mai au 3 juin, doit avant tout permettre de renouer le dialogue entre toutes les parties, affirme le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu à l'AFP.

À quoi va servir cette semaine de discussions à Paris ?

À poursuivre les efforts de dialogue : le dialogue multilatéral, pas le dialogue avec l'État. Le dialogue entre toutes les parties, en présence de l'État, a été largement interrompu, malheureusement, par le dossier de l'usine du sud et, dès lors que les familles politiques indépendantistes ont décidé de réclamer le troisième référendum. 

C'est la moindre des choses que l'on puisse se retrouver pour un temps de dialogue politique et institutionnel. Notamment pour faire ce qui n'avait jamais été fait auparavant, c'est-à-dire travailler sur la réponse, le oui et le non, parce que c'est l'énorme chaînon qui manque dans toute l'histoire de ce dossier depuis maintenant les plus de 20 ans de l'accord de Nouméa. 

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C'est un exercice ultime et nous devons le faire, c'est une vérité, une responsabilité que nous devons au corps électoral. C'est souvent méconnu de nos concitoyens, mais quoi qu'il arrive, l'accord de Nouméa est à sa fin. Que le oui l'emporte, que le non l'emporte ou même que le troisième référendum n'ait pas lieu, si la demande devait être retirée, dans ces trois cas, l'accord de Nouméa arrive à sa fin. 

Le fait qu'une des composantes du FLNKS, l'UNI soit absente, représente-t-il un risque d'échec ?

Ce n'est pas un risque pour l'État ni pour le gouvernement de la République. La réalité c'est que ce n'est pas le gouvernement de la République qui demande ce troisième référendum et qui souhaite l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Donc, nous on libère du temps, des moyens de l'État, de l'énergie, pour parler de l'avenir de la Nouvelle-Calédonie. 

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L'Union calédonienne, dans ses différentes composantes, sera là, je souhaite que l'autre formation politique indépendantiste puisse être présente. D'ailleurs, la main reste tendue, je le dis officiellement. Des places sont encore disponibles dans des avions, je me suis assuré de cela, pour que, jusqu'à la dernière minute, toutes les familles indépendantistes soient représentées.

Lors de la consultation citoyenne, il est remonté un besoin de geste mémoriel de la part de la population en Nouvelle-Calédonie. Qu'est-ce que cela représente pour vous ?

Je suis sensible à ça. Je l'ai ressenti lorsque nous avons préfiguré la statue de la poignée de mains entre Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou au mois d'octobre dernier. J'ai rencontré beaucoup, beaucoup, de jeunes dans mon déplacement et beaucoup au fond ne savaient plus du tout, ou ne savaient pas, ce que voulait dire cette poignée de main, ni même, parfois, ce qu'il y avait dans l'accord de Nouméa. 

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La réalité c'est qu'il y a une partie de l'histoire contemporaine de la Nouvelle-Calédonie qui est méconnue et donc il y a une quête de repères dans cette jeunesse, qu'elle soit d'ailleurs kanak ou non kanak. Je suis frappé de voir que ce besoin de comprendre ses racines, les racines anciennes mais aussi des racines plus récentes, participe à une aspiration profonde de la jeunesse. Il va falloir l'entendre, l'écouter. De cela aussi, il faudra en parler avec les politiques.