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Nouvelle-Calédonie : 43% des Français de l’Hexagone favorables à l’objectif de « poursuivre la trajectoire de décolonisation » du territoire, selon un sondage Ifop pour la fédération Régions et Peuples Solidaires
©Ifop

L'Institut français d'opinion publique (Ifop, organisme privé de sondages) vient de publier une enquête intitulée « Les Français face aux enjeux de régionalisme et de décentralisation » pour Régions et Peuples Solidaires (R&PS, la fédération des partis autonomistes et régionalistes de l’Hexagone et des Outre-mer). Le sondage se penche notamment sur « l’adhésion au processus d’indépendance de la Nouvelle-Calédonie », « le nouveau rapport des Français au centralisme et au fédéralisme », « la défense des identités et des langues régionales », et « les enjeux régionalistes dans la campagne présidentielle ». Hélas, comme dans la quasi-totalité des sondages d’opinion, les résidents des Outre-mer n’ont pas été interrogés…

L’enquête a été réalisée auprès d’un échantillon national de 9689 personnes exactement, représentatif de la population vivant en France hexagonale âgée de 18 ans et plus. « La représentativité a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par catégorie d’agglomération et par région », précise l’Ifop. Les entretiens ont été effectués par un questionnaire en ligne du 25 au 30 septembre 2026.

Concernant la Nouvelle-Calédonie, la question posée était la suivante : « De manière générale, approuvez-vous ou désapprouvez-vous l’objectif de « poursuivre la trajectoire de décolonisation de la Nouvelle-Calédonie pouvant aller d’un État de Nouvelle-Calédonie inscrit dans la Constitution française jusqu’à celui d’un État souverain par voie de référendum ? ». Sur les Français de l’Hexagone interrogés, 38% « ne savent pas », 19% désapprouvent cet objectif, et 43% l’approuvent. Si l’on se réfère aux réponses des personnes ayant une opinion sur le sujet, le taux grimpe à 69% des sondés d’accord avec la « trajectoire de décolonisation », contre 31% de personnes en désaccord.

Les taux d’approbation, selon les intentions de vote des électeurs pour 2027, sont de 71% pour Les écologistes, 68% pour La France insoumise (LFI), qui distancent largement Place publique (47%) et Renaissance (46%). Le taux du Rassemblement national (RN) est de 36%. Les Français originaires d’Outre-mer résidant dans l’Hexagone sont favorables à 47% au processus d’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, derrière les Catalans (58%) ou les Corses (50%). Autre enseignement de l’enquête : « 59% des personnes dont le père est d’origine non européenne sont favorables au processus d’indépendance de la Nouvelle-Calédonie », rapporte l’Ifop.

À la question « Seriez-vous tout à fait favorable, assez favorable, assez opposé(e) ou tout à fait opposé(e) à ce que le système politique français évolue vers un fédéralisme où chaque région pourrait adopter ses propres lois et ses propres normes dans certains domaines ? », 58% des Français de l’Hexagone sont favorables à un processus tendant à un fédéralisme régional, alors que 13% y sont tout à fait opposés. Le taux d’adhésion atteint 67% au RN, et 54% chez LFI.

Sur la défense des identités et des langues régionales, 86% des Français de l’Hexagone sont favorables à l’enseignement à l’école de l’histoire de leur région dans le cadre de celui de l’histoire générale, 65% sont pour la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, et 64% se prononcent en faveur de la possibilité de proposer à chaque élève de suivre - sans caractère obligatoire - l’ensemble de sa scolarité en langue régionale, à parité horaire avec la langue française ou de façon immersive. L’Ifop souligne que « 74% des sympathisants LFI sont favorables à une scolarité entière en langue régionale, à parité horaire ou en immersion ».

Par ailleurs, 48% des Français estiment qu’une politique en faveur des langues régionales serait une chance pour la diversité de la France. Une fois de plus, on regrette que les habitants des Outre-mer n’aient pas été interrogés sur ces questions. De même, 54% des électeurs estiment que la défense des langues régionales et des acquis de la décentralisation sera un enjeu important dans leur vote à l’élection présidentielle (61% chez LFI, 59% et 58% respectivement pour Renaissance et le RN). Ce taux est de 53% chez les ressortissants ultramarins résidant dans l’Hexagone. 

Créé en 1994, Régions et peuples solidaires (RPS ou R&PS) est un parti politique qui fédère, à l'échelle de la France, des organisations politiques qui sont définies par le ministère de l'Intérieur comme régionalistes. Les courants politiques qui y sont représentés s'inscrivent tous dans le fédéralisme avec une forte sensibilité écologiste. Son président est François Alfonsi, de Femu a Corsica (FaC). 

À date, cette fédération politique rassemble des partis autonomistes et fédéralistes, membres fondateurs, membres ou membres associés, de Bretagne, de Corse, du Pays Basque, de Savoie, d’Occitanie ou encore d’Alsace.