Ni or, ni épices, ni route commerciale : rien, absolument rien ne justifiait que la France s'empare des Marquises. Et pourtant, en 1842, Paris annexe cet archipel que ses habitants appellent « la Terre des Hommes ». Pourquoi ? La réponse tient en une poignée de navires, quelques missionnaires catholiques, une vexation en Nouvelle-Zélande, des traités signés sur des plages, un chef fusillé et quarante ans d'insurrection larvée que Paris finira par éteindre à coups de canon. Un récit d’Alexandre Juster, ethnolinguiste.
Le souvenir français diffus dans le Pacifique
Depuis Bougainville et son séjour de seulement neufs jours en 1768, la présence française dans le Pacifique tient du souvenir fantomatique. Jusqu'en 1824, les Polynésiens de la région ne verront passer qu'un seul navire français : celui du capitaine Marchand, venu en 1791 faire le commerce des fourrures depuis la côte canadienne. Il débarque à Ua Pou, rebaptisée « île Marchand », croise un peuple qui lui semble « doux » et « paisible », où personne ne porte d'armes en apparence, puis repart, et la France avec lui. Le vide a un nom : les guerres de la Révolution, et surtout le blocus naval britannique des guerres impériales, ont étranglé tous les projets maritimes français. Londres, elle, installe sa pêche baleinière depuis la Nouvelle-Galles du Sud et ouvre avec le roi tahitien Pomare II une route commerciale de porcs salés entre Tahiti et Sydney. Pendant que la France compte ses voiles, l'Union Jack se déploie.


Les années 1820-1830 marquent le retour de la Royale. Freycinet, à bord de l'« Uranie », remarque que Sydney devient une métropole ; la France se devait d'imiter. En 1824, la station navale du Pacifique est créée à Valparaiso. Paris cherche des bases pouvant servir à la fois de colonies pénitentiaires, de colonies agricoles et de points d'appui pour une Marine enfin ressuscitée.

Dupetit-Thouars et le projet marquisien
En 1836, Abel Dupetit-Thouars part de Brest pour un tour du monde. En 1838, il passe aux Marquises ; à Vaitahu, il rencontre Iotete, un des chefs de l’île de Tahuata, il échange avec lui son nom, coutume permettant de sceller une amitié et laisse sur place trois missionnaires catholiques avant de poursuivre sa navigation et de rentrer à bon port en France.

L’affaire néo-zélandaise va hâter les choses : en 1840, soixante colons français arrivent sur l'île du Sud seulement quelques semaines après que la Grande-Bretagne y a hissé l'Union Jack. C'est un camouflet pour la France. Le gouvernement de Louis-Philippe va lancer une expédition dans le Pacifique pour conquérir des terres.
Début 1841, sous l'impulsion de Guizot, alors ministre des affaires étrangères, l'archipel marquisien est désigné pour remplir deux fonctions : « procurer, à notre marine et au commerce français dans ces mers, une bonne station navale » et établir « un lieu de déportation hors du territoire continental du royaume », comme le stipule le Code pénal. Les recommandations faites par Dupetit-Thouars lors de son passage en 1838 ne sont pas restées vaines. Il avait alors jugé que « les îles Marquises étaient un lieu parfaitement sain, situé sous un beau climat, d'une étendue très limitée et facile à surveiller ou à défendre ; un bon port s'y offrait à notre navigation ; les tribus qui y habitaient étaient peu nombreuses et pouvaient être aisément gagnées ou soumises. Aucune puissance européenne n'y avait acquis aucun droit, point de colons étrangers n'étaient établis sur ce point. Si l'éloignement du lieu était une cause de lenteur et de dépense, il avait, au point de vue pénal, l'avantage d'agir sur les imaginations sans choquer l'humanité. Notre établissement sur ce point réunissait donc au dedans toutes les conditions politiques et morales du double but que nous nous proposions, et ne pouvait susciter, au dehors, aucun embarras ».
Commandée par le contre-amiral Dupetit-Thouars, l'expédition part de Brest le 20 décembre 1841 sur la « Reine-Blanche ». En escale à Valparaiso, les Anglais s'inquiètent de voir cette armada française, constituée de cinq navires. L'expédition prend la mer dans le plus grand secret, l'équipage ne découvre son objectif qu'une fois parti : l'annexion du méconnu archipel des Marquises.

Vaitahu, 1er mai 1842
La « Reine-Blanche » arrive à Vaitahu fin avril 1842. Ce navire est ensuite rejoint par cinq autres bâtiments : l'« Embuscade », le « Bucéphale », la « Triomphante », la « Boussole », le « Jules-César ».
Le chef, ou hakaìki, Iotete est très heureux de revoir celui dont il porte le nom. C'est un personnage imposant par sa stature et ses tatouages. Max Radiguet, officier à bord du navire, écrit de lui qu'un « buste de Louis XVIII trempé dans de l'indigo » en donnerait « une idée exacte ».

Quelques mois avant l'arrivée de la flottille, Iotete a eu des problèmes avec un équipage américain. Ayant besoin de protection, il demande à Dupetit-Thouars de débarquer une partie de l'équipage et des canons. Le contre-amiral accepte, à une condition : signer la prise de possession au nom de Louis-Philippe.
Pour Iotete, l'accord n'a sans doute pas tout à fait le même sens que pour les Français. Les récits de l'époque laissent entendre qu'il espère surtout obtenir protection et indulgence après le pillage de naufragés américains survenu quelques années plus tôt. Derrière la cérémonie solennelle, chacun paraît donc signer pour des raisons différentes.
Le 1er mai, à dix heures, l'état-major descend à terre. Iotete est entouré des siens. Un missionnaire leur explique la cérémonie ; l'amiral fait ouvrir un ban, tire son épée, en frappe le sol et déclare prendre possession des îles du Sud au nom de la France, avant qu'une messe d'action de grâce ne scelle l'annexion.


Le 5 mai, le contre-amiral prend possession de Hiva Oa, en faisant encore une fois signé un traité d’annexion aux chefs.
Pui, à Nuku Hiva, l'attend Temoana. Héritier des Teii de Taiohae, il partit à douze ans sur un navire anglais et est revenu en 1839 après six années à Londres, Tahiti et les Samoa. Marché de dupes ou calculé : Dupetit-Thouars lui propose de signer la reconnaissance de souveraineté française en échange de la paix avec ses ennemis, les Taioa, et du retour de son épouse Apekua. Le 1er juin, Moana cède la colline Tuhiva et toute la baie de Hakapehi. C'est d’ailleurs en contrebas de cette colline et le long de cette baie que se dressent encore aujourd'hui les premiers bâtiments coloniaux. Ils accueillent à présent la subdivision administrative des Marquises et le centre pénitentiaire, édifié en 1844 pour être le magasin général de la Marine.
Le 2 juin 1842, la prise de possession de Nuku Hiva et du groupe nord-ouest est proclamée. Au sommet de la colline Tuhiva, le fort Collet sort de terre en moins de cinquante jours.
La France s'immisce, les chefs s'arment
Le 7 juin, le « Jules César » jette l'ancre et livre des réserves suffisantes pour huit mois. Dans ses cales viennent aussi des animaux : un cheval accompagné de deux juments, destinés introduire l’élevage dans l’archipel.
On offre aux chefs des biens qu'ils ne peuvent produire, comme des meubles, chaussures, vestes, robes de coton. Dupetit-Thouars ne confie-t-il pas dans son rapport : « en leur créant des besoins, nous nous rendons nécessaires » ? La formule n'est pas qu'une image. Uniformes, étoffes, meubles, chaussures ou armes à feu deviennent autant de biens impossibles à produire localement et que les chefs recherchent désormais auprès des Européens. La dépendance matérielle accompagne ainsi la prise de possession politique.
Avec la prise de possession des Marquises, l'officier a accompli ce que son gouvernement attendait de lui. L’archipel devient la première colonie française du Pacifique.
Mais, déçu par la géographie de l'archipel, qui ne lui permet pas d'établir de stations navales d'envergure en raison de l'absence de lagon et donc de havres naturels, il part pour Tahiti afin d'obtenir de la reine Pomare un protectorat sur ses îles. Les baleiniers et commerçants français y subissent, selon lui, des brimades vexatoires, et le renvoi brutal de deux missionnaires catholiques en 1836 a laissé des traces. Le 9 septembre, il arrache à la reine Pomaré une demande de protectorat, une initiative qui prend Paris de court avant d'être entérinée en avril 1843. Finalement, ce protectorat marque le début du déclin de la colonie marquisienne. L'attention des autorités se détourne vers Tahiti, et le jeune établissement des Marquises glisse peu à peu vers l'oubli voir l’abandon.
En quittant les Marquises, Dupetit-Thouars n’avait pas l’esprit tranquille. Les populations sont restées méfiantes, et la France s'est immiscée sans le savoir dans les guerres quasi permanentes des clans.
Il serait pourtant trompeur de voir dans les chefs marquisiens de simples victimes ou figurants de la conquête. Iotete, Temoana ou Pakoko poursuivent leurs propres stratégies dans un archipel déchiré par les rivalités entre vallées. Chacun cherche à utiliser la présence étrangère au service de ses intérêts, tandis que les Français croient parfois traiter avec des « souverains » dont l'autorité est en réalité constamment négociée.
Iotete, vite privé de son autorité, prend les armes en septembre 1842. Le 17, le lieutenant Lafont de Ladébat et le commandant Halley sont tués par ses hommes. Les Français subissent un siège d'une semaine au fort Collet ; les habitants excellent dans les surprises, ripostent derrière des retranchements à meurtrières, servent même une petite batterie avec l'aide de déserteurs anglais et américains. Des renforts venus de Hiva Oa renversent la situation. Le 25, le neveu de Iotete, Maheno, se rend : les habitants sont sommés de quitter leur vallée, afin de la laisser aux Français, et partent s'installer à Hanatetena et Hapatoni, où Iotete, déchu, est autorisé à vivre.

1845 : l'année fatale de Pakoko
À Nuku Hiva, tout se dégrade en 1845. Pakoko, hakaìki de Haavao, Pakiu et Hikoei, refuse le nouvel ordre ainsi établi. Malgré leur parenté, Pakoko et Temoana sont devenus les deux visages d'un archipel qui se déchire : l'un champion de l'ordre ancien et de la liberté de disposer de la terre et de la mer ; l'autre chef de file d'un monde nouveau, intermédiaire des étrangers.

L'administration française a choisi son camp : Temoana. Pakoko veut interdire le troc de vivres contre l'alcool, dont il voit les effets désastreux ; Temoana s'y oppose. Il proclame tapu (« tabou ») l'accès des femmes à bord des navires. Les contrevenantes, dont deux filles de Pakoko, sont arrêtées par l'administration.
Le 27 janvier, on entend les chants de guerre résonner dans la vallée de Haavao, le fief de Pakoko. Le 28, cinq soldats français, descendus laver leur linge à la rivière Pakiu, sont tués. La réplique est terrible : Haavao est bombardée, les cases sont brûlées, les arbres à pain abattus, les fosses à mā (pâte fermentée de purée de fruits à pain) détruites. Pakoko se rend le 21 février. Son procès se tient au fort Collet. Condamné, il est fusillé par l'armée française.
Temoana, roi sous surveillance
Temoana, lui, touche une solde en compensation du droit d'ancrage désormais perçu par la colonie, et reconnaît son fils Moanatini comme successeur.
En 1849, l'administration évacue l'île. On confie à Temoana la garde du dépôt de charbon et du magasin général. En 1863, il est nommé grand-chef de Nuku Hiva, six mois avant de mourir de pleurésie, au début de l'épidémie de variole qui fauchera près de 1 600 habitants. Veuve, Vaekehu, la « reine de Nuku Hiva », consacrera sa vie aux bonnes relations avec les Français. Pierre Loti lui dressa son portrait à la mine de plomb, marqué par la prestance de cette femme, qu'il décrivit avec « son fier silence.

Le bagne des Marquises
Début 1850, alors que les îles ont été évacuées, Paris choisit d'en faire un bagne ! La loi du 8 juin 1850 sur la déportation politique désigne Nuku Hiva comme lieu de « déportation simple » pour les attentats contre la sûreté de l'État. Ce choix ne doit rien au hasard : depuis les analyses de Dupetit-Thouars, les Marquises étaient présentées comme une colonie pénitentiaire idéale. Un décret de 1851 fixe Nuku Hiva pour les condamnés du complot de Lyon, qui complotaient de s'en prendre à Napoléon III.
Alphonse Gent (1813-1894), ouvrier horticulteur, considéré comme l'instigateur ; Albert Ode (1811-1868) ; et Louis Langomazino (1820-1885), ouvrier mécanicien de l'arsenal de Toulon. Jugés et condamnés, ils sont conduits à pied de Lyon à Brest, puis embarqués avec leurs familles. Ils arrivent à Nuku Hiva en juin 1852. Ils resteront les tout premiers déportés politiques de l'histoire de France, et les seuls des Marquises.
En effet, l'expérience tourne court : trop isolée, trop coûteuse, le bagne est transféré en 1853 en Nouvelle-Calédonie. Les peines des trois condamnés sont commuées en bannissement : Langomazino devient magistrat à Tahiti, Gent avocat à Valparaíso.
Comme présence française, il ne reste bientôt plus à Nuku Hiva qu'un lieutenant de vaisseau et quelques agents, supprimés à leur tour en 1859. Les missionnaires catholiques se retrouvent chargés de la garde du pavillon. Le « bagne des Marquises » restera comme une parenthèse oubliée de l'histoire pénitentiaire française.
L'insurrection permanente et la « pacification » de 1880
Un décret de janvier 1860 rattache les Marquises au gouvernement de Tahiti : un résident est placé à Nuku Hiva, mais, faute de moyens, son autorité est illusoire. Les habitants ressuscitent leurs querelles, reprennent leurs guerres. L'alcool, les munitions et les maladies amenées par les navires de passage se répandent.
On se bat partout et pratiquement continuellement. Hiva Oa est l'île la plus troublée ; à Tahuata, après la mort de Maheno en 1856, chaque habitant vit littéralement le fusil à la main, et de 1856 à 1859 Vaitahu fait la guerre à Hapatoni, alors que les jeunes chefs des deux vallées sont frères. En 1870, les tribus d'Hanamenu s'affrontent pendant près de quinze mois ; en 1871, la guerre des Naiki et des Hamau s'achève par une paix solennelle.
En novembre 1877, une brigade de gendarmerie est installée dans la baie de Tahuku, à Hiva Oa, pour protéger les comptoirs du colon anglais John Hart, qui venait de tuer d'un coup de revolver un chef très influent, Timau-Moea. Les indigènes, résolus à le venger, obligent Hart à fuir à Tahiti et assiègent l'établissement français.
La situation devient intenable. « Il est pénible, écrit le commandant Planche, de voir notre pavillon couvrir journellement des actes de la plus honteuse barbarie. Il n'est pas de courrier par lequel je ne reçoive la nouvelle de meurtres à la suite d'orgies d'eau-de-vie. » Le dilemme est posé : évacuer l'archipel, ou l'occuper et l'organiser.
La population de l'archipel a été divisée par deux en moins de 30 ans, victime d'une hémorragie démographique provoquée par les violences et les maladies occidentales : grippe, variole, syphilis, etc. Les témoins de passage parlent d’un peuple aux regards tristes, qui se meurt.

En 1880, les habitants, peu nombreux donc, font savoir à la France qu'ils sont tout de même « préparés à la guerre ». À Tahiti, la division navale est prête : l'amiral Dupetit-Thouars, neveu du preneur de possession de 1842, se rend à Hiva Oa et soumet les Marquisiens.
Pour éviter le retour des soulèvements, trois garnisons d'une vingtaine d'hommes sont installées : deux à Hiva Oa et une à Fatu Hiva. Un vice-résident est nommé pour le groupe sud-est, qui devient une sorte de colonie distincte du groupe nord-ouest ; il peut ainsi combattre les dernières velléités de résistance. En décembre 1888 enfin, un décret remplace les officiers-résidents par des administrateurs coloniaux ; le régime civil succède au régime militaire.
Épilogue
Ainsi, près de quarante ans après les traités de Vaitahu et de Taiohae, la conquête effective des Marquises s'achève non par la signature de Iotete ou de Temoana, mais par la force des armes et l'occupation des baies. Épidémies, guerres, alcool et confiscations auront réduit la « terre des hommes », qui comptait plusieurs dizaines de milliers d'habitants à la fin du XVIIIe siècle, à quelques milliers. 2 094 habitants sont recensés en 1921. Il faudra attendre près d'un siècle, avec le classement de l'archipel au patrimoine mondial par l'Unesco, pour que le monde porte sur ces vallées un autre regard, sincère, respectueux et humble, et que la mémoire des chefs, de Iotete à Pakoko, refasse surface dans les commémorations d'aujourd'hui.
Kava et tatouage : la culture dans le collimateur La conquête ne fut pas seulement militaire, elle visait aussi les corps et les rites. Boisson des dieux et des hommes, le kava, racine de poivrier mâchée puis infusée, accompagnait cérémonies, discours et alliances.L'administration coloniale le jugea comme stupéfiant et l'élimina : la boisson cérémonielle ne survécut qu'en cachette, si bien qu'il faudra attendre 1913 et le passage du journaliste américain Frederick O'Brien à Hiva Oa pour que soit décrite l'une des toutes dernières cérémonies anciennes du kava de Polynésie française. ![]() Le patutiki, le tatouage marquisien, subit le même sort. C'est peut-être l'interdit le plus révélateur du régime : au gré des lois et de la sensibilité des autorités, il fut interdit puis réautorisé pas moins de cinq fois en quarante ans. Véritable identité gravée dans la peau, il fut d'abord prohibé par les missionnaires dès la prise de possession de 1842. Puis la répression se fit juridique : dès 1858, le commandant de Kermel l'interdit, tout comme la danse et le respect des tapu, ces interdits rituels qui régissaient la vie de la communauté. Suit une alternance étonnante, au rythme du climat politique hexagonal : tolérance entre 1861 et 1863 ; de 1863 à 1866, le code missionnaire (ou « code Dordillon » ) rétablit les sanctions ; nouvelle détente à partir de 1866 et jusqu'à la fin des années 1870, quand le résident Chastanié lève les interdits ; condamnation à nouveau à partir de 1884, puis levée des sanctions par Mgr Martin en 1890 ; et, pour finir, le gouverneur Gallet, qui bannit définitivement la pratique de l'archipel en 1898. Les motifs invoqués ? L'hygiène, lutter contre la transmission des maladies, et la moralité chrétienne ; les sanctions, une amende de 25 francs à 100 francs (soit 15 jours à deux mois de salaires d’un cultivateur journalier) et même quinze jours d'emprisonnement. En une génération, une des plus grandes civilisation du tatouage du Pacifique fut poussée dans la clandestinité, avant de renaître, un siècle plus tard, dans les festivals et sur la peau des jeunes Marquisiens, puis de partir à la conquête du monde. |


