A la veille de la première journée du lancement de la campagne des Voix du NON ce samedi 21 août qui se tiendra à Bourail en Nouvelle-Calédonie, Outremers360 a pu interrogé en exclusivité Christopher Gygès, élu loyaliste, membre du gouvernement en charge de l’économie numérique, de l’économie de la mer, de la transition énergétique, du développement des énergies renouvelables, du dialogue social, du suivi des zones franches, et directeur de campagne des Voix du Non. Il nous a dévoilé en avant-première le slogan de la campagne, les enjeux et les actions qu'ils comptent mener.
Quel est l'objectif du rassemblement de demain à Bourail ?
Ce rassemblement à Bourail est le point de départ de la campagne des Voix du Non. Nous serons plus de 300 – élus, collaborateurs et militants –, réunis pour évoquer les actions et la philosophie que nous souhaitons déployer dans les prochaines semaines.
Nous allons faire le bilan de ce qui a été fait lors des précédents référendums et présenter les axes d’amélioration que nous avons identifiés.
Ce moment d’échange permettra de valoriser les idées de chacun et de partager les bonnes initiatives. Au sortir de ces discussions, nous serons prêts pour nous présenter aux Calédoniens et les persuader que le NON est la meilleure solution pour leur avenir.
Pourquoi avoir choisi les « Voix du NON»?
Nous sommes conscients que les enjeux sont trop importants pour nous enfermer dans des querelles internes et nous actons la nécessité de s’ouvrir à d’autres sensibilités.
Nous savons que les motivations peuvent être nombreuses pour voter NON. Certains Calédoniens sont foncièrement attachés à la France.
D’autres s’inquiètent pour leur avenir quand ils voient le projet indépendantiste qui est inabouti ou reste imprécis sur certains domaines importants comme la nationalité, l’économie ou encore la santé et l’éducation. Enfin, d’autres pensent simplement que le territoire n’est simplement pas prêt pour l’indépendance. Toutes ces NON s’entendent et se respectent. Aujourd’hui, nous avons pour ambition de tous les défendre avec les « Voix du Non ». Cette plateforme permettra ainsi d’accueillir avec humilité mais conviction toutes les sensibilités du NON qui existent en Nouvelle-Calédonie.
Peut-on imaginer une campagne commune avec Calédonie Ensemble ?
Les Voix du Non sont ouvertes à toutes les sensibilités du NON et nous travaillerons avec toutes les sensibilités qui partagent le même objectif.
En ce sens, nous préparons déjà des actions communes lors desquelles nous pourrons rappeler l’importance que le NON l’emporte le 12 décembre prochain. Il ne s’agit pas d’un rapprochement ou d’un calcul politique. Les enjeux nous enjoignent tous à être responsables, cohérents et clairvoyants.
Ces actions communes s’inscrivent donc dans cette logique. Elles diront combien nous sommes tous déterminés à mettre de côté nos querelles d’hier pour préserver collectivement l’avenir des Calédoniens et des Calédoniennes.
Quelle sera la philosophie de cette campagne ?
La philosophie de cette campagne sera de développer un discours d’ouverture, de projet et de vérité. Nous souhaitons que la campagne se déroule de la meilleure des manières. C’est pour cela que nos actions seront motivées par ces valeurs qui permettront d’avoir un débat serein et qualitatif.
Nous souhaitons sincèrement tenir un discours d’ouverture avec la volonté de réunir les Calédoniens qui ne sont pas ou qui ne sont plus convaincus par le projet des indépendantistes. Voter NON c’est penser que l’indépendance représente aujourd’hui trop de risques pour le vivre-ensemble. Qu’elle n’apporte pas assez de garanties pour l’avenir de nos enfants. Voter NON c’est penser que nous ne
sommes pas prêts et ce n’est pas quelque chose de réservé à l’Avenir en Confiance.
La philosophie des Voix du Non, c’est aussi de faire une campagne de projet. Nous pensons qu’il faut proposer une nouvelle vision. Il faut repenser nos institutions pour qu’elles soient plus efficaces et plus adaptées à la vie quotidienne des Calédoniens. Le modèle que nous proposons encouragera le développement économique du territoire et la préservation de notre environnement et de nos richesses. Il assurera également la préservation des biens, des intérêts et des droits de chaque communauté. Défendre ce nouveau modèle est un projet ambitieux mais ce sera un formidable moteur.
Enfin, les Voix du Non seront aussi attachées à tenir un discours de vérité. Les conséquences d’une indépendance sont trop dangereuses pour qu’une idéologie les minimise. Nous nous appuierons sur le document de l’État qui est très clair sur les effets de l’indépendance sur la nationalité, l’économie, l’éducation ou la santé. Sans la présence de la France, nous redirons que nous nous dirigeons tout simplement vers un effondrement de notre niveau de vie. Nous n’hésiterons pas à dire non plus que si nous sommes indépendants, nous serons seuls et sans défense, dans une région de plus en plus conflictuelle. Trop de choses ont été dissimulées, trop de mensonges ont été partagés. Les Voix du Non dirons et répéterons donc toutes ces vérités à chaque fois que cela sera nécessaire.
Quelles actions comptez-vous réaliser ?
Nous allons mobiliser nos militants pour aller faire du porte-à-porte et informer les Calédoniens des enjeux du vote du 12 décembre prochain. Il est important pour nous de réaliser une campagne de proximité et d’aller voir les Calédoniens pour qu’ils bénéficient des informations nécessaires pour faire le meilleur choix pour eux. Cette proximité est aussi un moyen d’aller à la rencontre des indécis et de les convaincre que leur intérêt est de voter NON.
Comme nous souhaitons informer toutes les générations de Calédoniens, nous n’hésiterons pas à déployer d’importants moyens sur les réseaux sociaux. C’est un espace où nous devons être encore plus performants et plus efficaces car c’est le terrain d’une jeunesse calédonienne qui se pose, à juste titre, de nombreuses questions sur son avenir. Nous serons également attentifs à lutter contre la désinformation et les fake news qui peuvent parfois polluer ces espaces et induire les Calédoniens en erreur, notamment les plus jeunes.
De nombreuses autres communications sont prévues ou sont en train d’être finalisées. Nous aurons aussi l’occasion de réunir toutes les sensibilités du NON dans des événements de moyenne et grande ampleur. Nous voulons que ces rassemblements respectent la philosophie de notre mouvement et de cette campagne c’est-à-dire qu’ils soient ouverts à tous ceux qui ne sont pas convaincus par le projet
indépendantiste ou qui souhaitent rester au sein de la République.























