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Un concours de dessins sous l'égide de la Fédération des Enfants Déracinés des DROM pour rappeler les droits de l'enfant
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La Fédération des Enfants Déracinés des DROM (FEDD) organise un concours de dessins autour de la convention du droit de l'enfant et dans le cadre de la Journée des droits de l'enfant le samedi 20 novembre prochain à l'hôtel de ville de Paris. Une manière de combattre l'oubli sur la tragédie des enfants dits de la Creuse et de rappeler les droits inaliénables des enfants. Alors, les enfants, à vos crayons....


Si l'Assemblée nationale a reconnu en 2014 solennellement la "responsabilité morale" de l'Etat dans ce qui est communément, mais improprement appelé les "Enfants de la Creuse", cette histoire - cette tragédie devrait-on dire - en dépit d'émissions, livres et films réalisés sur le sujet, reste encore méconnue dans l'Hexagone.

Entre 1962 et 1984, plus de 2 000 enfants réunionnais ont été arrachés à leur terre et à leur histoire pour être envoyés de force dans la quasi totalité des départements français. Si on parle aujourd'hui d'enfants de la Creuse, c'est parce que cette région peu peuplée a accueilli à elle seule au moins 215 de ces enfants déracinés. Une pratique qui a perduré pendant 22 ans, selon la commission nationale d'information et de recherche lancée en 2016 par Georges Pau-Langevin, alors ministre des outre-mer.
Un sujet tabou car s'apparentant à un scandale d'Etat quand on sait que la décision d'exiler ces enfants dans l'hexagone a été prise au plus haut niveau de l'Etat dans une logique démographique. L'Etat redoutant un surpeuplement dans l'île de la Réunion. Cette transplantation forcée d'enfants de la Réunion à plus de 9 000 kilomètres de chez eux a été dénoncée comme une "hérésie" dans un rapport remis en février 2018. D'autres l'ont qualifié de "crime contre l'Humanité" car outre le traumatisme psychologique subi par ces enfants, il s'agit d'une violation flagrante des droits de la famille et par voie de conséquence d'atteinte aux droits de l'enfant voire de maltraitance à l'égard de l'enfant.

Pour autant, mis à part un début d'indemnisation avec entre autres la mise en place d'un accompagnement psychologique et d'une assistance administrative annoncé par Ericka Bareigts, ministre des outre-mer sous le quinquennat Hollande - geste qui s'est traduit par le retour à la Réunion de 70 anciens déportés en 2020 pour leur permettre de retrouver leurs familles biologiques - aucune véritable réparation n'a encore eu lieu à ce jour. 

Rendre vivace cette mémoire sur une page sombre de l'histoire de France

C'est pour rappeler cette mémoire défaillante sur un crime resté impuni de nos jours que la Fédération des Enfants Déracinés des DROM regroupant plusieurs associations, s'est créée en 2015. Depuis, la fédération se bat inlassablement pour rendre vivace cette mémoire surune page sombre de l'histoire de France. Un devoir de mémoire qui s'accompagne également plus largement d'actions en faveur du droit de l'enfant d'aujourd'hui comme de demain.

Dans cet esprit, autour de la Convention du droit de l'enfant et dans le cadre de la Journée des droits de l'enfant, la FEDD organise en collaboration de la mairie de Paris et le soutien financier du ministère des outre-mer, un concours de dessins ouvert aux enfants de 6 à 16 ans, et dont l'exposition aura lieu le 20 novembre prochain à l'hôtel de ville de Paris, en présence des ex-mineurs réunionnais dits de la Creuse, de quelques personnalités et soutiens.

A cette occasion, outre l'exposition des dessins retenus et photographiés par une jeune photographe professionnelle, le public présent pourra découvrir un extrait de la pièce de théâtre "Tous nos ciels" jouée par de jeunes comédiens de Montpellier du Collectif Embuscade sur l'histoire des enfants réunionnais exilés. Une belle initiative pour combattre l'oubli et rappeler les droits inaliénables de l'enfant.


Dessins et bulletin de participation à envoyer avant le 18 novembre 2021 à : fed.desdrom@yahoo.fr