Digital, formation et emploi étaient les mots d'ordre de Yannig Raffenel, co-président d'Ed Tech France lors de son intervention à l'occasion du forum économique de Mayotte, organisé par le Département de Mayotte, et mis en place par l'ADIM qui s'est déroulé les 20 et 21 octobre derniers, sur le parvis de la salle de cinéma du Chef-Lieu. Lors de son intervention, le co-président a ainsi présenté la structure qu'il représente : Ed Tech, une association qui regroupe plus de 280 entreprises membres, de partenaires institutionnels et associatifs, de grandes entreprises et d’institutions d’enseignement supérieur, tous intéressés par la transformation des apprentissages à l’ère du numérique. L'intervention de Yannig Raffenel portait d'ailleurs sur l’emploi et la formation, deux enjeux majeurs pour relever les défis du développement de Mayotte. Il a accordé un entretien à Outremers360.
Outremers360 : Quelle est la position d’Ed Tech France concernant Mayotte ?
Yannig Raffenel : Nous sommes là pour aider les territoires à mettre en place des structures autonomes, mais dans lesquelles on peut mettre à disposition tout un tas de moyens. Je vais prendre un exemple : pour que les acteurs travaillent ensemble, il faut qu'ils se connaissent. Pouvoir faire une cartographie de tous les acteurs, c'est quelque chose de fondamental. Nous avons, au niveau de Ed Tech France et pour les entreprises Ed Tech France, fait une cartographie qui a été mise en ligne au mois de juin de cette année. On met ce modèle à disposition des hubs régionaux. Le Grand Ouest vient de le faire. Tous les hubs sont en train de se l'accaparer et l’on va pouvoir le faire à Mayotte. C’est-à-dire : donner les outils, le questionnaire, la cartographie pour aider déjà, faire que les gens se repèrent et apprennent à travailler les uns avec les autres.
Quels sont les besoins sur le territoire ?
Les besoins d'éducation et de formation sur Mayotte sont énormes, avec le défi démographique et avec comme partout ailleurs, la nécessité d'avoir à se former en permanence, pour renouveler les compétences. Donc il faut donner une offre de formation pour que tout le monde puisse utiliser le digital, mais avec les contraintes de Mayotte, c'est à dire aussi l'équipement des Mahorais. C’est quelque chose que l’on doit prendre en compte maintenant. Il y a cette conscience que l'éducation et le digital doivent aller ensemble. La French Tech Mayotte en a d’ailleurs fait un de ces trois piliers fondamentaux et l’on va s'inscrire pour pouvoir rassembler les acteurs et développer quelque chose. Ce qu'on va faire ensemble avec la French Tech Mayotte, c’est de construire un hub Ed Tech mahorais pour pouvoir amener autour des entreprises tous les auteurs, les formateurs, ceux qui financent…tout le monde doit s’approprier les potentiels du digital. Cela demandera pour tout le monde de monter en compétence, pour changer ses pratiques, c'est l’enjeu du hub Ed Tech de Mayotte.
Quels sont les atouts et les faiblesses du territoire dans cette conquête du digital ?
Les atouts sont dans le dynamisme, dans la volonté et la conscience partagée de tous les acteurs. La preuve c'est que le forum réunit vraiment tous les acteurs de l'île. Il y a aussi cet aspect multiculturel et multilingue qui ouvre aux Mahorais beaucoup de possibilités. Il y a ici cette capacité de s’adapter à d'autres cultures à l’extérieur. Le point faible ? Il n’y a pas pour l'instant d'entreprises notoires avec une véritable expérience dans le monde de l’ingénierie pédagogique et de la maîtrise du digital pour la formation. C’est là que l'on peut intervenir : faire se rencontrer les talents locaux et tout un tas de partenaires qui sont au sein d’Ed Tech France, qui peuvent amener leurs outils, leurs méthodologies. Dès le mois de novembre, on peut mettre en place des choses. Il n'y a aucune raison d'attendre.
Comment allez-vous accompagner ces acteurs du digital et de la formation ?
Ce qu’il y a d’extraordinaire sur Mayotte, c’est qu’il y a à la fois ce besoin de faire monter en compétences des professionnels de la formation et des entreprises... Mais aussi, cela va permettre de se préparer pour aller vers les marchés de l’Afrique de l’Est, parce que ce qui va être développée comme expertise ici va pouvoir servir aussi sur le Mozambique, sur la Tanzanie, en Afrique du Sud. Pouvoir faire monter cette compétence ici à Mayotte en bénéficiant de l’expertise de la Métropole et de l’Europe de manière globale, tout en prenant en compte des spécificités culturelles locales, c’est fondamental. Les Mahorais vont pouvoir faire la même chose sur les territoires de l’Afrique de l’Est où ils sont attendus.























