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Mayotte : Pour ses 30 ans, Somagaz inaugure son centre de requalification des bouteilles de GPL
©Flash Infos / Mayotte Hebdo

Trente ans après le début de ses activités à Mayotte, Somagaz a célébré son anniversaire ce mercredi 23 septembre sur son site de Longoni. L’occasion pour l’entreprise, filiale de Vivo Energy depuis 2023, d’inaugurer son nouveau centre de requalification des bouteilles de gaz de pétrole liquéfié (GPL). Une opération jusqu’ici réalisée dans l’Hexagone, qui pourra désormais être effectuée directement à Mayotte. Un sujet de notre partenaire Flash-Infos / Mayotte Hebdo.

Discours, coupures de rubans et visite des nouvelles installations : Somagaz avait convié mercredi matin élus, partenaires et représentants du groupe Vivo Energy sur son site de Longoni pour célébrer ses trente années de présence à Mayotte. Créée en 1996, l’entreprise mahoraise a été rachetée en 2023 par Vivo Energy, groupe présent dans 29 pays d’Afrique, de l’océan Indien et en Jordanie.

Stéphane Rambhoro, directeur de Vivo Energy Mayotte, est revenu sur le chemin parcouru et sur le réseau de distribution de Somagaz, qui compte aujourd’hui 167 points de vente. Stan Mittelman, directeur général de Vivo Energy, a quant à lui réaffirmé sa confiance dans le « potentiel de Mayotte », où le groupe entend poursuivre ses investissements.

Mais c’est Fazouli Manrifa, deuxième adjoint au maire de Koungou, qui s’est chargé d’apporter une touche plus personnelle à ces trente ans. « Quand je n’étais encore qu’un petit enfant, ma grand-mère m’envoyait chercher du bois pour faire un feu pour cuisiner. À présent, elle me demande simplement d’aller acheter une bouteille de gaz », raconte-il avec humour. Une petite anecdote qui illustre bien l’évolution des habitudes quotidiennes à Mayotte depuis l’arrivée de Somagaz.

L’élu a également tenu à saluer les techniciens de l’entreprise, moins visibles que les dirigeants lors des cérémonies mais sans lesquels, a-t-il rappelé, celle-ci ne pourrait fonctionner. Il a notamment félicité Somagaz pour avoir repris ses activités seulement deux jours après le passage du cyclone Chido afin de répondre aux besoins de la population.

8 000 bouteilles pourront être requalifiées chaque année

Après les discours, l’équipe dirigeante de Vivo Energy a coupé les 2 rubans d’inauguration : celui du centre de requalification en lui-même et celui de ses bureaux, réalisés en seulement deux mois et demi, « un record » selon leur architecte Sandra Mesa du cabinet Endemik.

Mais qu’est-ce exactement que la « requalification » ? Une bouteille de gaz possède une durée réglementaire de dix ans avant de devoir faire l’objet de contrôles et d’une remise en état afin de pouvoir poursuivre son utilisation en toute sécurité. Jusqu'à présent, les bouteilles concernées devaient être expédiées de Mayotte vers l’Hexagone avant de revenir sur le territoire une fois l'opération terminée.

Guidés par le directeur d’exploitation Greg Hügli, les invités ont pu découvrir les différentes étapes du processus, qui pourra désormais être entièrement réalisé à Longoni. Le centre devrait traiter environ 8 000 bouteilles par an, avec à la clé la création de cinq emplois directs et d’une quinzaine d’emplois indirects. L’entreprise, qui conditionne actuellement environ 630 tonnes de GPL par mois, entend ainsi raccourcir considérablement les délais de remise en circulation des bouteilles, diminuer les coûts de transport et sécuriser davantage son approvisionnement.

Le GPL : « un progrès sanitaire » par rapport au charbon de bois selon l’entreprise

Le GPL, ou gaz de pétrole liquéfié, est constitué principalement de butane et de propane. Naturellement incolore et inodore, c’est l’additif qui lui est ajouté qui lui donne cette « odeur de gaz » si caractéristique, permettant de détecter rapidement d’éventuelles fuites. Son utilisation nécessite néanmoins quelques précautions : les bouteilles doivent notamment rester debout, être éloignées de toute flamme ou source importante de chaleur et le flexible reliant la bouteille à l’appareil doit être remplacé régulièrement.

Sur le plan environnemental, Greg Hügli ne présente pas le gaz comme une énergie « verte » : il reste un combustible fossile et sa combustion émet du CO2. « Mais le GPL a une combustion complète, le seul déchet qu’il dégage est le CO2, alors que le charbon de bois émet des fumées toxiques susceptibles de nuire à la santé de ses utilisateurs », souligne-t-il. Pour lui, il s’agit donc d’un « progrès sanitaire », à défaut d’être un « progrès environnemental ». Stan Mittelman avait d’ailleurs précisé dans son discours que, pour Vivo Energy, le développement durable consistait également à « investir localement ».

Le nouveau centre de requalification permet en effet d’éviter les longs transports nécessaires à la requalification en métropole. Des panneaux solaires ont par ailleurs été installés pour assurer l’éclairage du dépôt et des abords des nouvelles installations. Le prix de la bouteille, lui, reste encadré : il est proposé par Somagaz en fonction de son évolution mensuelle, puis doit être validé par le préfet.

Après la visite des installations, les invités ont retrouvé un programme un peu moins technique autour du cocktail dînatoire. Et puisqu’un trentième anniversaire ne pouvait décemment pas se terminer uniquement autour de bouteilles de GPL, un gâteau d’anniversaire attendait également les convives pour souffler symboliquement les trente bougies de Somagaz.

Nora Godeau pour Flash-Infos / Mayotte Hebdo