La lutte contre l'habitat insalubre est une priorité de la lutte contre l'immigration clandestine mais aussi de l'aménagement du département pour récupérer des terres squattées dont les collectivités publiques ont besoin pour construire les infrastructures communes. Gérald Darmanin a fixé un objectif de 1000 destructions avant la fin 2023. Détails avec notre partenaire France Mayotte Matin.
Alors que le juge administratif vient d'autoriser le décasage prévu par le préfet dans le village de Hamouro, les pelleteuses de la préfecture sont allées détruire les cases en tôles le long de la nationale en bordure du rivage à Dzaoudzi-Labattoir. Elles devraient prendre le chemin deHamouro avant la rentrée des classes.
La sous-préfète en charge de la lutte contre l'habitat insalubre était présente lors de l'opération qui s'est déroulée lundi à Dzaoudzi. Il s'agissait de détruire 19 cases en tôle principale- ment installée le long du rivage entre la nationale, la station Total et la mer. 11 familles pouvaient bénéficier d'un relogement et ont reçu une proposition, soit environ 40 personnes. Seules 3 familles auraient finalement accepté la proposition préfectorale. Les cases ont toutes été jugées insalubres en plus d'être construites illégalement, elles présentent un caractère de dangerosité important puisque à marée haute, la mer entre dans certaines habitations.
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Le décasage s'est déroulé sans difficulté mais a permis d'éclairer un autre aspect des villages clandestins celui des trafics qui les accompagnent puisque cette zone était particulièrement identifiée comme criminogène. Elle servirait selon l'arrêté préfectoral de lieux de recel de vol et de marchandises clandestines, elle serait également un lieu de logements intermédiaires pour les ESI débarquant des kwassas sur la plage. Les affaires maritimes ont d'ailleurs saisi 10 embarcations de pêche illégale, non licenciées et ne répondant à aucune réglementation. Ces barques, selon la préfecture, servaient également au trafic d’ESI. Par ailleurs, une. autre embarcation avait 2 immatriculations, dont une frauduleuse. L’occasion pour la préfec- ture de faire un point sur l'ensemble de ce trafic ; depuis le début de l'année pas loin de 40 barques illégales ont été saisies par les autorités en marge de la destruction des habitats insalubres dont 20 à Majicavo Koropa et 8 au Four à chaux.
Selon les chiffres indiqués par la préfecture, depuis le début de l'opération 400 cases en tôle ont été détruites dans le cadre de l'opération Wuambushu, soit un peu plus du tiers de l'objectif fixé par Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur et des Outre- mer qui a annoncé que 1000 cases en tôle seraient détruites. La préfecture confirme avoir reçu les moyens complémentaires pour atteindre l'objectif, c'est-à-dire plus de moyens pour ouvrir des hébergements d’urgence, plus de moyens pour procéder aux enquêtes sociales mais également plus de moyens en termes de forces de l'ordre pour notifier individuellement aux familles les hébergements et pour accompagner les opérations de décasage. S'agissant de celle de Dzaoudzi, il faudra 3 jours pour venir à bout de ces 19 cases en tôle et pour nettoyer la plage.
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La préfecture confirme également que prochainement un nouveau décasage aura probablement lieu au même endroit mais sur la partie appartenant à la commune de Pamandzi. Le quartier de la Vigie sera lui aussi concerné par les opérations avec un énorme point de vigilance sur la sécurité, de nombreux délinquants résident dans ce bidonville géant que se partagent Dzaoudzi-Labattoir et Pamandzi.
Par Anne-Constance Onghéna pour France-Mayotte Matin

