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La Réunion : le taux de chômage augmente et atteint 19% de la population active au deuxième trimestre 2026, selon l’Insee

D’après une note de conjoncture régionale publiée par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) le 30 septembre, l’activité économique de La Réunion reste mieux orientée qu’au niveau national au deuxième trimestre 2026. Cette dynamique ne profite toutefois pas à l’emploi salarié, en léger recul sur l’île (-0,2%), sous l’effet de la baisse de l’emploi public (-0,9%). Dans le privé, les effectifs diminuent dans les services aux entreprises, la construction, le transport et l’intérim (à l’inverse, les secteurs de l’information-communication et du commerce fournissent des emplois). Les créations d’entreprises ralentissent également. Dans ce contexte, le taux de chômage atteint 19% de la population active, soit trois points de plus qu’un an auparavant, tout en restant inférieur à son niveau de fin 2018.

 Si la France a tendance à s’enfoncer dans la crise, l’économie de La Réunion fait globalement preuve d’une meilleure résilience. Au niveau national, l’activité économique, mesurée par le volume d’heures rémunérées, recule de 0,7% au deuxième trimestre 2026 par rapport à la même période en 2025. À l’inverse, La Réunion enregistre une légère progression des heures rémunérées sur un an (+0,4%). En juin 2026, l’indice des prix à la consommation diminue de 0,3% dans le territoire. Ce recul s’explique notamment par la baisse des prix de l’énergie et des services, qui avaient augmenté durant les trois mois précédents. Sur un an, entre juin 2025 et juin 2026, les prix à la consommation enregistrent une hausse de 1,5%, mais l’inflation demeure toutefois plus soutenue au niveau national, où elle atteint 1,8% sur la même période.

Fin juin 2026, La Réunion compte 293 900 salariés dans les secteurs public et privé. Après un premier trimestre quasiment stable (+0,1%), l’emploi salarié se contracte légèrement au deuxième trimestre (-0,2%). « Sur un an, l’emploi reste toutefois mieux orienté sur l’île (+0,1%) entre fin juin 2025 et fin juin 2026, tandis qu’il recule de 0,3% au niveau national », souligne l’Insee. Cette baisse s’explique essentiellement par le repli de l’emploi public. Les effectifs du secteur diminuent de 0,9% par rapport au trimestre précédent. Sur un an, la contraction atteint 1,1%, soit près de 1000 emplois perdus. À l’inverse, l’emploi privé reste globalement stable au deuxième trimestre 2026 (+0,1%). Sa dynamique demeure positive sur un an, avec une progression de 0,7% des effectifs.

Les services non marchands demeurent le principal employeur de l’île. Fin juin 2026, ils rassemblent 127 600 salariés dans des secteurs tels que l’enseignement, l’administration publique, la santé ou l’action sociale. Les trois quarts de ces emplois relèvent du secteur public, même si certaines activités sont exercées dans le privé, comme le soutien scolaire, l’enseignement de la conduite ou encore les professions médicales. Au deuxième trimestre 2026, les effectifs des services non marchands reculent de 0,7%, dans le sillage de la baisse de l’emploi public.

Le secteur des services aux entreprises est également orienté à la baisse. L’emploi y diminue de 0,6% par rapport au trimestre précédent, soit une perte d’environ 200 postes. Dans la construction, l’embellie observée à la fin de l’année 2025 n’aura été que de courte durée. Après un léger rebond au quatrième trimestre (+0,6%), l’emploi repart à la baisse au deuxième trimestre 2026 (-0,4%, soit une centaine d’emplois en moins). La tendance reste défavorable depuis fin 2023 et se traduit par un recul de 0,6% des effectifs sur un an.

Par contre, précise l’Insee « au 2e trimestre 2026, dans le secteur de l’information-communication, l’emploi augmente (+4,3%, soit +200 emplois). (…) Dans le secteur du commerce, hors intérim, l’emploi est en hausse de 0,6% (+200 emplois). Dans le secteur de l’hébergement-restauration, l’emploi est stable ce trimestre et en hausse de 0,9% sur l’année. La fréquentation dans les hôtels et autres hébergements collectifs touristiques augmente de 6% sur un an ».

Point sombre, par rapport à une résistance de l’économie réunionnaise mieux orientée qu’au niveau national : le chômage qui repart à la hausse. Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) atteint en moyenne 19% de la population active, soit trois points de plus qu’un an auparavant. Malgré cette dégradation, la situation reste nettement plus favorable qu’à la fin de l’année 2018, lorsque près d’un actif sur quatre était au chômage (24%). Cette hausse s’inscrit dans un contexte national également marqué par une remontée de ce facteur. En France, le taux de chômage s’établit à 8,3% de la population active au deuxième trimestre 2026, en progression de 0,7 point sur un an. Mais cela représente plus de deux fois le taux de non emploi à La Réunion.

Enfin, le rapport de l’Insee constate qu’ « à La Réunion, 3960 entreprises sont créées au cours du 2e trimestre 2026 dans l’ensemble des secteurs marchands non agricoles, soit 5% de moins qu’au 1 er trimestre 2026. Les créations d’entreprises reculent dans les secteurs des « autres services » (-9%) et du « commerce, transport, hébergement et restauration » (-3%) par rapport au trimestre précédent. En revanche, elles augmentent dans les secteurs de l’industrie (+21%) et de la construction (+6%) ». À noter que de juillet 2025 à juin 2026, 1240 entreprises ont été déclarées en défaillance, soit 190 de plus que sur la période considérée une année auparavant. L’augmentation de ces défaillances dans l’île s’avère plus importante qu’au niveau national (+18% contre +5%).