À l’occasion du Congrès HLM à Bordeaux, Emmanuel Séraphin, Maire de Saint-Paul et Président du Territoire de l’Ouest, a participé à une table ronde consacrée à l’adaptation du logement au changement climatique. Aux côtés de Claire Goudineau, Directrice générale de RATP Habitat, et Véronique Pavageau, Directrice générale de Rochefort Habitat Océan, il a apporté au débat national l’expérience d’un territoire insulaire et tropical déjà directement confronté aux conséquences du dérèglement climatique.
Au-delà de la gestion des risques, son intervention a notamment porté sur la nécessité de repenser les modèles de construction et les normes à partir des réalités climatiques locales. À Saint-Paul, un même territoire s’étend du littoral aux Hauts, avec des contraintes très différentes en matière de chaleur, d’humidité, de ventilation, de pluies ou encore d’exposition aux embruns. Une réglementation adaptée à l’Outre-mer peut ainsi elle-même nécessiter une approche plus fine selon les secteurs.
La Réunion dispose également de savoir-faire dont peuvent s’inspirer les réflexions actuelles sur l’habitat : ventilation naturelle, protections solaires, végétalisation, orientation des bâtiments et principes issus de l’architecture créole. L’enjeu n’est pas de reproduire les constructions d’hier, mais d’adapter ces principes aux usages et aux matériaux contemporains.
Pour Emmanuel Séraphin, La Réunion peut ainsi constituer un véritable laboratoire de la construction tropicale, permettant aux collectivités, bailleurs, architectes, entreprises et chercheurs d’expérimenter des solutions adaptées en conditions réelles et de partager ces enseignements avec d’autres territoires.
Cette réflexion intervient alors que Saint-Paul poursuit parallèlement ses actions en matière de logement. En juin dernier, 47 nouveaux logements sociaux ont par exemple été livrés dans les Hauts de Sans Souci, dans le cadre de deux opérations portées par la SEMADER.
L'enjeux est double : continuer à répondre aux besoins en logements tout en construisant et en réhabilitant différemment, pour que les logements et les quartiers conçus aujourd’hui restent habitables dans les conditions climatiques de 2050.

