Baisse des emplois PEC à La Réunion : Les élus de l’île demandent à être reçus par le Président et le Premier ministre

©Région Réunion

Baisse des emplois PEC à La Réunion : Les élus de l’île demandent à être reçus par le Président et le Premier ministre

À l’appel des élus de l’île, 330 manifestants selon les autorités (500 selon Réunion La 1ère) se sont rassemblés devant la préfecture de La Réunion pour protester contre la baisse des « parcours emplois compétences ». La Région, le Département, les maires et les parlementaires ont signé une motion ainsi qu’une lettre solennelle qui doivent être transmises au Premier ministre et au chef de l’État, et demandent à être reçus par ces derniers.

« On a un service public qui est en train d'être cassé, brisé ». Huguette Bello, présidente de la Région, Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis, Alexis Chaussalet, maire du Tampon, Olivier Hoarau, maire du Port, Erick Fontaine, maire de la Possession, Céline Sitouze, maire de Sainte-Marie, Emmanuel Séraphin, maire de Saint-Paul, Karim Juhoor, maire de Saint-Leu, Camille Clain, maire de l'Entre-Deux, et Éric Ferrère, maire des Avirons, ainsi que les parlementaires, syndicats et associations étaient rassemblés ce mercredi matin devant la préfecture.

Cause de cette protestation : la baisse des emplois PEC, qui passeront de 10 000 en 2025 à 4 000 en 2026, dont 1 700 pour le Département, 250 pour la Région, 1 000 pour les associations et 800 pour les 24 communes de l’île. En outre, l’État a annoncé la baisse du taux de prise en charge à 40% et de la durée de ces emplois (6 mois), qui permettent à de nombreux établissements scolaires de l’île de recruter des ATSEM. De quoi créer des inquiétudes pour la prochaine rentrée scolaire.

« Nous avons écrit au président de la République pour lui faire part des préoccupations des 911 000 Réunionnais » a ajouté la présidente de Région. Les élus de l’île ont, durant cette manifestation, signé une « lettre commune » qui doit être envoyée au président de la République et au Premier ministre, « afin d’alerter sur les conséquences économiques, sociales et humaines de cette décision ».

Également en ligne de mire des élus réunionnais : la baisse de la Ligne budgétaire unique dédiée au logement ou encore les mutations « forcées » d’enseignants de l’île.

Motion commune et demande d’entretien avec le chef de l’État

Outre cette lettre, une motion commune sera adoptée « afin d’alerter les pouvoirs publics sur les conséquences sociales extrêmement graves de cette réduction des PEC, notamment en matière d’emploi, de logement social, de cohésion sociale et de justice sociale sur notre territoire ».

Les signataires demandent aussi qu’une délégation d'élus soit reçue « dans les plus brefs délais » par le Premier ministre afin « d’exposer les réalités sociales de La Réunion, les conséquences des réductions budgétaires annoncées et les revendications portées par les acteurs sociaux, associatifs et politiques du territoire ».

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« Ce combat est juste » a estimé la maire de Saint-Denis. « C’est le combat de la dignité, par le travail, du parcours d'insertion. Ce n'est pas de défendre des PEC, c'est de défendre l'idée que les gens les plus éloignés de l'emploi doivent passer par un parcours d'insertion ». « Quelquefois, pendant trois, quatre, cinq, six ou même dix ans, ces personnes n’ont pas travaillé. Elles ont besoin d’être accompagnées pour reprendre le chemin de l’emploi », a-t-elle abondé.

« Nous sommes un territoire rural avec énormément de sentiers. Si aujourd’hui nous n’avons plus de contrats PEC, nous aurons des difficultés à entretenir ces sentiers. Cela va créer un effet boule de neige : toute l’économie associée et tout le développement touristique liés à la valorisation de ces sentiers seront finalement mis à mal », explique Camille Clain, maire de l’Entre-Deux.

Les emplois PEC « représentent la moitié des effectifs que nous avons aujourd’hui dans les écoles. Vous voyez bien que si on réduit ces contrats PEC, nous serons fortement touchés et la rentrée risque d’être fortement perturbée à Saint-Leu », affirme le maire de cette commune de l’Ouest Karim Juhoor.

« La mort des associations »

« On a la mission d’accueillir 500 marmailles (enfants, ndlr). Je suis venue ici pour une rencontre, une discussion », a affirmé une dirigeante d'association présente dans la foule ce mercredi matin, interrogée par ImazPress. « Sans les contrats aidés, on ne pourra pas mettre en place le Clas (Contrat Local d'Accompagnement Scolaire). C'est un contrat d'accompagnement à la parentalité qui donne des chances à tous les marmailles sur notre île. Si les familles n’ont pas d’argent, que les parents n’ont pas de contrat... Comment faire vivre les enfants ? ».

« Ce gouvernement est en train de nous mettre à terre. Sans combat, sans descendre dans la rue, on n'aura rien. J’embauche 68 PEC sur l’environnement. Sans ces contrats, c’est la mort des associations » prévient Hugues Deurveilher, président du Groupement local pour l'environnement et la médiation. « Nous avons des métiers différents mais nous avons en commun d’être les maillons indispensables au bon fonctionnement du service public » a aussi témoigné une ATSEM.