L’Assemblée de Mayotte a adopté, vendredi 25 septembre, une convention avec la DGAC pour préparer le volet foncier du futur aéroport de Bouyouni. Le texte prévoit des enquêtes sur les terrains concernés, mais les moyens mobilisés par le Département et l’absence de compensation financière ont suscité des réserves. Précisions avec notre partenaire France-Mayotte Matin.
Réunis en séance plénière vendredi 25 septembre, les élus de l’Assemblée de Mayotte ont adopté une convention-cadre entre le Département-Région et la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). Un texte destiné à préparer le volet foncier du projet de nouvel aéroport prévu à Bouyouni, mais qui a suscité plusieurs réserves dans l’hémicycle.
La convention ne signifie pas le lancement des travaux. Elle doit organiser la collaboration entre la DGAC et le Département-Région afin d’identifier précisément les terrains concernés par le projet et leurs occupants. La collectivité, propriétaire d’une grande partie du foncier situé sur la future emprise, devra notamment mobiliser ses agents, participer aux réunions avec la DGAC, collecter des données et réaliser des enquêtes de terrain. « Cette convention vise à mener des enquêtes foncières pour savoir qui occupe les terrains situés sur la future emprise de l’aéroport », explique Saindou Attoumani.
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Mais les engagements demandés à la collectivité ont alimenté les débats. Hélène Pollozec, qui a voté contre le rapport, estime que le Département doit fournir du personnel et réaliser un important travail sans contrepartie financière clairement définie. Elle conteste également le fait que la convention s’inscrive dans un projet situé à Bouyouni, alors que les élus s’étaient auparavant prononcés pour le maintien de l’aéroport à Pamandzi. « On nous demande de mettre à disposition du foncier, du personnel […] Par contre, on ne retrouve pas de compensation pour tout le travail qui va être fait », critique-t-elle.
Maymounati Moussa a également demandé davantage de précisions sur le périmètre concerné, les parcelles et les engagements financiers de la DGAC. Face aux interrogations, la majorité a rappelé que cette étape devait justement permettre d’affiner l’emprise du projet. Le Département doit travailler avec la DGAC pour définir les zones concernées.
Les réserves ne sont pas venues uniquement de l’Assemblée. Saisi sur le rapport, le Conseil économique, social et environnemental de Mayotte (CESEM) a rendu un avis défavorable. S’il reconnaît la nécessité de préparer la maîtrise et la régularisation du foncier, il estime que le Département-Région ne doit pas supporter le coût de la mise en œuvre de la convention, au regard des conséquences du projet.
Le rapport a finalement été adopté. Une étape supplémentaire est ainsi franchie pour le projet de Bouyouni, tandis que plusieurs questions restent posées sur le coût supporté par la collectivité et le périmètre foncier qui sera réellement mobilisé.
Par France-Mayotte Matin

