Durant l’année 2025, le Grand port maritime de la Martinique a enregistré une hausse de son trafic de 3%, portée essentiellement par les vracs solides et liquides. Les marchandises diverses manifestent un recul, légèrement compensé par le tonnage automobile. Les investissements atteignent 28 millions d’euros pour 2026, dans le cadre du Projet Stratégique 2025-2029, visant à faire du territoire un hub logistique.
Après un repli en 2024, le Grand port maritime (GPM) de la Martinique renoue avec la croissance. En 2025, le port enregistre une hausse de 3%, portant son trafic total à 3,2 millions de tonnes (Mt). S’il ne parvient pas encore à combler le retard accumulé l’année précédente, il se rapproche néanmoins de son niveau de 2023, selon une note de Ports et corridors, un site spécialisé dans l'actualité du transport maritime et de la logistique portuaire.
Les trafics de vracs atteignent 1,58 Mt en 2025, soit une progression de 10% sur un an. Les vracs solides affichent une croissance notable de 17%, pour atteindre 434 702 tonnes. Cette dynamique est principalement portée par les flux d’engrais, de clinker et de gypse, qui enregistrent chacun des hausses comprises entre 4 et 5%. À l’inverse, les volumes de céréales et de biomasse reculent. Les autres vracs solides — bois, déchets, ferrailles et gravillons — progressent également, avec une augmentation de 10,3%, pour atteindre 124 880 tonnes.
Repli des marchandises diverses
« Du côté des vracs liquides, la situation s’inscrit dans la même veine. Ils gagnent 7% à 1,14 Mt. La principale hausse de cette catégorie est à mettre au crédit du pétrole brut. Avec une progression de 21% à 369 047 tonnes, ce courant s’impose comme la plus forte hausse en 2025 pour le port de La Martinique », souligne l’étude. Les produits pétroliers raffinés, qui constituent 48% de cette filière, enregistrent une hausse de 5%, atteignant 551 208 tonnes. Le trafic reste quasiment équilibré entre importations et exportations.
Les marchandises diverses poursuivent leur repli au port, affichant une baisse de 3% pour s’établir à 1,68 Mt. En première ligne de ce recul : le trafic conteneurisé, qui fléchit de 4% en tonnage, à 1,09 Mt. Le mouvement se confirme également en nombre d’unités. Les conteneurs reculent de 2%, totalisant 184 705 EVP (équivalent vingt pieds, en anglais, soit 6 mètres en volume, ndlr). Une contraction qui touche avant tout les conteneurs pleins, en retrait de 3% (115 915 EVP). À contre‑courant, les conteneurs vides progressent légèrement, gagnant 1% pour atteindre 68 790 EVP.
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Actions principales du Projet Stratégique 2025-2029 (zone de Fort-de-France)
Par ailleurs, « les diverses intègrent aussi le trafic automobile. En 2025, ce courant progresse de 4% en tonnage à 24 429 tonnes. Cette hausse ne permet pas de compenser entièrement les baisses enregistrées par les conteneurs. Une tendance qui confirme le renouvellement du parc automobile de l’île », observe Ports et corridors. Pour le trafic roulier, il reste parfaitement stable, totalisant 110 685 tonnes. Cette performance s’explique notamment par le renforcement des échanges avec la Guadeloupe et par la mise en service des nouveaux portiques au cours de l’année, qui ont soutenu la fluidité des opérations.
En ce qui concerne les investissements, les travaux engagés depuis plusieurs années sur le port se poursuivent en 2026, soutenus par une enveloppe de 28 millions d’euros, d’après la direction du GPM Martinique. Plusieurs chantiers majeurs figurent au programme, au premier rang desquels le déploiement du Smart Grid (réseau électrique qui intègre les nouvelles technologies de l'information et de la communication, ndlr) portuaire. Ce projet se traduit par l’installation d’ombrières photovoltaïques, la création de capacités de stockage d’énergie et le développement d’outils de pilotage destinés à optimiser la consommation. L’objectif affiché est ambitieux : atteindre près de 50% d’autoconsommation pour les besoins énergétiques du terminal.
Progression du trafic passager
Enfin, le trafic passagers du GPM de la Martinique poursuit sa dynamique et progresse de 11%, atteignant 635 213 voyageurs. Une croissance qui prolonge la tendance engagée depuis 2020. Cette activité repose sur deux segments : les croisiéristes et les passagers des liaisons inter‑îles. Les premiers tirent clairement le trafic vers le haut, avec une envolée de 20% pour atteindre 477 202 passagers. Une hausse portée par l’arrivée de navires de plus grande capacité, qui renforcent l’attractivité de l’escale martiniquaise.
À l’inverse, les liaisons inter‑îles marquent le pas. Elles enregistrent un recul de 9%, totalisant 158 000 passagers. « Malgré une période estivale (juillet-août) dynamique avec près de 47.000 passagers en deux mois, le trafic annuel a enregistré des perturbations dues aux navires et aux conditions météorologiques défavorables », conclut l’étude.
PM
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