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Partenaire majeur de la course, la Région Guadeloupe a déployé un pavillon de 950 m² et 47 entreprises sur le village de Saint-Malo. Intérrogé par Outremers 360 à Saint-Malo, le vice-président du conseil régional de la Guadeloupe, Jean-Claude Nelson, vise entre 30 et 35 millions d'euros de retombées pour cette 13e édition, une estimation en hausse par rapport à la précédente édition.

Depuis le lundi 20 octobre, la Guadeloupe a investi la cité malouine de Saint-Malo, dans le cadre de la 13ème édition de la Route du Rhum. En attendant le départ réel le dimanche 01 novembre où 118 navigateurs s’élanceront de Saint-Malo vers Pointe-à-Pitre, Saint-Malo est devenue une extension de l’archipel guadeloupéen. Dans les restaurants et les commerces, le madras, le décor paradisiaque ou des produits emblématiques comme les rhums, les confitures de Guadeloupe ou encore la gastronomie sont à l'honneur à Saint-Malo.

« Un salon pour nous tout seuls »

Pour Jean-Claude Nelson, le village de Saint-Malo vaut mieux que n'importe quel salon du tourisme. « L'investissement que nous faisons, c'est comme si nous avions Top Resa pour nous seuls, parce que nous avons 950 mètres carrés d'exposition », résume le vice-président de la Région Guadeloupe, président de la commission culture et chef de projet sur la Route du Rhum pour la troisième édition consécutive.

1,5 million de personnes est attendu sur le village durant une dizaine de jours. Sur le pavillon, 47 entreprises guadeloupéennes présentent leurs produits : rhumiers, produits d'excellence, agro-transformation et restauration. « Nous avons 47 pépites. Ils ont été triés sur le volet. On avait beaucoup plus de candidats que ça », assure l'élu.

À côté du pavillon, la Région tient un centre institutionnel, un stand sur les programmes européens (Erasmus, Interreg) et accueille le Comité du tourisme des îles de Guadeloupe (CTIG), venu avec des hôteliers pour vendre la destination.

Lire aussi : Le village de la 13ème édition de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe officiellement inauguré à Saint-Malo

30 à 35 millions d'euros visés

L’édition 2022 de la Route de Rhum avait engagé près de 29,6 millions d’euros de retombées économiques pour le territoire.Jean-Claude Nelson veut d'abord « consolider les chiffres ». Puis il fixe un objectif : « On attendrait au moins que ça nous apporte autour de 30-35 millions d'euros. » Il justifie cette hausse par une « montée en charge » et une appropriation croissante de l'événement.

Selon lui, l'essentiel se joue après la course. Il décrit un flux touristique vers la Guadeloupe dans les années qui suivent, des entreprises malouines et bretonnes qui s'installent sur l'île, et des producteurs guadeloupéens qui accèdent aux supermarchés bretons grâce à des liens noués avec la CCI de Bretagne.

La Région a aussi signé une convention culturelle avec la mairie de Saint-Malo, pour des activités en dehors de la période de la course. Elle discute avec l'Office du tourisme de Saint-Malo d'une présence l'été sur l'esplanade, où passent selon l'élu « pas moins de 2 millions de passants » en juillet-août.

La bataille du rhum guadeloupéen

La visibilité de la Guadeloupe dans les rues de Saint-Malo n'allait pas de soi. « Quand on arrive en 2018, la Martinique était partout et la Martinique ne dépensait pas un centime », affirme Jean-Claude Nelson. Depuis, la Région a multiplié l'affichage de la destination Guadeloupe au sein de Saint-Malo intra-Muros, dans la ville nouvelle et dans l'agglomération.

Le combat s'est aussi joué dans les restaurants. « Il a fallu se battre pour que le rhum de Guadeloupe puisse entrer dans les restaurants », raconte l'élu. De nombreuses marques guadeloupéennes comme Reimonenq, Papa Rouyo, la distillerie Bonne Mère ou Karukera, sont désormais inscrits sur la carte des sommeliers de certains restaurants et hôtels de la place et pour qui la course sert de « présentoir ». L'enjeu dépasse les distilleries. « Derrière les distilleries, vous savez ce qu'il y a ? Des petits planteurs guadeloupéens », insiste Jean-Claude Nelson. L'élu voit aussi de plus en plus de jeunes se lancer dans l'agro-transformation et exposer à Saint-Malo.

L'économie bleue comme horizon

La course s'inscrit dans la stratégie de « croissance bleue » portée par l'exécutif régional. La course s'inscrit dans la stratégie de « croissance bleue » portée par l'exécutif régional. Sept skippers guadeloupéens sont engagés dans cette course transatlantique. Des lycéens en mécanique de moteurs marins travaillent aux côtés de Kéni Piperol et de Rodolphe Sépho. D'autres, du lycée hôtelier du Gosier, tiennent un restaurant d'application sur le village.

Jean-Claude Nelson cite aussi la marina rénovée pour l'arrivée, les écoles de voile et la filière pêche. Il rappelle que pendant le Covid, la fermeture des hôtels avait privé les pêcheurs de débouchés pour le poisson, les langoustes et les lambis.

Pour 2022, le conseil régional avait inscrit 4,7 millions d'euros à son budget pour la course, dont 200 000 euros au titre de la culture. Mais Jean-Claude Nelson inscrit cette dépense dans un effort plus large : aides à la montée en gamme des gîtes, soutien aux hôtels, investissements dans l'aéroport, le port et les plages. Pour Jean-Claude Nelson, l'objectif est que le visiteur revienne, et qu'il devienne « prescripteur » de la destination.