Dans un rapport publié en octobre 2021 (« Étude sur l’impact de la pandémie de la COVID-19 sur les régions ultrapériphériques »), la Commission européenne fait le bilan de la crise sanitaire, économique et sociale induite par l’épidémie, et propose une série de recommandations pour l’élaboration de mesures de relance de ces territoires.
Le constat est déjà connu, mais la Commission européenne tient à le rappeler : « L’économie des RUP (régions ultrapériphériques) a souffert des conséquences importantes qui ont découlé du premier cycle de mesures restrictives en mars 2020 ». Concernant les territoires français, « l’activité économique des RUP françaises a diminué de 18 à 28% durant la période de mars à mai 2020, tandis qu’en France, la plus forte baisse du PIB était de 18,6% au deuxième trimestre 2020 ».
À cela s’ajoutent des problèmes structurels de longue date : « Les taux de chômage des jeunes, qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET) atteignent ou maintiennent des niveaux alarmants dans les RUP. Dans toutes les régions ultrapériphériques, les taux de NEET sont supérieurs aux moyennes européennes (13,7% en 2020) et nationales. Bien que les taux de NEET (15 à 29 ans) dans les RUP françaises n'aient pas changé de manière significative en raison de la crise de la COVID-19, ils sont restés extrêmement élevés en 2020 - entre 23% en Martinique et 40% en Guyane », relève l’étude. La pandémie n’a fait qu’aggraver cette situation.

Que faire alors ?
La Commission a défini une série de mesures, sachant qu’il est nécessaire de les adapter à chaque région. Le rapport préconise d’abord des soutiens ciblés et justifiés aux petites et moyennes entreprises (PME), car il en va de leur survie compte tenu d’une reprise incertaine à court terme. Dans ce cadre, la « flexibilité des règles relatives aux aides d’Etat » pourrait être davantage orientée vers les microentreprises et les PME, en la combinant avec un soutien particularisé de conseil.
Le document incite aussi à des investissements dans les programmes d’aide à l’emploi (subventions et exonérations de charges sociales) et d’apprentissage, « en mettant davantage l’accent sur les besoins et sur une vision à long terme pour devenir durable ». Ceci implique notamment le développement des compétences numériques : « La numérisation pourrait aider les RUP à surmonter leur handicap géographique et à renforcer leur accès à l'éducation numérique, aux conseils aux entreprises et aux services gouvernementaux proposés sur le continent », précise la Commission, qui souhaite une « amélioration de l'accès des particuliers aux outils numériques en Guadeloupe et en Martinique, la promotion des compétences numériques et de la numérisation des entreprises à Saint-Martin, en Guyane, à Mayotte et à la Réunion ».
Le rapport souligne également l’importance du renforcement de la performance à long terme du système de santé et du secteur public, de mesures sociales visant la jeunesse, l’emploi et la lutte contre la pauvreté, ainsi que du maintien de l’ouverture des corridors de transport vitaux pour maintenir le fonctionnement des chaînes d'approvisionnement. Par ailleurs, la Commission recommande de lutter contre les risques énergétiques et de promouvoir l’indépendance énergétique en investissant dans des sources d’énergie fiables et renouvelables, en saisissant l’opportunité de la transition vers une croissance verte. « Il sera essentiel de relever des défis primordiaux, tels que le développement de stratégies d'économie circulaire et bleue dans l'ensemble des RUP, et l'expansion de la production locale d'énergie renouvelable », dit le texte.
Comment s’est déroulée l’étude ?
Cette étude consiste en un rapport de 125 pages, publié initialement en anglais. C’est la société de consultants Ecorys, mandatée par la Commission européenne, qui a réalisé ce travail entre décembre 2020 et septembre 2021. Les résultats et recommandations du document s’appuient sur des statistiques relatives aux principaux indicateurs socio-économiques (PIB, statistiques de l’emploi, statistiques sectorielles) ; une analyse documentaire ; 80 entretiens (74 entretiens avec des parties prenantes des RUP et six avec des représentants des différents services de la Commission européenne) ; et quatre ateliers organisés avec des représentants des RUP, d’organisations industrielles, ainsi qu’avec des organisations non-gouvernementales.
PM























