Pluie d'hommages suite au décès de l'écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé

©  X-Emmanuel Macron

Pluie d'hommages suite au décès de l'écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé

A l'annonce du décès de l'écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé ce 2 avril, nombreux sont les hommages de diverses personnalités issues du monde littéraire, culturel ou encore politique, à l'instar du Président de la République Emmanuel Macron.


L'écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé, décédée dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 90 ans, était l'une des grandes voix de la littérature francophone, qui a abordé dans une trentaine de livres l'Afrique, l'esclavage et les multiples identités noires. «Monument littéraire», Géante des lettres», «Femme libre et militante», les superlatifs n'ont pas manqué pour célébrer l'oeuvre et le parcours dans les hmmages rendus à l'écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé.

Parmi les premières personnalités politiques à rendre hommage, Jean-Luc Mélenchon a exprimé ses condoléances en soulignant que « la littérature d'expression française perd un phare». La ministre déléguée en charge des Outre-mer a salué pour sa part« une grande penseuse de l’Afrique et de l’esclavage, figure majeure de la littérature francophone, Maryse Condé était avant tout une femme libre». 

Rachida Dati, ministre de la Culture a indiqué que la disparition de Maryse Condé est « une grande perte pour le monde antillais, la France, le monde». «La puissance de son écriture, l’acuité de son regard sur notre histoire commune, sa capacité à décortiquer les plaies restées vives de l’histoire coloniale faisaient de Maryse Condé une écrivaine francophone des plus précieuses», a-t-elle précisé.

Le Président de La République Emmanuel Macron a décrit sur le réseau social X une « Géante des lettres ». «Maryse Condé a su peindre les chagrins et les espoirs, de la Guadeloupe à l’Afrique, de la Caraïbe à la Provence», a-t-il poursuivi. Dans un communiqué, le Président de la République ajoutera que « la force de son oeuvre et son charisme personnelle l'inscrivit comme une intellectuelle de premier plan» et salue « le destin d'une femme libre se jouant des barrières et des  frontières, force de vie et de crétion qui sut réinventer notre langue pour peindre les rêves et les chagrins universels de la Guadeloupe à l’Afrique, de la Provence à l'Amérique» 
En Outre-mer, le président du Conseil régional de la Guadeloupe, Ary Chalus a rendu hommage à « un monument de la littérature guadeloupéenne, à l'enfant du pays qui a toujours écrit comme si sa vie en dépendait, plongeant sa plume dans toute la nostalgie, toute la dignité, toute la résilience de ce que nous sommes». 

Le Président du Conseil Départemental Guy Losbar salue la mémoire « d’une immense écrivaine, romancière, essayiste, dramaturge dont l’œuvre colossale constitue un formidable héritage de portée universelle ». Une femme qui avait  « la Guadeloupe chevillée au corps, et sa pensée comme ses écrits, lucides et critiques, ont toujours milité pour une Guadeloupe enfin au rendez-vous d'elle-même ».

«Avec la disparition de Maryse Condé, la Guadeloupe perd l’un de ses phares. Une écrivaine et penseuse libre, un souffle littéraire hors du commun qui magnifiait les cultures créoles», a réagi le sénateur guadeloupéen Victorin Lurel.

La Présidente de la Région Réunion Huguette Bello a salué  une « pionnière dans sa vie, précurseure dans son œuvre, Maryse Condé a très tôt souligné les conséquences de l’esclavage colonial sur les êtres, sur les sociétés, sur les imaginaires.»

Le Président de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage Jean-Marc Ayrault a salué  l'« œuvre puissante au carrefour de troiscontinents. Ses livres étaient imprégnés de la mémoire de l’esclavage, du combat des femmes à travers l’histoire, et  d’une sensibilité au monde qui lui a valu une renommée internationale».  Pour rappel, Maryse Condé a présisé préside le Comité pour la mémoire de l'esclavage, créé en janvier 2004. 

Le monde littéraire n'est pas en reste dans cette pluie d'hommage. Christiane Taubira a adressé une lettre à Maryse Condé dans laquelle elle exprime sa tristesse, et les moments vécus avec l'écrivaine guadeloupéenne tout en lui reconnaissant « une vie et une œuvre sont tellement éblouissantes et riches».

L'écrivain martiniquais Patrick Chamoiseau a salué « un art narratif» qui lui a permis de se connecter avec « le continent perdu », l'Afrique avec le roman de « Ségou».

Selon l'auteur franco- congolais Alain Mabanckou, Maryse Condé était « la Grande Dame des Lettres mondiales, Maryse Condé, tire sa révérence, nous léguant une œuvre portée par la quête d’un humanisme fondé sur les ramifications de nos identités et les fêlures de l’Histoire».