Nombre de listes et enjeux par territoire, parlementaires candidats, maires sortants qui ne se représentent pas ou anciens maires qui tentent de briguer un nouveau mandat : Outremers360 vous propose un récapitulatif des principaux sujets sur ces municipales, couverts par notre rédaction. L’essentiel de ce premier tour ici…
Pour le premier tour de ces élections municipales 2026, qui aura lieu ce dimanche 15 mars, les électeurs ultramarins choisiront parmi 806 listes sur l’ensemble des territoires.
Avec ses 33 communes, la Nouvelle-Calédonie affiche le plus grand nombre de listes : 141 dont 18 pour les quatre communes de moins de 1 000 habitants. Avec ses 48 communes, la Polynésie enregistre 139 listes, ajoutées à cela 504 candidatures individuelles dans les petites îles. La Guadeloupe, avec ses 32 communes, compte 138 listes. Suit La Réunion, avec 124 listes pour 24 communes.
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En Martinique, les électeurs des 34 communes auront le choix entre 108 listes. En Guyane, 67 listes sont candidates dans les 22 communes du territoire. À Mayotte, qui compte 17 communes, 88 listes se présenteront aux électeurs. Enfin, à Saint-Pierre et Miquelon, 3 listes sont candidates dans les deux seules communes de la collectivité.
Pour rappel, les habitants de Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Wallis et Futuna sont dispensés d’élections. Ces trois territoires n’ont pas de commune.
Quels enjeux ?
Élections locales par excellence, les municipales peuvent parfois prendre des dimensions à l’échelle des territoires -entre bataille des partis politiques locaux et résonnance avec d’autres scrutins- voire à l’échelle nationale. Durant toute cette semaine, Outremers360 a tenté de dresser les principaux enjeux pour chaque territoire.
En Polynésie, le scrutin se déroule sur fond de dispersion à l’intérieur des deux grandes familles politiques, indépendantistes et autonomistes. Chez ces derniers, les grands partis, qui avaient fait alliance lors des législatives de 2024 pour battre les parlementaires indépendantistes, partent cette fois-ci en ordre dispersé. Chez les indépendantistes, la fracture idéologique qui se dessine à l’intérieur du parti se répercute sur les listes.
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En Nouvelle-Calédonie, le scrutin sera marqué par une recomposition politique chez les indépendantistes et non indépendantistes. En lame de fond, la réforme constitutionnelle issue des accords de Bougival et Élysée-Oudinot.
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À La Réunion, les deux grandes figures de la gauche locale, Huguette Bello et Ericka Bareigts, ont conclu un pacte tacite de non-agression. La première, présidente de Région, ne soutient aucune liste concurrente à la seconde, maire et candidate à Saint-Denis. Réciproquement, cette dernière soutient l'héritier d’Huguette Bello à Saint-Paul. Cette même commune est le théâtre d’une bataille pour le leadership à droite, entre le président du Département et l’ancien président de la Région.
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À Mayotte, il s’agit de la première élection depuis le passage du cyclone Chido en décembre 2024, et la loi de refondation qui a suivi. Les communes sont les premiers ressorts de la reconstruction de l’île, et des attentes des habitants.
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En Martinique, les élections municipales du 15 et 22 mars 2026 s'annoncent comme un moment charnière. Défiance envers les élus traditionnels, crise du pouvoir d'achat et irruption du mouvement social en politique : les 34 communes s'apprêtent à vivre un scrutin hors du commun. À Fort-de-France, les 68 ans de domination du PPM -fondé par Aimé Césaire-, semblent fragilisées. Le maire sortant Didier Laguerre, affaibli par les affaires judiciaires qui ont touché son entourage et un bilan contrasté, est défié par la liste de Francis Carole du Palima, rassemblant cinq formations dont le Parti Communiste Martiniquais et la députée socialiste Béatrice Bellay. Il faudra aussi compter dans la capitale d’une liste soutenue par le RPPRAC, porte-étendard du mouvement contre la vie chère.
En Guadeloupe comme partout en France, la prime au sortant est historiquement forte. Mais ces municipales 2026 voient plusieurs maires en place ne pas renouveler leur candidature, ouvrant des vacances du pouvoir qui redistribuent les cartes politiques locales, comme à Baie-Mahault -poumon économique de l’archipel, où Ary Chalus, président de Région, part à la conquête de son ancien fief. Il est toutefois fragilisé par les affaires judiciaires.
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En Guyane, territoire d’Outre-mer en pleine mutation démographique avec une croissance de 2,5% par an, ce scrutin revêt une importance particulière. Il promet d’être aussi animé, avec des retours fracassants d’anciens édiles, des maires sortants qui jettent l’éponge et des rivalités politiques de haute intensité dans les grandes villes. Le scrutin sera plus calme à Grand-Santi, Saint-Élie et Ouanary, où seule une liste se présente dans chacune de ces communes.
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Les parlementaires qui se présentent
Ces élections municipales risquent aussi de changer le visage de l’Assemblée nationale et du Sénat, puisqu’en Outre-mer, plusieurs député(e)s et sénateurs-trices se sont lancés dans l’arène.
Le député Liot Olivier Serva est tête de liste en Guadeloupe, dans la commune des Abymes. À La Réunion, deux députés se présentent : Frédérique Maillot à Sainte-Suzanne et Emeline K/Bidi à Saint-Pierre. Tous deux siègent au groupe GDR.
En Guyane, la sénatrice Marie-Laure Phinéra-Horth (RDPI) veut récupérer son siège d’édile de Cayenne, trois ans après son arrivée au Sénat. À Mayotte, le sénateur Saïd Omar Oili veut reprendre la mairie de Dzaoudzi-Labattoir. Une fonction qu’il avait laissée à Mikidache Houmadi après avoir remporté les sénatoriales de 2023.
En Martinique, la députée socialiste Béatrice Bellay n’est pas tête de liste mais seconde de celle de Francis Carole. En position éligible donc.
Ils passent le flambeau… ou tentent un retour
Ces élections municipales 2026 connaissent un renouvellement inédit en Outre-mer. Dans le paysage politique local ultramarin, des maires sortants ont choisi de ne pas briguer un nouveau mandat. Les causes de cette non-reconduite sont nombreuses : usure du pouvoir local, décès, maladie, cumul de mandat, décision de justice ou simple passage de flambeau.
C'est sur le territoire de la Martinique que cette tendance est la plus forte, avec un tiers des édiles qui cède leur fauteuil de premier magistrat de leur commune à l'instar de Maurice Bonté dans la commune d'Ajoupa-Bouillon (31 ans de mandat), suivi de la Guyane avec 3 maires sortants qui ne participeront à ce scrutin électoral.
Même nombre à Mayotte, où trois édiles quittent leur siège : le maire de Bandraboua, Ahamada Fahardine, qui met un point final à sa carrière politique, celui de Pamandzi, Madi Madi Souf, et celui de Koungou, Assani Saindou Bamcolo, empêché par la justice, ne se représentent pas.
En Guadeloupe, Jeanny Marc, maire depuis 30 ans de la commune de Deshaies, a décidé de ne pas briguer de nouveau mandat.
En Polynésie, Michel Buillard, maire sortant de Papeete depuis 1994, ne se représente pas en tête de liste. Il est toutefois sur celle de son Directeur général des Services, Rémy Brillant, qui conduit la liste Papeete Na Mua Roa. Michel Buillard, parmi les grandes figures du camp autonomiste, figure en 9ème position sur la liste de Rémy Brillant. Pendant cette campagne, le futur-ex édile de la capitale polynésienne s’est montré discret.
Dans ce contexte de recomposition, les municipales 2026 voient parallèlement fleurir en Outre-mer les candidatures de figures qui avaient quitté la scène municipale. L'une des plus emblématiques est celle d'Ary Chalus à Baie-Mahault. À 64 ans, le président du Conseil régional de Guadeloupe et ancien maire de la commune (2001–2015).
C'est le cas aussi en Guyane où plusieurs ténors de la vie locale font leur come-back aux affaires municipales à l'occasion de ce scrutin : David Riché à Roura qui avait annoncé son retrait en 2020 ou encore l'ancien ministre de Jacques Chirac, Léon Bertrand, 74 ans, dans la commune du Saint-Laurent du Maroni où il a gouverné cette municipalité de l'Ouest guyanais durant 35 ans.
Dans la commune de Mahina en Polynésie, l'emblématique Émile Vernaudon tente un retour sur le devant de la scène, 17 ans après avoir quitté la vie politique. Le « Shérif », maire de la commune de 1977 à 2009, avait dû quitter son siège en raison d'une condamnation d'inéligibilité dans l'affaire de gestion de l'Office des Postes et Télécommunication.
Lors des municipales de 2008, Émile Vernaudon avait tout de même réalisé l'exploit d'être réélu à la tête de sa commune depuis la prison de Nuutania, alors qu'il était en détention provisoire dans le cadre de ladite affaire, et dans l'attente d'un procès.
Les électeurs ultramarins seront-ils sensibles à cette mouvance de candidats, ou l'abstention viendra-t-elle jouer le trouble-fête ? Verdict au lendemain de ce premier tour.
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Eline Ulysse et Jean-Tenahe Faatau





















