Municipales 2026 : En Polynésie, prime aux sortants, « recul » indépendantiste et participation en hausse

Municipales 2026 : En Polynésie, prime aux sortants, « recul » indépendantiste et participation en hausse

Le premier tour des municipales 2026 en Polynésie a conclu sur la réélection au premier tour de plusieurs maires, notamment des îles éloignées, mais aussi de grandes communes de Tahiti, essentiellement autonomistes. Seul indépendantiste élu au 1er tour dans son fief, Oscar Temaru entame son 8ème mandat avec le regret d’un « recul » de son parti qui, en proie aux divisions internes, perd l’une des principales communes de Tahiti.

Côté participation, le Haut-commissariat de la République en Polynésie a enregistré à 17h un taux de participation de 54,17%. C’est largement mieux que le premier tour de 2020, au début du covid, durant lequel seuls 38,73% des électeurs s’étaient déplacés à la même heure. Seule ombre au tableau des participations : les 45,97% dans la commune de Faa’a, la plus peuplée de la collectivité, en baisse par rapport à 2020.

Dans la plupart des petites îles éloignées, dans les archipels des Marquises, des Tuamotu, des Gambier et des Australes, les taux de participation sont nettement plus fort qu’à Tahiti et les scrutins avec des listes en course moins nombreuses donnent lieu à plusieurs élections dès le 1er tour. 

Aux Marquises, cinq maires sur six sont réélus au 1er tour. À Hiva Oa, Joëlle Frébault est réélue au premier tour face à son seul adversaire ; à Ua Pou, Joseph Kaiha est reconduit face à son unique adversaire ; ou encore à Nuku Hiva, Benoît Kautai est réélu face à son unique adversaire. À Rangiroa et Hao dans l’archipel des Tuamotu, Rurutu, Rimatara et Rapa dans l’archipel des Australes, les maires sortants sont aussi reconduits au premier tour.

Toujours dans les îles, hors Tahiti, Matahi Brotherson à Uturoa et Thomas Mouthame à Taputapuatea, deux communes de l’île de Raiatea, rempilent pour un nouveau mandat dès le premier tour. Sur l’île voisine de Huahine, le maire sortant Marcelin Lisant est lui aussi réélu dès le premier tour. Plus au nord-ouest, l’édile de Bora Bora et ancien président autonomiste de la collectivité, Gaston Tong Sang, frôle les 60% au premier tour.

À Tahiti aussi, les maires sortants, souvent autonomistes, réussissent à se maintenir au premier tour et éviter un retour aux urnes dimanche prochain. C’est le cas à Mahina avec le maire sortant Damas Teuira -qui avait de sérieux concurrents en face- ; à Arue, où la maire autonomiste proche d’Édouard Fritch, Teura Iriti est réélue au premier tour ; à Pirae, où justement Édouard Fritch -ancien président autonomiste- remporte haut la main dans son fief ; à Faa’a, où Oscar Temaru -leader indépendantiste- demeure imbattable malgré une baisse en nombre de voix ; à Punaauia, le maire sortant Simplicio Lissant s’impose aussi ce dimanche ; et à Teva I Uta, où l’ancien vice-président d’Édouard Fritch, Tearii Alpha, confirme son ancrage.

Élu pour la première fois en 1983, Oscar Temaru, 81 ans, pourrait atteindre les 49 années à la tête de sa commune lors des prochaines municipales en 2032. Un record de longévité pour la Polynésie mais loin derrière les 56 ans d'Aimé Césaire à Fort-de-France et du record national de 72 ans détenu par André Cornu à Bazolles. 

Le parti indépendantiste perd une commune importante

Malgré son enracinement à Faa'a, le parti indépendantiste subit une importante déception à Paea, parmi les communes très peuplées de Tahiti, où le maire sortant Antony Geros, numéro 2 du parti indépendantiste et président de l’Assemblée territoriale, se fait battre au premier tour par Tepuarauri Teriitahi, candidate autonomiste, proche d’Édouard Fritch, qui devient la première femme maire de cette commune avec 52,5% des suffrages exprimés.

« C'est un recul » a regretté le leader indépendantiste Oscar Temaru. En 2020, son parti, le Tavini huira’atira, avait réussi à ravir cette commune à l’ancien maire Jacquie Graffe. Le parti indépendantiste, victorieux des territoriales de 2023, essuie depuis des déconvenues électorales. En effet, après avoir perdu deux des trois circonscriptions du territoire lors des législatives de 2024, il perd désormais l’une des communes les plus importantes de Polynésie. Et les divisions internes se sont aussi faites sentir à Pirae notamment, où le candidat soutenu par le parti arrive loin derrière la candidate dissidente, et à Papeete, où les dissensions du parti sont les plus visibles.

Second tour incertain à Papeete

Dans la capitale justement, la liste de l’actuel Directeur général des Services, Rémy Brillant, avec le maire sortant, Michel Buillard, en 9ème position, arrive en tête du premier tour, avec 37,15% des suffrages exprimés. Il devra toutefois se défaire au second tour de trois autres adversaires qualifiés : René Temeharo (19,16%), Tematai Le Gayic (18,75%) et Tauhiti Nena (16,08%).

Reste à savoir si des fusions de listes sont possibles dans la commune. En effet, Rémy Brillant et René Temeharo font partie de la même famille politique autonomiste, proches voire membres du Tapura Huira’atira d’Édouard Fritch. C’est aussi le cas de Tematai Le Gayic, membre et élu du parti indépendantiste, et Tauhiti Nena, ancien du parti qui a reçu le soutien de ce dernier en dernière minute, au détriment du premier. Or, les programmes entre les deux candidats indépendantistes sont diamétralement opposés, et ils concentrent l’essentiel des divisions au sein de la famille indépendantiste.

D’autres seconds tours seront surveillés de près en Polynésie. Dans la commune de Tumara’a, sur l’île de Raiatea, le maire sortant Cyrille Tetuanui, arrivé en tête, devra se désister en raison d’une condamnation définitive en cassation, tombée ce vendredi. Un désistement qui pourrait profiter à sa belle-fille et fille de la sénatrice Lana Tetuanui, Naumi Mihuraa, arrivée 3ème du scrutin dans cette commune (17,37%).

À Moorea, île sœur de Tahiti, le maire sortant Evans Haumani (23,88%) devra faire face à la candidate indépendantiste Christiane Kelley (17,95%), à Ataria Firiapu (17,05%), à Réginal Haring (12,19%) et Temaire Chavey (11,10%). Il s’agit de l’île-commune la plus disputée, avec 9 listes au premier tour et désormais 5 pour ce second tour.

À Papara, sur l’île de Tahiti, le parti indépendantiste pourrait se consoler dimanche prochain, puisque sa candidate Béatrice Le Gayic est arrivée en tête avec 30,26% des suffrages exprimés. Elle fera face à Mike Teissier (29,67%), à la maire sortante Sonia Punua (18,42%) et à Fabien Rima (12,27%). L’avance de Béatrice Le Gayic est toutefois mince, avec seulement 29 voix de plus que Mike Teissier.

Enfin à Maupiti, îles Sous-le-vent, le maire sortant Woullingson Raufauore est en ballotage défavorable, arrivé second de ce premier tour (39,41%), derrière Mareto Atuahiva (44,20%). Dernier candidat de la triangulaire qui devrait se jouer dimanche : Eric Taurua et ses 11,71%. Sur cette île, qui attire de plus en plus de touristes, les habitants semblent avoir exprimé leur opposition à la construction de grands hôtels -à l’instar de sa voisine Bora Bora- auxquels le maire sortant est favorable.  

À Taiarapu-Est, commune de la presqu’île de Tahiti, le maire sortant Anthony Jamet a peu de chances d’être réélu dimanche prochain. Avec un score de 14,91%, il est arrivé 4ème de ce premier tour, loin derrière Willy Chung-Sao, arrivé en tête avec 37,47%.

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