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Médécine nucléaire :  un amendement sénatorial adopté ouvre l'accès à la radiothérapie interne vectorisée dans les Outre-mer
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Lors de l'examen de la proposition de la loi du sénateur Khalifé Khalifé visant à accélérer le développement de la médecine nucléaire ce mardi 13 octobre au Sénat, un amendement sur l'égal accès aux soins dans les territoires ultramarins a été adopté. Défendu par la sénatrice des Hauts-de-Seine et rapporteure de la commission des affaires sociales Marie-Do Aeschlimann, cet amendement permet à certains territoires d'Outre-mer jusqu'ici exclus, de bénéficier d'une innovation de rupture dans le traitement de certains cancers comme celui de prostate, la radiothérapie interne vectorisée.


En dehors de la Martinique et de la Polynésie française, où son déploiement est en cours, ni la Guadeloupe, ni la Guyane, ni La Réunion, ni Mayotte, ni la Nouvelle-Calédonie ne disposent d’un accès direct à cette avancée thérapeutique. Pourtant la Guadeloupe et la Martinique connaissent des taux d’incidence du cancer de la prostate parmi les plus élevés au monde, estimés à environ 220 nouveaux cas pour 100 000 habitants par an, contre environ 90 pour 100 000 dans l’Hexagone. L'amendement porté par la sénatrice Marie-Do Aeschlimann vient corriger cette inégalité d'accès aux traitements innovants dans les territoires ultramarins. 

Contrairement à la radiothérapie externe qui irradie la tumeur à travers la peau et les tissus, la RIV utilise un médicament porteur d'un élément radioactif administré par voie orale ou intraveineuse permettant de diriger les rayonnements sur la cible tumorale. Le ciblage permet ainsi d'apporter le traitement anticancéreux au niveau des tumeurs, en limitant les dommages sur les autres tissus. 

« La RIV laisse entrevoir des progrès considérables, avec des essais cliniques très encourageants. Encore confidentielle, cette thérapie pourrait bénéficier à des dizaines de milliers de patients supplémentaires -  cancer du sein, du poumon, du pancréas... Le nombre de cancers de la prostate est très élevé en Martinique et en Guadeloupe, à cause du poison du chlordécone. Or seule la Martinique a accès à la RIV. Il y a là un enjeu d'équité dans l'accès aux soins», a déclaré Marie-Do Aeschlimann. Son amendement prévoit ainsi que le futur plan national de développement de la médecine nucléaire définisse des mesures adaptées aux contraintes et aux besoins propres à ces territoires, afin de soutenir leur accès à ces traitements innovants.

 «L'innovation médicale n'est véritablement un progrès que lorsqu'elle est accessible à tous !» a abondé le sénateur de la Guadeloupe Dominique Théophile. « La Guadeloupe ne dispose pas d'un accès direct aux traitements les plus récents de la RIV. Certes, depuis 2018, le centre d'imagerie moléculaire des Abymes, ma commune, constitue une avancée remarquable pour le diagnostic des cancers mais détecter n'est pas traiter». a-t-il démontré tout en saluant l'adoption de cet amendement.

« Le Gouvernement sera au rendez-vous pour accompagner le développement de la médecine nucléaire thérapeutique : recherche, formation des professionnels, égal accès des patients» a souligné pour sa part Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.

Cette proposition de loi, adoptée au Sénat, poursuit son cheminement désormais à l'Assemblée nationale.