Ce lundi 12 janvier, à l’occasion de sa rentrée solennelle, la Cour d’appel de Fort-de-France voit la JIRS s’intégrer au PNACO, parquet national chargé de coordonner la lutte contre la criminalité organisée. Pour Patrice Cambérou, cette coordination renforcée facilitera le rapprochement des dossiers et la lutte contre les trafics. Détails avec notre partenaire RCI Martinique.
Ce lundi 12 janvier, la Cour d'appel de Fort-de-France tient sa grande rentrée solennelle, une semaine après l'annonce de la création du PNACO, le Parquet national anti-criminalité organisée.
L'organisme permet également la coordination de l'ensemble des 8 JIRS (juridictions nationales spécialisées) de France depuis Paris, dont la Juridiction Interrégionale Spécialisée (JIS) de Fort-de-France, de Guyane, des îles du nord et de la Guadeloupe.
Si 30 millions d’euros d’avoirs criminels ont été saisis dans la zone Antilles-Guyane en 2025, un total dix fois supérieur à celui de 2023, ce nouvel outil est perçu comme une bonne nouvelle pour monter en puissance. Plus que jamais, la lutte contre le narcotrafic, les trafics d’êtres humains et d’armes à feu restent des priorités.
Une coordination nationale renforcée
Pour Patrice Cambérou, procureur général près la cour d’appel de Fort-de-France, des échanges existaient déjà mais seront mieux coordonnés : «Depuis trois ou quatre ans, les échanges entre l’Hexagone et les Antilles se sont intensifiés. Jusqu’ici, cette coordination reposait notamment sur la JINALCO et d’autres instances de la façade Atlantique. Aujourd’hui, ce travail d’échange d’informations va se structurer autour d’un chef de file, ce dont nous avions besoin. Les compétences de la JIRS restent inchangées. Le ministre a par ailleurs annoncé le renfort de trois magistrats, ainsi que de greffiers et d’un assistant spécialisé. Une circulaire vient désormais formaliser cette coordination. C’est une très bonne nouvelle pour nous. »
Le procureur général près la cour d’appel de Fort-de-France estime que le PNACO est un moyen de faciliter les rapprochements dans les affaires criminelles sur l’ensemble du territoire français. «Grâce aux échanges avec Paris, nous avons une meilleure vision des phénomènes comme le narcotrafic, la traite des êtres humains, ou encore les trafics de tabac et d’armes. Cela permettra au PNACO de mieux comprendre nos réalités locales. Cette organisation favorisera une véritable coordination nationale, notamment à travers des réunions entre le parquet national et l’ensemble des JIRS, afin de partager les informations judiciaires. Concrètement, lorsqu’un nom apparaîtra dans un dossier, il sera plus facile de le relier à d’autres affaires.»
Un futur pôle “anti-mafia" ?
Patrice Cambérou ajoute que le Parquet national anti-criminalité organisée doit permettre de mieux croiser les dossiers à l’échelle nationale. « Le ministre nous a annoncé l’arrivée de trois magistrats supplémentaires, de deux greffiers et d’un attaché de justice spécialisé. Ce n’est pas encore suffisant, mais c’est une avancée importante dans un contexte budgétaire très contraint (...). Je souhaite que la JIRS de Fort-de-France prenne progressivement la dimension d’un véritable pôle “anti-mafia”, en lien avec les forces de sécurité. Elle doit développer une spécificité, car elle est au contact direct des pays producteurs de cette criminalité.»
Par RCI Martinique























