À l’occasion de ses vœux à la presse organisés le jeudi 29 janvier, le directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) Martinique, Yves Servant, est revenu sur son approche de l’action publique en santé, sur les principales réalisations de l’année 2025 ainsi que sur les perspectives pour 2026.
Arrivé à la tête de l’ARS Martinique il y a un an, Yves Servant a rappelé le cadre stratégique fixé aux agents de l’agence, reposant sur un triptyque : proximité, ouverture et réactivité. Il a souligné le positionnement de l’ARS à la fois comme autorité de tutelle et comme acteur de terrain, déclarant : « L’ARS est une tutelle mais c’est aussi un partenaire de proximité aux côtés de tous les acteurs de la santé publique et de la cohésion sociale : élus, collectivités, institutions, associations, professionnels de santé ».
L’année 2025 a été marquée par le déploiement de nombreuses actions dites « d’aller-vers ». Celles-ci se sont traduites par des actions de prévention dans le cadre des contrats locaux de santé, l’organisation de caravanes, le lancement d’appels à projets d’initiative locale portant notamment sur la lutte anti-vectorielle et les conduites addictives, ainsi que par la mise en place de permanences de professionnels de l’ARS au sein des agences France Services. L’agence a également procédé à la labellisation de douze structures France Santé et à la création du groupement d’intérêt public Martinique Santé.
Dans ce contexte, le directeur général a insisté sur la dimension collective des politiques de santé publique : « La santé est au cœur du pacte républicain. C’est un sujet éminemment politique et collectif. On ne peut pas déployer des politiques de santé de manière isolée, il faut travailler en réseau. L’ARS a renforcé l’ensemble de ses partenariats en étant présente aux côtés des acteurs tant pour les évènements de prévention que pour la gestion de crise ».
Mobilisation collective face à des enjeux environnementaux majeurs.
Concernant l’échouement massif de sargasses, l’ARS a indiqué qu’un comité d’experts avait été installé en début d’année afin d’étudier les syndromes associés. Un groupement d’intérêt scientifique a ensuite été mis en place pour contribuer à l’aide à la décision publique. Sur la question de la chlordécone, Yves Servant a souligné l’augmentation du nombre de chlordéconémies réalisées en 2025, avec près de 32 000 tests effectués, ainsi que le renforcement du dépistage précoce du cancer de la prostate chez les ouvriers agricoles.
L’ARS a par ailleurs indiqué avoir renforcé sa communication afin de lutter contre la désinformation en santé. Cette stratégie s’est appuyée sur des messages jugés plus lisibles et adaptés aux réalités du territoire, notamment à travers des vidéos capsules, des challenges numériques, un lien renforcé avec les médias et l’envoi d’une lettre hebdomadaire aux partenaires.
En 2025, l’audience des réseaux sociaux de l’agence a dépassé les trois millions de vues. Plusieurs campagnes de prévention ont été mises en avant, dont « Je suis donneur et je le dis », menée en partenariat avec le CHU de Martinique et neuf villes ambassadrices du don d’organes.
2025 : des projets structurants malgré les contraintes
Malgré les contraintes budgétaires et les difficultés structurelles propres aux territoires ultramarins, le directeur général est revenu sur plusieurs réalisations de l’année 2025. Parmi celles-ci figurent la relance des projets de reconstruction des centres hospitaliers du Saint-Esprit, de la Trinité et de Pierre Zobda Quitman, la délivrance de nouvelles autorisations sanitaires, notamment dans le domaine des transports, ainsi que le déploiement de quatorze pôles d’appui à la scolarité au service de l’école inclusive, en lien avec le rectorat.
L’ARS a également mis en œuvre la réforme des Services autonomie à domicile et engagé la préparation du Service public territorial de l’autonomie avec la Collectivité territoriale de Martinique. L’année 2025 a par ailleurs été marquée par l’accélération du virage numérique, avec le développement d’outils sécurisés tels qu’une plateforme centralisée de transports sanitaires et ViaTrajectoire.
D’autres actions ont concerné le soutien à plusieurs filières de soins, notamment les urgences, l’assistance médicale à la procréation, la cancérologie et la psychiatrie, avec la mise en place d’un service d’accès aux soins en psychiatrie. L’agence a également œuvré au renforcement de l’attractivité de la Martinique pour les professionnels de santé, à la coordination de thématiques transversales comme la santé des femmes ou la prise en charge des grands marginaux, à la structuration d’un Gérontopôle et à la reconnaissance de l’établissement unique de santé mentale, ainsi qu’à la création du centre hospitalier intercommunal Sud Caraïbe.
À ce sujet, Yves Servant a précisé : « Notre objectif est de soutenir les acteurs pour que les projets de santé émergent, aboutissent et produisent leurs effets. Nous suivons ces projets et les structures porteuses de manière très rapprochée avec les mêmes exigences d’efficacité, d’efficience et de performance que nous appliquons aux actions menées par l’ARS ».
2026 : poursuite des actions et préparation de l’avenir
Pour 2026, l’ARS Martinique a annoncé une feuille de route visant à maintenir le cap tout en préparant l’avenir. Celle-ci prévoit notamment la poursuite de la modernisation de certains établissements, comme la maison d’accueil spécialisée de Saint-Pierre, ainsi que la consolidation du groupement hospitalier de territoire.
L’agence ambitionne également de développer la recherche, l’innovation et la coopération avec d’autres régions de l’Hexagone et avec la Caraïbe. D’autres priorités concernent la rationalisation des structures d’observation des besoins de santé, l’organisation d’États généraux sur la drépanocytose, les soins palliatifs et la santé mentale, ainsi que le renforcement des actions de promotion de la santé et de prévention.
Le déploiement du plan Grand Âge, la mise en œuvre de la loi Serafin-PH avec l’amplification des inspections des structures médico-sociales, la poursuite de la délivrance de nouvelles autorisations sanitaires et la préparation de l’ouverture d’une nouvelle unité pour malades difficiles en psychiatrie figurent également parmi les objectifs annoncés.
Parallèlement, l’ARS accompagnera sa propre transformation afin de s’adapter aux arbitrages à venir concernant l’action publique en santé à l’échelle locale, tout en assurant la continuité du service.
En conclusion de ses vœux, le directeur général a adressé ses remerciements aux équipes de l’ARS et à l’ensemble des acteurs engagés pour la santé en Martinique, déclarant : « Je voudrai saluer l’engagement des professionnels de la santé, ceux qui font vivre le principe de fraternité, ceux qui ont la responsabilité si singulière de prendre soin, ceux qui agissent pour améliorer l’état de santé de la population martiniquaise ».























