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Martinique: 12 personnes écrouées pour un trafic d'armes depuis les États-Unis

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Martinique: 12 personnes écrouées pour un trafic d'armes depuis les États-Unis
© Police nationale

Douze personnes ont été interpellées le 13 octobre en Martinique et écrouées dans le cadre du démantèlement d'un vaste trafic d'armes en provenance des États-Unis, a indiqué mardi la police.

L'opération a mobilisé une quarantaine de policiers pour les interpellations et plus de 80 fonctionnaires lors des perquisitions, a précisé le commissaire divisionnaire Alexandre Huguet, chef du Service territorial de police judiciaire (STPJ) en Martinique.

Les enquêteurs du STPJ ont été épaulés par l'Office antistupéfiants (Ofast) des Caraïbes, l'unité d'investigation nationale de la Direction nationale de la police judiciaire (DNPJ) venue de Nanterre, ainsi que par les antennes du RAID de Martinique, de Guadeloupe et de Guyane.

À l'issue de leur garde à vue, les douze suspects, des hommes et des femmes aux profils variés, ont été mis en examen par la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Fort-de-France pour importation, acquisition, détention, transport d'armes et munitions de catégorie B, association de malfaiteurs, blanchiment, et placés en détention provisoire.

Parmi eux figurent des « têtes de pont» connues du grand banditisme local, mais également des individus sans antécédents judiciaires notables, utilisés pour la «logistique de financement», a détaillé M. Huguet.

Ce type de réseau importe généralement des armes expédiées depuis les États-Unis par fret postal ou par conteneurs vers des îles voisines, principalement Sainte-Lucie. Les armes parcourent ensuite les derniers kilomètres vers la Martinique lors de «petits mouvements maritimes nocturnes» sur des embarcations légères.

Si l'opération du 13 octobre n'a pas donné lieu à une saisie massive, l'enquête ayant permis de remonter la filière sur la base d'analyses d'armes confisquées ces dernières années, les policiers ont découvert six kilos d'herbe et de résine de cannabis, ainsi que des chargeurs et des munitions.

Par ailleurs, «35.000 euros en espèce ont été saisis», selon la police.

Le chef du STPJ a souligné que le démantèlement de ce réseau, «bien établi» depuis plusieurs années, a contribué à «assécher des sources de financement et d'achats d'armes aux États-Unis».

L'objectif est de réduire la délinquance associée à ces armes en Martinique, «notamment en termes d'atteintes graves aux personnes ou aux biens comme les vols à main armée», a-t-il ajouté.

La circulation des armes à feu est particulièrement inquiétante sur l'île, où près de 300 armes ont été saisies en 2025.

Les modèles les plus prisés par les criminels, principalement «des pistolets de type Glock ou Taurus», sont régulièrement confisqués «en très bon état de fonctionnement», précise-t-il.

Ils sont souvent dotés d'améliorations techniques telles que des visées laser, des chargeurs à grande capacité ou des dispositifs permettant «le tir en rafale», a alerté le commissaire.

Avec AFP