Sous le pavillon Îles de Guadeloupe du village de la Route du Rhum, à Saint-Malo, les 47 exposants venus de Guadeloupe sont largement sollicités par les visiteurs. Sur près de 1 000 m², rhums épicés, produits cosmétiques à base de plantes médicinales, confitures de fruits locaux et autres douceurs locales, produits artisanaux témoignent de la richesse de la production locale guadeloupéenne. Pour les exposants guadeloupéens, la Route du Rhum est une vitrine de l’excellence et du savoir-faire local du territoire.
« Ici, c’est le vrai sorbet coco »
Positionnée à l’entrée du pavillon Îles de Guadeloupe, la sorbetière d’Eddy William, sur le stand éponyme de la Maison William, tourne à plein régime malgré les températures très fraîches sur le village de Saint-Malo. Il faut dire que sa grosse sorbetière électrique intrigue les visiteurs. « Ici, c’est le vrai sorbet coco », scande Eddy William. « On a ramené le soleil, les saveurs, la bonne humeur et aussi le sourire. »
À la tête d’une entreprise familiale de quatre personnes, l’artisan glacier défend l’authenticité de ce mets glacé, réputé en Guadeloupe. Il propose un sorbet « avec du vrai lait de coco, sans additifs, sans conservateurs, sans renforçateurs de goût… Il faut savoir que pour un litre de lait de coco, il faut 11 cocos. C’est pour cela que j’ai les bras costauds comme ça », sourit-il. L’artisan glacier met aussi l’accent sur le faible taux de sucre pour permettre à chacun de profiter de ces douceurs artisanales.

Soutenue par la Région Guadeloupe, la Maison William fait partie des 47 exposants installés durant deux semaines à Saint-Malo sur le village de la Route du Rhum pour faire découvrir les richesses du terroir guadeloupéen. Une occasion que l’artisan glacier ne pouvait pas manquer. « La Route du Rhum-Destination Guadeloupe est la plus grande course nautique au monde, il fallait que je représente ce qu’on fait de mieux en Guadeloupe, en tout cas l’excellence. »
Sur le stand de la Maison William, le sorbet coco n’est pas la seule star ! Eddy William propose également en glace les fruits oubliés de son enfance : corossol, carambole, pomme-liane ou encore la prune de Cythère mûre. Et des parfums plus gourmands : gâteau manioc, mont-blanc, du planteur servi en granité. Le tiramisu coco, lui, a disparu : « Tout est parti en deux jours », confie l’artisan. « Les visiteurs sont curieux », se réjouit Eddy William, même s’il aimerait avoir plus de temps pour échanger sur le savoir-faire local guadeloupéen.

La banane, star du village
Quelques mètres plus loin, un autre produit connaît un franc succès sur le village : la banane de Guadeloupe et de Martinique. Pour le plus grand bonheur de son ambassadrice, Nancy Bureau. « Nous sommes présents sur la Route du Rhum afin de représenter au mieux cette banane qui est devenue une institution. Tout le monde se l’approprie et nous sommes fiers parce que c’est le travail qui est mis en valeur par les producteurs de bananes de Guadeloupe et de Martinique. Ce n’est pas par hasard si elle a été nommée la banane préférée des Français. »
Sur le stand, on ne se contente pas de goûter : de multiples animations sont mises en place pour faire découvrir le fruit, mais aussi les femmes et les hommes qui font vivre cette filière. À titre d’exemple, le «Poyo ti nain», un jeu pédagogique, plonge les visiteurs dans la vie d’un planteur, de la jachère à la vente à l’étal. « On montre comment ce n’est pas facile de produire la bonne banane française. Il y a toute une diversité, nous avons une catégorie de petits planteurs, qui vont de 5 à 10 hectares, nous avons des moyennes exploitations, nous avons quelques grosses exploitations également, mais vous savez, c’est un travail fédérateur. » Ce jeu pédagogique est aussi une première immersion au sein de la filière. Les visiteurs du village de la Route du Rhum pourront approfondir leurs connaissances au Musée de la banane, à Trois-Rivières, en Guadeloupe. « Être présent à la Route du Rhum ici, c’est tout naturellement faire venir les Bretons en Guadeloupe, où ils ne peuvent pas rater le Musée de la banane. Le Musée de la banane est un endroit où l’histoire de la banane est racontée depuis son introduction en Guadeloupe jusqu’à nos jours, où l’on raconte les pratiques culturelles des producteurs », précise Nancy Bureau, qui est également la directrice du Musée de la banane.

Chaque jour, le stand écoule une quarantaine de caisses de 150 à 160 bananes, soit environ 6 000 fruits. Une donnée qui confirme bien, pour Nancy, que « la banane de Guadeloupe et de Martinique, la banane française, est la meilleure banane au monde ».

Le marlin, ce poisson qui intrigue
Sur le stand de Cap Créole, c’est l’effervescence aussi ! Beaucoup de familles s’arrêtent pour découvrir les pots de rillettes de 200 grammes et les tranches de marlin fumé, dans un emballage spécial pour les 30 ans de la marque. Pour elles, l’entreprise a prévu des navettes et des sandwichs. « Les enfants apprécient énormément les rillettes de marlin », constate Maeva Mécorvin-Flandrina, la directrice marketing. Même la version épicée, la Red Hot au piment Bondamanjak, a trouvé preneur. « On n’a que des retours positifs », assure la directrice marketing.
C’est la première fois que l’entreprise, qui compte entre 40 et 50 salariés, est présente sur le village de la Route du Rhum. « Cap Créole est une entreprise de 30 ans d’histoire qui travaille les produits de la mer avec une technique bien à elle pour fumer les poissons et notamment le marlin qu’on est venu présenter pour la toute première fois sur Saint-Malo cette année », précise la directrice marketing. L’objectif de cette présence à Saint-Malo est de « vraiment relier finalement l’identité autour de la mer entre la Guadeloupe et Saint-Malo pour la première fois et faire découvrir nos produits à ce public, donc voir comment il l’apprécie, les faire voyager, leur donner envie de découvrir chez nous ».
Le marlin suscite l’intérêt, car il est peu connu en Bretagne. « On a trouvé très intéressant d’apporter un poisson qui n’est pas forcément connu et ça intrigue, donc on a beaucoup de questions sur quel type de poisson c’est. Le marlin vit dans les eaux chaudes, il est énorme, il chasse la journée. On est aussi dans un événement nautique avec des passionnés de la mer, et ça nous permet d’échanger aussi sur ce volet-là avec eux. »
Avec cette présence à la Route du Rhum, Cap Créole évalue les potentialités d’une distribution de ses produits en France hexagonale. « Nous espérons aussi trouver des partenaires commerciaux pour distribuer nos produits et les faire venir jusqu’à l’Hexagone. On fera le point à la fin du village. Dans un premier temps, on pense qu’une présence dans des épiceries fines, des poissonneries serait peut-être l’idéal, on réfléchit à tout ça. » En attendant, Cap Créole invite le public de Saint-Malo à découvrir ses produits au sein de la cuisine du restaurant éphémère « Le Saint-Félix », proposée par les élèves du lycée hôtelier du Gosier.

