Rendez-vous dédié aux langues et cultures et cultures créoles, le Festival Mois Kréyol porté par la Compagnie Difé Kako sous l’impulsion de sa directrice la chorégraphe et danseuse guadeloupéenne Chantal Loïal, va se déployer pour sa 10ème édition du 22 septembre au 6 décembre 2026 à Paris –Ile- de France, dans plusieurs villes de l’hexagone et aux Antilles-Guyane. Une édition anniversaire placée sous le signe du marronnage et de la création qui comprendra plusieurs temps forts notamment en musique, en danse et au niveau théâtral, marquant cette volonté de continuer d’ouvrir des espaces où les voix créoles s’affirment, rayonnent et résonnent à travers le monde.
Dix ans que cela dure. Dix ans que la mayonnaise qui consistait à rassembler pendant un certain temps, artistes, publics et associations dans le cadre d’un évènement fort dédié aux cultures créoles, prend et même se développe au fil des années tant au niveau des lieux qui s’étendent, qu’auprès du public toujours plus nombreux, ou qu’en terme qualitatif avec des productions toujours plus performantes.
Pourtant, le défi était osé, voire même voué à l’échec quand on connait la place réduite à la portion congrue faite aux cultures créoles dans l’hexagone et la faible représentativité des artistes ultramarins dans le paysage artistique français. Aujourd’hui, grâce notamment aux efforts et à la ténacité de la Compagnie Difé Kako, sous l’impulsion de sa directrice la chorégraphe et danseuse guadeloupéenne Chantal Loïal, le pari qui visait, pour reprendre les termes de cette dernière, à « réaliser ensemble un état des lieux des cultures créolisées et d’ouvrir de nouvelles pistes de recherche pour répondre aux enjeux forts de leur représentativité dans le paysage culturel français », est en passe d’être gagné.
Un festival construit avec les détenteurs du patrimoine culturel créole
Que de chemins parcourus, en effet, pour le Festival Mois Kréyol qui affiche en dix ans un bilan plus que positif en étant désormais présent sur douze territoires dans l’hexagone et aux Antilles- Guyane et en étant passé de 1 000 à 15 000 spectateurs. Ce bilan est le résultat de l’esprit de ce festival construit avec les détenteurs du patrimoine culturel créole, fait de rencontres et de dialogue singuliers, et qui porte des valeurs de solidarité, de partage et d’engagement social et humanitaire.
Ce dixième anniversaire qui est placé sous le signe du marronnage et de la création, est l’occasion de mettre encore plus en lumière les personnes qui ont marqué l’histoire de l’afro-descendance. C’est aussi l’occasion de faire un focus sur la Guyane et ses grandes figures à l’instar de Léon-Gontrand Damas, poète, penseur et co-fondateur du mouvement de la négritude, de porter une attention particulière sur les 25 ans de la Loi Taubira, reconnaissant la traite négrière et l’esclavage comme crime contre l’Humanité. De même, dans ce même esprit, la Journée internationale de la langue et de la culture créole du 28 octobre, sera cette année, célébrée avec davantage d’acuité.
Une programmation qui va faire résonner les créations ultramarines dans l’hexagone et aux Antilles-Guyane
Autant donc dire que cette édition anniversaire du Festival Mois Kréyol va revêtir ses habits de lumière avec une programmation qui va faire résonner les créations ultramarines aussi bien dans l’hexagone qu’aux Antilles-Guyane, de manière hybride, au rythme des mots, de la musique, des cultures urbaines et du langage du corps en mouvement. Une programmation constituée de plusieurs temps forts et qui s’ouvre avec le concert du groupe Akiyo, groupe légendaire de la musique traditionnelle guadeloupéenne, lors du festival villes des musiques du monde. Ce programme musical se poursuivra avec les artistes et groupes réunionnais Lorans Kabar et Grammoun Cello, mais aussi Laureen Rose, Ramajay Kids, Morik. Autre temps fort musical, les 3 opéras d’outre-mer rassemblant des extraits d’opéras Maraina, Chin et Fridom de Trulès/Genvrin, qui seront présentés à l’opéra de Massy.
Côté théâtre, le Théâtre Dunois à Paris accueillera plusieurs représentations théâtrales de diverses autrices ultramarines, telle la pièce « Not koko’s notes » de la Guyanaise Valérie Goma, celle de la Réunionnaise Lolita Monga « La bon sous la po », ou encore celle de la Martiniquaise Véronique Kanor « Le chant des bétafè affamées » qui sera précédée d’une table-ronde autour de l’esclavage. Au Centre culturel Suisse, la metteuse en scène Anne Montfort crée « la migration des cœurs », inspirée de l’autrice guadeloupéenne Maryse Condé et de la romancière anglaise Emilie Brontë, tandis qu’au Carreau du Temple, l’autrice martiniquaise Nadia Chonville présentera son « Cabaret Z », un cabaret caribéen.
En danse, les chorégraphies des compagnies, d’associations ou d’auteurs issus de Mayotte, de La Réunion, des Antilles et de certains pays africains vont, par le langage du corps, raconter l’histoire de leur territoire et de leurs identités plurielles. Tandis qu’en cirque, entre jonglage et maloya, l’association Lo Griyo proposera « Kayanbolaz ». Le Festival Mois Kréyol, ce sont aussi des contes, des expositions, des rencontres qui permettent au public, tout au long de sa durée, de découvrir la création ultramarine, marquant ainsi cette volonté affirmée de continuer « d’ouvrir des espaces où les voix créoles se racontent, créent, dansent, chantent et pensent le monde », selon la jolie formule de Chantal Loïal.
Festival Mois Kréyol #10
Du 22 septembre au 6 décembre 2026
Renseignements et programme : www.lemoiskreyol.fr

