Poétesse et cinéaste guadeloupéenne, pionnière du cinéma panafricain, Sarah Maldoror et son œuvre font l’objet d’une rétrospective au Centre Pompidou du 3 au 7 avril 2025 dans le cadre de l’exposition « Paris noir ». L’occasion de découvrir l’œuvre immense de cette figure du cinéma mondial qui a multiplié les films sur la pensée noire, son héritage et ses héros.
Née d’un père guadeloupéen et d’une mère originaire du Gers, Sarah Ducados, plus connue sous le nom de Sarah Maldoror, pseudonyme choisi en hommage au poète Lautréamont, a été toute sa vie une militante et une femme d’engagement. Elle a notamment suivi les mouvements de lutte contre la colonisation en Algérie et Guinée-Bissau avec son compagnon Mario Pinto de Andrade, fondateur du Mouvement Populaire de Libération de l’Angola (MPLA), poète et homme politique angolais et ami proche des auteurs Aimé Césaire, Léopold Sedar Senghor, Frantz Fanon ou Richard Wright. Une dimension politique qui occupera une place centrale dans son œuvre.
Sarah Maldoror a débuté sa carrière par le théâtre en fondant en 1958 avec trois autres jeunes comédiens Toto Bissainthe, Timité Basson et Ababacar Samb Makharam rejoints peu après par le comédien antillais Robert Liensol, la première compagnie noire baptisée « Les Griots ». Après des études de cinéma à Moscou où elle y rencontre le cinéaste sénégalais Ousmane Sembène, elle s’attèle à l’écriture de plusieurs scénarios avec son compagnon Mario Pinto de Andrade, dont ceux de « Monangambééé », un premier court-métrage réalisé à Alger en 1969 et « Sambizanga », première fiction réalisée par une femme sur le continent africain en 1972.
Pionnière du cinéma panafricain
Au total, Sarah Maldoror a réalisé plus de 40 films, courts ou longs- métrages, films de fiction, reportages et documentaires, dont 5 consacrés à Aimé Césaire, l’illustre poète martiniquais. Des films qui, pour la plupart, portent sur l’histoire de la pensée noire, son héritage et ses héros. La cinéaste guadeloupéenne a été de tous les engagements et courants culturels et politiques du 20ème siècle : surréalisme, négritude, panafricanisme, féminisme et communisme.
Cette rétrospective consacrée à cette grande figure du cinéma mondial, pionnière du cinéma panafricain dans le cadre de l’exposition « Paris noir », permet de découvrir ou de redécouvrir pour certains son œuvre riche et féconde traversée par la poésie et la recherche artistique.
Décédée le 13 avril 2020 à l’âge de 90 ans des suites du Covid-19, Sarah Maldoror restera comme une cinéaste militante, entière et exigeante qui a construit une œuvre de combat à l’image de sa personnalité flamboyante et incandescente à qui Aimé Césaire avait rendu hommage en ses termes « A Sarah Maldoror…qui, caméra au poing, combat l’oppression, l’aliénation er défie la connerie humaine ».
E.B.
Sarah Maldoror
Rétrospective cinéma en écho à l’exposition « Paris noir »
Du 3 au 7 avril 2025 – 11h-21h tous les jours sauf le mardi – le jeudi jusqu’à 23h
Centre Pompidou
Place Georges Pompidou
75191 Paris Cedex 04
Renseignements : www.centrepompidou.fr - Tél : 01 44 70 12 33