Reconnu comme l’une des plus grandes et belles voix du paysage musical caribéen, le griot haïtien, James Germain qui vit actuellement en Martinique, sera sur la scène du New-Morning, à Paris, en compagnie de quelques invités, le 12 janvier prochain. Un concert pour à la fois présenter son nouvel album « Xù D’Assa », rendre hommage aux victimes du tremblement de terre survenu en Haïti en 2010 et célébrer la résilience et la force des Haïtiens. L’occasion aussi de découvrir ainsi que de reconnaître le parcours artistique et l’engagement de ce véritable ambassadeur du patrimoine musical et culturel caribéen.
On le compare volontiers à Salif Keita. Sa voix singulière et atypique, sa passion pour les traditions orales en matière musicale et notamment pour les chants vodou, s’apparentent à celles d’un griot africain auquel le chanteur malien est souvent rattaché. Ses séjours réguliers en Afrique (Mali et Bénin) n’y sont sans doute pas étrangers également. Toujours est-il que James Germain est aujourd’hui reconnu comme l’une des plus grandes et belles voix de la musique haïtienne contemporaine et de la Caraïbe.
Né en 1969 à Port-au-Prince, la capitale d’Haïti, James Germain a d’abord été formé à la musique classique, au conservatoire Claude Debussy, à Paris. Mais très vite, il retourne vers ses racines musicales en intégrant les traditions musicales haïtiennes dans son univers artistique, enregistrant plusieurs albums, dont « Kalfou Minwi » ou « Assoto ». Depuis, il œuvre inlassablement à la valorisation et à la diffusion de la culture haïtienne sur les scènes internationales.
Sa magnifique interprétation de « Mèsi Bondyé », une chanson écrite par Frantz Casseus, le père de la guitare classique haïtienne, sur l’album « Marronnages » du groupe martiniquais Malavoi est encore dans toutes les mémoires. Bref, son parcours artistique et son engagement en font un véritable ambassadeur du patrimoine musical, culturel et spirituel caribéen.
Passeur de mémoire
Et le dernier album « Xù D’Assa » qui mêle harmonie et souvenirs d’enfance de celui qui se revendique comme un « passeur demémoire », s’inscrit dans cette continuité puisqu’il se présente en forme « d’hommage vibrant à l’histoire et à la mémoire des ancêtres et en particulier ceux de la Caraïbe ». Ce projet musical porté aux côtés de musiciens d’exception d’Haïti et d’ailleurs est une « offrande aux générations futures », assure celui qui s’est installé depuis 2024 en Martinique. « Xù d’Assa » est « une lettre à nos racines. Chaque note est une racine. Chaque rythme est une histoire. Chaque silence est un hommage », clame –t-il pour signifier la résilience et la force des ancêtres afro-caribéens qui ont laissé cet héritage. Un héritage « vivant et concret » qui, aujourd’hui encore « nourrit nos danses et nos chants », explique lyrique, James Germain.
Un concert d’hommage, mais aussi d’espérance
C’est cette flamme que va porter le griot haïtien lors du concert unique qu’il va donner à Paris, sur la scène du New-Morning, le 12 janvier prochain avec, à ses côtés, de prestigieux invités comme l’artiste guadeloupéenne Stevy Mahy et son « Kreyol Folk », le saxophoniste de jazz d’origine haïtienne, Jowee Omicil et l’auteur, comédien et metteur en scène haïtien Guy Régis Junior.
La date du concert n’a pas été choisie par hasard puisqu’elle correspond jour pour jour à la date du violent tremblement de terre survenu en Haïti le 12 janvier 2010, causant 280 000 morts, 300 000 blessés et 1,3 million de sans-abris. Un concert d’hommage, de recueillement et de solidarité pour se souvenir certes, mais aussi d’espérance pour célébrer la résilience et la force dont font preuve les Haïtiens, peuples martyrs, mais ô combien résistants.
E.B.
James Germain « Xù d’Assa » en concert
Guests : Stevy Mahy – Jowee Omicil – Guy Régis Junior
12 janvier 2026 – 20h30
New-Morning
7/9, rue des Petites-Ecuries
75010 Paris
Renseignements : www.newmorning.com























