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La société minière Gold’or a été condamnée à 100.000 euros d’amende avec sursis vendredi pour des faits de pollution environnementale par le tribunal correctionnel de Saint-Laurent-du-Maroni qui a reconnu un « préjudice écologique », une première, a-t-on appris de sources judiciaires.
Le ministère public avait requis 80.000 euros, dont 40.000 euros avec sursis. Pour la première fois en Guyane, le tribunal a aussi reconnu le principe de « préjudice écologique » et condamné la société à « 1 euro symbolique ». Ces faits de « pollution » avaient été constatés en juillet 2018 par des agents de l’office national des forêts (ONF). L’ONF, qui avait saisi la justice, s’est dite « très satisfaite » de cette condamnation.
L’avocat de Gold’or, non présent à l’audience, a annoncé qu’il ferait « très certainement » appel de cette décision jugée « incohérente ». Selon lui, « il y a une volonté délibérée de condamnation » car « tout est nul au niveau de la procédure ».En juillet 2018, des agents de l’ONF avaient constaté une « pollution record » par des particules en suspension de type boue dans un cours d’eau proche de la mine d’or artisanale Kokioko 1 détenue par la société Gold’or à Mana.
Gold’or est propriété de la famille Ostorero. La femme d’affaires Carol Ostorero préside par ailleurs la fédération des exploitants miniers de Guyane. Cette décision est un « avertissement important », a aussi estimé l’avocat de l’ONF.
La famille Ostorero est partenaire avec la multinationale américaine Newmont dans le projet de mine d’or industriel « Espérance », une Montagne d’or « bis ». Cette mine, dont le gisement est estimé à 65 tonnes d’or, avait obtenu le 29 avril 2020 un avis favorable de la commission départementale des mines de Guyane. « Il semble aujourd’hui inconcevable que l’on puisse accepter un projet de méga-mine très polluant (avec) des gérants peu regardants sur les normes environnementales sur leur mine en activité » a estimé dans un communiqué Guyane nature environnement, partie civile au procès