En visite en Guyane, la ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels achève son déplacement en Guyane. Elle s'est rendu au lycée Jean-Marie Michotte à Cayenne puis Macouria, Kourou et Saint-Laurent du Maroni où elle a rencontré des élèves, des équipes éducatives ainsi que des représentants d'entreprises. Précisions avec notre partenaire Radio Télé Péyi Guyane.
Après deux jours de déplacement en Guyane, Sabrina Roubache achève ce vendredi sa visite consacrée à l’enseignement et à la formation professionnels. De Cayenne à Kourou, puis à Saint-Laurent-du-Maroni, la ministre a rencontré élèves, enseignants et acteurs économiques pour défendre une formation professionnelle davantage connectée aux besoins du territoire.
Sabrina Roubache a débuté son déplacement au lycée Michotte à Cayenne, avant de se rendre à la base spatiale de Kourou, où elle a découvert notamment les formations liées à l’aéronautique. Elle a ensuite poursuivi sa visite à Saint-Laurent-du-Maroni, au lycée Raymond Tarcy, avec les filières mécanique, automobile, moto et poids-lourds.
La ministre dit avoir été marquée par les jeunes rencontrés au cours de ces différentes étapes. « J’ai vu des jeunes d’une maturité exceptionnelle », souligne-t-elle, évoquant également leur personnalité et leur capacité à présenter clairement leurs projets.
À ses yeux, ces formations ne doivent plus être considérées comme une orientation par défaut. « Ce qui me fait dire que c’est devenu une voie d’excellence, c’est que maintenant, elle est choisie », affirme-t-elle.
Adapter les formations aux besoins de la Guyane
Pour Sabrina Roubache, l’un des principaux enjeux reste l’adaptation de la carte des formations aux besoins des entreprises. Les secteurs de l’aéronautique, de la mécanique, de la maintenance ou encore de l’industrie offrent, selon elle, des perspectives importantes pour les jeunes Guyanais. « Là où les formations donnent des sorties en emploi à notre jeunesse, on soutient. Là où les formations ne donnent plus de sorties en emploi à notre jeunesse, on ferme les formations », explique la ministre.
Elle insiste également sur la nécessité de développer l’apprentissage et l’alternance. Elle appelle les entreprises guyanaises à davantage accueillir des jeunes en stage et en apprentissage : « Prenez nos jeunes en alternance, prenez nos jeunes en stage. »
CAP c’est bien, le bac professionnel et poursuite d’études, c’est mieux
Autre priorité évoquée par la ministre : permettre aux jeunes titulaires d’un CAP de poursuivre leur parcours. Sabrina Roubache souhaite notamment réserver des places en bac professionnel aux élèves issus de ces formations.
Elle constate par ailleurs que les jeunes rencontrés souhaitent souvent continuer leurs études après leur CAP, leur bac professionnel ou leur BTS. Elle rappelle également que le nombre d’apprentis a fortement progressé en Guyane tout comme dans l’Hexagone, atteignant, désormais 1 514 apprentis.
La ministre souligne aussi la progression du baccalauréat professionnel au niveau national, avec une part passée, selon ses chiffres, de 32 % en 2019 à 36,2 % aujourd’hui.
Français, mixité et accès aux formations
Au-delà de la formation professionnelle, Sabrina Roubache identifie plusieurs enjeux propres à la Guyane. Elle insiste notamment sur la maîtrise du français et de la lecture, mais aussi sur l’égalité entre les filles et les garçons dans les filières professionnelles.
Elle évoque également la question de la mobilité des jeunes à l’intérieur du territoire. Pour permettre à un élève de Cayenne de suivre une formation à Saint-Laurent-du-Maroni, par exemple, la ministre défend le développement de solutions d’hébergement et notamment des internats.
« Il faut proposer aux familles une solution d’internat », estime-t-elle, afin que l’éloignement géographique ne devienne pas un frein au choix d’une formation.
« Il n’y a pas de fatalisme »
Au terme de son déplacement, Sabrina Roubache dit avoir ressenti une forte énergie chez les jeunes et les équipes éducatives rencontrés. « Il n’y a pas de fatalisme, pas de fatalité. Il n’y a que de l’envie, de l’énergie, de la volonté, de la conviction », affirme-t-elle.
La ministre entend enfin inscrire la Guyane dans une politique plus large de valorisation des Outre-mer, notamment à travers la formation, l’apprentissage et les dispositifs destinés à rapprocher les jeunes des entreprises. Pour elle, la formation professionnelle constitue à la fois « une formation, un métier, un avenir » pour la jeunesse, mais aussi un enjeu pour l’avenir économique du territoire.
Par Radio Télé Péyi Guyane

