ÉCOUTEZ OUTREMERS 360 RADIO

Outremers 360°
Toute l'actualité des Outre-mer à 360°
Guyane : Le chantier de la Centrale Electrique de l'Ouest Guyanais reprend sous haute surveillance

Les travaux du chantier de la future Centrale Électrique de l’Ouest Guyanais (CEOG) ont repris ce mercredi, sous la surveillance d’une cinquantaine de gendarmes, en raison d’une forte opposition au chantier des habitants Kali’na, l’un des six peuples amérindiens de Guyane, du village Prospérité.

Projet initié en 2016, la CEOG représente une première mondiale, la plus grande unité de production d’énergie basée sur un parc photovoltaïque couplé à une unité de stockage d’hydrogène. Le site choisi, au cœur de la forêt équatoriale, a provoqué l’ire des Kali’na, peuple amérindien voisin, qui considère le lieu comme une forêt ancestrale sur lequel il revendique la souveraineté. Les tensions se sont intensifiées, jusqu’à des confrontations avec les forces de l’ordre au mois de mars 2023. 

Après une interruption du chantier de 5 mois, le chantier a finalement repris ce mercredi 16 août, dans un contexte tendu et sous la surveillance d’une cinquantaine de gendarmes, protégeant les abords du site. Le parc photovoltaïque et hydrogène, nécessitant l’abatage de 16 hectares de forêt, permettra à terme d’alimenter 10 000 foyers de l’Ouest Guyanais en énergie, lors de sa mise en service prévue pour 2026.

Cédric Debons, sous-préfet et directeur général de la sécurité, de la réglementation et des contrôles, au micro de nos confrères de Guyane la 1ère, se satisfait du redémarrage du chantier, évoquant son apport pour le territoire et son impact environnemental quasi nul : « On est très heureux de reprendre ce chantier, c’est un nouveau départ pour réussir à finir ce chantier. C’est un projet qui est attendu à la fois par les élus guyanais, mais aussi toute la Guyane pour le développement de la Guyane (…) On va pouvoir atteindre plus facilement l’autonomie énergétique de la Guyane. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’on a besoin uniquement du soleil et de l’eau pour fournir l’électricité. Ce sera donc une électricité qui sera renouvelable, stable et continue, et ça c’est une première mondiale, et la plus grosse installation au monde pour le moment utilisant cette technologie à base d’hydrogène. Une énergie qui est faite de façon naturelle, sans émettre aucun polluant, ni bruit, ni gaz à effet de serre ».

Un projet perçu comme novateur et vertueux, mais pas pour les villageois de Prospérité, situé à quelques kilomètres de là, qui considère cette parcelle de forêt sacrée comme son territoire. Les tensions connues par le passé ont poussé les institutions à devoir mettre en place une sécurité constante sur le site, comme l’explique Henry Hausermann, directeur de la CEOG, au micro de Guyane la 1ère : « Les travaux reprennent aujourd’hui avec un dispositif de protection pour assurer que ça se passe dans de bonnes conditions, pour assurer la sécurité à la fois des biens et des personnes. Le dispositif restera autant que nécessaire et s’adaptera en fonction de l’évolution de la situation ».

Damien Chaillot