Guyane : Face à la « forte augmentation des actes criminels », la sénatrice Phinéra-Horth demande à Élisabeth Borne « d’un plan large de développement et de formation »

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Guyane : Face à la « forte augmentation des actes criminels », la sénatrice Phinéra-Horth demande à Élisabeth Borne « d’un plan large de développement et de formation »

Dans un courrier adressé à la Première ministre, la sénatrice de Guyane Marie-Laure Phinéra-Horth demande « un plan large de développement et de formation » face à la « très forte augmentation des actes criminels » qui touche le territoire, qui compte une « trentaine d’homicides » depuis le début de l’année.

Immigration clandestine, éducation, pour Marie-Laure Phinéra-Horth, la réponse sécuritaire ne suffit plus à endiguer l’insécurité croissante en Guyane. « À chaque recrudescence de crimes et d’agressions violentes, la principale réponse réside dans l’augmentation des effectifs des forces de l’ordre » note-t-elle, mais malgré les « près de 3 000 militaires et gendarmes pour une population de 300 000 habitants « soit un ratio six fois supérieur à celui de la métropole » », le territoire « n’est pas épargné par les épisodes de violence ». 

Pour Marie-Laure Phinéra-Horth, la réponse à l’insécurité en Guyane passe par « un plan large de développement et de formation », dont elle donne quelques lignes. Sur l’immigration clandestine d’abord, et sans vouloir « faire l’amalgame entre insécurité et Immigration », la sénatrice demande « de renforcer les accords de réadmission avec le Brésil et le Surinam, pour ne citer que ces deux pays ». Une mesure qui figure « parmi les 52 propositions émises par la Commission des lois du Sénat dans son rapport de février 2020 ».

« Cette action doit également permettre d’assurer le développement économique et social de la Guyane en privilégiant les revenus du travail sur les transferts sociaux » ajoute-t-elle. « Malheureusement à ce jour, la quasi-totalité des projets visant à offrir un essor économique à ce territoire a été bloquée, n’offrant que très peu de perspectives aux jeunes Guyanais ». 

Autre mesure à mettre en place selon la sénatrice : la « réintroduction du service militaire dans les Outre-mer ». « Le service militaire avait une mission d’éducation, de responsabilisation et de formation et permettait de transmettre les valeurs de la Nation » explique-t-elle. « Il est indéniable que l’arrêt du service militaire en 1997 s’est traduit par un recul du vivre-ensemble et surtout dans les territoires comme la Guyane où de nombreuses communautés vivent les unes à côté des autres » poursuit Marie-Laure Phinéra Horth, affirmant « défendre ce projet prochainement au ministère des Armées ».

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Soulignant « la terrible situation d’insécurité grandissante que connaît en ce moment la Guyane », la sénatrice a rappelé les derniers événements tragiques qui ont secoué le département : « Lundi 29 août, dans la soirée, un homme a été mortellement touché par balles à l’occasion du braquage de son commerce. Deux jours plus tard, trois autres homicides ont été perpétrés. A chaque fois, les assaillants ont fait usage d’armes à feu ». « Depuis le début de cette année, le territoire a connu une trentaine d’homicides, faisant de la Guyane l’un des départements français les plus criminogènes » s’indigne la sénatrice. 

Outre ces homicides, la Guyane a été le théâtre ces dernières semaines d’une « très forte augmentation des actes criminels » : « séquestration, vols à main armée, viols, mais aussi trafic de stupéfiants sans oublier l’orpaillage illégal ». « De surcroît, les réseaux sociaux débordent d’images de jeunes Guyanais exhibant fièrement des armes à feu, ce qui développe un sentiment légitime d’insécurité au sein de la population » ajoute la sénatrice qui conclut : « L’État doit déployer tous les moyens nécessaires pour protéger les Guyanais qui ne peuvent vivre ainsi dans la terreur et la menace permanentes ».

En réaction à la flambée de la violence en Guyane, d'autres élus locaux se sont exprimés sur cette situation. En juin dernier, le sénateur Georges Patient avait déjà adressé une lettre à la Première ministre. Dernièrement, le président de la Collectivité territoriale Gabriel Serville a annoncé la tenue d'Assises de la sécurité fin septembre, tandis que les députés Davy Rimane et Jean-Victor Castor demandent, eux aussi, une réponse au-delà de la répression. Les élus guyanais entendent porter ce sujet à la table des discussions prévues avec Emmanuel Macron le 7 septembre.