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Guadeloupe : le CESER appelle à « sécuriser la population, redonner vie aux activités médicales, économiques et sociales, et établir un nouveau Pacte » pour l’archipel

« Depuis une quinzaine de jours, un certain nombre d’évènements affectent brutalement la société guadeloupéenne notamment aux plans sécuritaire, médical, sanitaire, économique et social », constate le CESER. Dans un communiqué ci-dessous, l'institution appelle à « l’ouverture du dialogue entre toutes les parties prenantes ». 

Ces évènements ont pris des dimensions qui contrarient le quotidien de la population guadeloupéenne, sans distinction entre les catégories socioprofessionnelles et les générations, et résultent de causes profondes telles que l’accès à l’eau potable, le coût de la vie, l’augmentation des prix des carburants, l’extrême précarité, et la fragilité du tissu entrepreneurial local.

Les faits de violence urbaine survenus au cours des nuits du 17 au 19 octobre à Pointe-à-Pitre, aux Abymes et dans de multiples autres secteurs du territoire, amènent le CESER à condamner avec la plus grande fermeté les débordements qui se sont produits et à témoigner sa solidarité aux entrepreneurs et aux salariés qui ont perdu leurs outils de travail et leurs emplois.

Les entraves récurrentes sur le réseau routier demeurent inacceptables, fussent-elles motivées par revendications dont nul ne conteste la réalité. Celles-ci provoquent des pertes de chance médicale pour les personnes nécessitant des soins, des pertes de chiffres d’affaires pour les entreprises et de salaires pour les salariés, et des dépenses supplémentaires de carburants pour les automobilistes.

Le CESER des Îles de Guadeloupe s’est toujours positionné contre le « refus de voir et d’entendre » et contre le « marketing de la peur » ; il réaffirme avec force l’impératif de respect attaché à la liberté de circulation et l’accès aux soins et aux services essentiels, ainsi que la consolidation des initiatives locales et la protection des acteurs locaux.

La crise structurelle de l’eau potable et de l’assainissement en Guadeloupe, mêlant vétusté des infrastructures, pertes massives sur le réseau, scandale financier, impayés, coupures, non-conformité des stations d’épuration et dégradation sanitaire des littoraux, provoquent de l’exaspération ainsi qu’un sentiment de condamnation au sous-développement.

Plusieurs des revendications sont anciennes et ont déjà été l’objet de recherches de solutions aux niveaux local et national. D’autres revendications d’ordre géopolitique dépassent parfois les leviers habituels et appellent à des solutions plus complexes.

La vie en Guadeloupe est fortement caractérisée par le phénomène de vie chère, à savoir le fait que les charges et les dépenses courantes pèsent davantage qu’en France hexagonale, alors que les revenus ne compensent pas toujours ces écarts. Des augmentations telles que celles du carburant se présentent donc comme des facteurs aggravants.

La fragilisation du tissu entrepreneurial (radiations, liquidations, redressements judiciaires) à l’origine d’un manque de visibilité et de perspectives de développement économique, s’ajoute au nombre des difficultés qui appellent des décisions urgentes de la part des responsables locaux et nationaux.

Le CESER s’est fortement investi sur la problématique des délais de paiement dont la réalité menace la survie d’entreprises guadeloupéennes et dont la persistance alimente une défiance envers les institutions en posant la question de l’efficacité des réponses apportées. Sur ce point, la signature et la mise en mouvement d’une Charte de la commande publique se présente comme une des principales pistes de solution. 

Recommandations

Afin de rétablir une vie sociale normale, revenir à un climat d’apaisement et rebâtir la confiance qui est le socle du vivre ensemble, le CESER est pleinement favorable à l’ouverture du dialogue entre toutes les parties prenantes (responsables politiques, organisations économiques et sociales, représentants des consortiums et groupes respectueux des règles du dialogue).

Trois exigences apparaissent prioritaires :

- AGIR ET PROTÉGER — Sécuriser les déplacements ; accompagner sans délai les salariés et les entreprises touchés ; accélérer le rythme du règlement des factures par les donneurs d’ordres publics.

- ÉCOUTER ET APAISER — Utiliser toutes les voies et moyens pour redonner du pouvoir d’achat aux ménages les plus précaires ; redonner un maximum de transparence sur la formation des prix et en particulier des carburants ; accélérer les investissements dans le domaine de l’eau potable.

- REBÂTIR LA CONFIANCE — Rétablir et faire respecter toutes les formes d’autorités (parentales, éducatives, politiques, judiciaires, religieuses...) autour d’un nouveau Pacte dont la première finalité consisterait à lutter contre la violence, redonner le sens du pays, garantir l’égalité des chances et la justice sociale.

Le CESER et son engagement dans la démocratie territoriale

Le CESER manifeste la volonté de prendre toute sa place dans les actions qui contribueront à la résolution de cette crise et au rétablissement de la cohésion dans la société guadeloupéenne.