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Guadeloupe: huit salariés d'EDF condamnés de 12 à 18 mois pour le "black-out" de 2024
© RCI Guadeloupe

Huit salariés d'EDF ont été condamnés jeudi par le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre à des peines allant jusqu'à 18 mois de prison, dont une partie avec sursis, pour la coupure électrique généralisée d'octobre 2024 en Guadeloupe, a indiqué la cour d'appel de Basse-Terre dans un communiqué.

Quatorze personnes avaient été jugées en juin 2026 pour association de malfaiteurs et mise en danger de la vie d'autrui dans cette affaire dite du "black-out". Au total, huit salariés ont été condamnés et six relaxes ont été prononcées.

Parmi les condamnés figure Nathanaël Verin, l'un des leaders syndicaux. Deux salariés écopent de 18 mois de prison dont dix mois de sursis probatoire, la partie ferme étant «aménagée sous forme de détention à domicile sous surveillance électronique», précise la cour d'appel. Ils ont également interdiction d'exercer leur métier durant trois ans.

Six autres personnes ont été condamnées à 12 mois de prison avec sursis et 6.000 euros d'amende.

«L'ensemble des peines prononcées a été assorti de l'exécution provisoire», indique la juridiction.

Par ailleurs, «le tribunal a fait droit à la plupart des demandes des parties civiles», renvoyant l'affaire à une audience prévue en janvier pour "statuer sur le préjudice subi, notamment par EDF".

«Nous prenons acte de la décision du tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre», a réagi EDF.

Cette coupure «a fortement impacté les habitants et les acteurs économiques du territoire», a ajouté le groupe. Il a assuré avoir «mobilisé toutes ses ressources humaines et matérielles» dès les premières heures pour remettre en service la centrale de Jarry et rétablir progressivement l'alimentation des clients.

En octobre 2024, un conflit social chez EDF-PEI, filiale du groupe public dédiée à la production d'électricité insulaire, avait occasionné des délestages dans l'archipel. Le matin du 24 octobre, la centrale avait été brutalement arrêtée, créant «une coupure généralisée qui avait duré jusqu'à 39 heures sur l'ensemble du département», rappelle le communiqué.

La mise à l'arrêt des systèmes électriques avait eu de lourdes conséquences: pillages, pertes économiques, interruption de l'eau potable et des télécommunications, et complications pour les soins médicaux.

Lors du procès, les salariés avaient reconnu «appartenir à un mouvement social» mais contesté être responsables de la coupure.

Leurs avocats avaient dénoncé la «criminalisation de l'activité syndicale».

Le 5 octobre, la CGT Guadeloupe avait pointé dans un courrier au préfet «l'absence d'explication technique» quant à «l'incapacité du système électrique d'absorber cette perte de production (...) ou d'empêcher l'effondrement général du réseau».

Les salariés d'EDF ont fait appel de leur condamnation.

Avec AFP