Après une carrière consacrée à la connaissance et à la protection des milieux aquatiques, notamment en Martinique, Gaëlle Hiélard a rejoint l'Ifremer début septembre comme déléguée aux Antilles et responsable de l'unité « Biodiversité et environnement de La Martinique ». Cette ingénieure travaille depuis quinze ans sur les enjeux environnementaux de la Caraïbe avec les acteurs régionaux.
De la Normandie à la Martinique, en passant par les Agences de l'eau et des projets de coopération internationale, le parcours de Gaëlle Hiélard est étroitement lié à la connaissance et à la préservation des milieux aquatiques. Elle rejoint l'Ifremer avec une double responsabilité : accompagner les équipes de la station de Martinique et développer les activités scientifiques de l'Institut dans les Antilles.
Ingénieure diplômée de l'Institut national polytechnique, Gaëlle Hiélard a débuté sa carrière à l'Ifremer il y a trente ans, comme technicienne à la station de Port-en-Bessin, en Normandie. Après une expérience dans un centre de recherche d'EDF en centrale nucléaire, elle a consacré l'essentiel de sa carrière aux Agences de l'eau Seine-Normandie puis Adour-Garonne.
Elle y a travaillé sur la connaissance des écosystèmes aquatiques et la surveillance des milieux, notamment sur les réseaux de suivi biologique et chimique des rivières et des eaux souterraines, ainsi que sur la surveillance écologique des lacs du Grand Sud-Ouest français.
En 2012, elle s'installe en Martinique pour rejoindre l'Office de l'eau, où elle est chargée des politiques de l'eau et de la coopération régionale. Elle y développe de nombreux partenariats avec les acteurs locaux, notamment avec l'Ifremer. Elle a également consacré une partie de sa carrière à des projets de coopération internationale, au Mali, en Haïti et dans plusieurs pays de la Caraïbe.
Gaëlle Hiélard explique : « Ma connaissance des Antilles et de leurs enjeux écologiques m'a naturellement amenée à considérer la recherche appliquée comme un levier d'aide à la décision. L'expertise de l'Ifremer est attendue sur de nombreux dossiers et je suis très fière de pouvoir y participer ».
Dans ses nouvelles fonctions de déléguée de l'Ifremer aux Antilles, elle est chargée du fonctionnement de la station du Robert. Elle accorde de l'importance aux programmes qui répondent aux problématiques locales, comme la contamination par la chlordécone, mais aussi régionales, comme l'impact des sargasses. Elle développera les relations avec les partenaires caribéens, que ce soit dans le domaine de la recherche océanographique, de l'accompagnement d'une pêche durable dans un contexte difficile ou de l'appui aux politiques publiques de protection de la mer par la connaissance. Elle représente l'Ifremer dans les instances institutionnelles locales et régionales.
À la tête de l'unité Biodiversité et environnement de La Martinique, elle aura pour mission de mobiliser les moyens humains, logistiques et financiers nécessaires au déploiement de l'expertise de l'Ifremer en Martinique, en Guadeloupe, à Saint-Martin, à Saint-Barthélemy et dans le grand arc antillais.
Selon l'Ifremer, l'un des enjeux de sa mission consiste à renforcer l'ancrage territorial de l'Institut pour répondre au plus près aux préoccupations des Antillais pour la mer, et à redonner de la visibilité à l'action de l'Ifremer dans la Caraïbe, en s'appuyant sur une bonne compréhension des attentes et des enjeux locaux.
Parmi les dossiers qui l'attendent figure notamment le transfert à la Collectivité territoriale de Martinique de l'activité aquacole que l'Institut a développée il y a plus de 40 ans, avec l'objectif d'accompagner la pérennité de la filière de production du loup des Caraïbes.
Le développement de nouveaux projets de recherche constitue également une priorité, en lien avec les enjeux environnementaux actuels, et plus particulièrement l'impact du dérèglement climatique sur la ressource nourricière de la mer. L'équipe, qui doit prochainement être renforcée, travaillera au développement de nouveaux partenariats scientifiques dans la Caraïbe, la coopération dans la zone étant présentée par l'Institut comme une nécessité pour s'adapter.

