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Enfants dits de la Creuse : Rencontre des victimes à Saint-Herblain dans une région symbole de l’exil forcé des enfants réunionnais
© Fédération des enfants déracinés des DROM

Un certain nombre de victimes parmi les enfants dits de la Creuse venues de l’Hexagone et de La Réunion se réuniront le 19 août au lycée agricole Jules Rieffel à Saint-Herblain dans la Loire-Atlantique, une région symbole de l’exil forcé des enfants réunionnais. Un moment de partage auquel mettra à profit la FEDD pour tenir son assemblée générale annuelle.

Certains préfèrent parler d’exil forcé, de migration de peuplement, de déplacements forcés ou de transplantation, d’autres utilisent carrément les termes de rafle ou de déportation. Il n’en demeure pas moins que de 1962 à 1984 plus de 2 000 enfants réunionnais se sont vus arrachés à leur terre et à leur histoire pour être envoyés dans la quasi-totalité des départements français de l’Hexagone (83 exactement). Si on parle improprement aujourd’hui d’enfants de la Creuse, c’est parce que cette région peu peuplée est celle qui a accueilli le plus d’enfants déracinés. Une situation qui a perduré pendant 22 ans.

Un sujet tabou pendant des années car s’apparentant à un scandale d’Etat quand on sait que la décision d’exiler ces enfants a été prise au plus haut niveau de l’Etat dans une logique démographique. Parmi ces plus de 2 000 enfants, nombre d’entre eux ont été recueillis par des familles qui voyaient en eux une main d’œuvre gratuite, docile et corvéable à merci. Beaucoup ont subi violences, maltraitance voire des agressions sexuelles.

Lire aussi : Les ex-mineurs Réunionnais dits de la Creuse, un lieu de mémoire et protection de l'enfance sur le plan national et européen au menu d'une rencontre avec le Secrétariat de la protection de l'enfance

Un nécessaire devoir de mémoire et de réparation financière

Si aujourd’hui l’Etat, après l’Assemblée nationale en 2014, a reconnu sa « responsabilité morale », d’autres revendications en forme de « justice restauratrice » pour employer la formule de Nietzsche comme l’intégration de ce pan de l’histoire de France dans les manuels scolaires et les travaux de recherche ou un lieu mémoriel, tardent encore à être satisfaites.

Lire aussi : La Réunion: 47 "enfants de la Creuse" retrouvent leur terre natale

C’est pour faire accélérer ces revendications, rappeler cette mémoire défaillante sur cette page sombre de l’histoire de France pour qu’elle ne tombe pas dans l’oubli, bref évoquer le nécessaire devoir de mémoire et de réparation financière pour permettre la reconstruction que la Fédération des Enfants Déracinés des départements et régions d’outre-mer (FEDD) a été créée. Une association qui organise tout au long de l’année des actions et des évènements afin que ce souvenir quoique douloureux reste vivace dans les mémoires collectives et puisse se transmettre à travers les générations.

La Loire Atlantique, région symbole de l’exil forcé des enfants réunionnais

Ainsi, une rencontre avec un certain nombre de victimes venues de l’Hexagone et de La Réunion aura lieu le 19 août prochain au lycée agricole « Jules Rieffel » à Saint-Herblain, dans la Loire Atlantique, une région symbole de l’exil forcé des enfants réunionnais. Est prévue également une visite du foyer « Les Buissonnets », un lieu tristement célèbre où a notamment séjourné Daisy Jamain, dont l’histoire est symptomatique des souffrances psychologiques et physiques endurées par les enfants de la Creuse.  Daisy Jamain a retrouvé sa sœur 55 ans après grâce à un incroyable concours de circonstances et à la médiatisation de son histoire.

A l’occasion de ce moment de partage et de cette rencontre, la FEDD en profitera pour tenir son assemblée générale annuelle avec un ordre du jour très chargé tant les questions sans réponses restent encore nombreuses. Une assemblée générale, prélude à un certain nombre d’évènements à venir et sur lesquels nous reviendrons en temps et en heure.  

E.B.