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« En toute intimité avec... France Zobda » : « Je suis en souffrance de voir tous ces jeunes qui sont accros aux réseaux sociaux »

Outremers360 vous présente « En toute intimité », un rendez-vous au plus près des personnalités et de leur histoire. Pour ce nouvel épisode avec France Zobda, l'actrice et productrice martiniquaise, au micro de Sohée, nous parle de la beauté, du regard des hommes et de celui des autres, comme autant de dangers dont elle a su se préserver au fil du temps, mais aussi du deuil et de la diversité.

« La beauté pour moi est totalement subjective. La beauté n'a jamais été pour moi quelque chose dont je me suis servi pour obtenir des choses » confie France Zobda qui, petite fille, regrettait déjà de ne pas être remarquée autrement que par sa beauté. « France, tu n'auras pas ce que tu veux entendre, parce que ce que tu transmets, c'est d'abord ce que les gens regardent » lui dit son père. « Il faudra que tu t'y fasse ».

France Zobda raconte alors avoir trouver des subterfuges, des vêtements amples, pour « qu'on voit autre chose ». « A un moment donné, je me suis dis « qu'est-ce que t'en as à faire ? » ». Et c'est au moment où elle arrive à dépasser l'apparence qu'en face, le regard des autres, a dépassé celui de l'apparence.

Dans le milieu particulièrement masculin du cinéma, France Zobda a su « se faire respecter parce que je me suis imposée » mais aussi parce qu'elle a aussi « eu la chance de rencontrer beaucoup d'hommes au féminin, des hommes qui avaient des les deux facettes », mais aussi des « femmes au masculin ».

« Je vis avec un homme qui est très au féminin, qui va me laisser exister en tant que femme parce qu'il estime que j'ai ma place. Mon père est un homme au féminin qui laisse exister ma maman. On me dit « oui mais elle porte la culotte ». D'accord mais elle la porte si bien ». Quant aux « sagouins » : « j'ai su les remettre à leur place parce que j'avais les mots qu'il fallait ».

France Zobda se confie aussi sur ses deuils, notamment celui de sa grand-mère. « Quand ma grand-mère est partie, je me suis toujours dit que je partirais par derrière, tellement je ne pouvais pas supporter. Mais le jour où elle est partie, c'était plus léger que je le pensais parce qu'elle m'avait préparé. Elle m'a passé le témoin ».

L'actrice embrasse pleinement sa terre de Martinique, « c'est l'endroit où je me ressource le mieux ». « On a la chance d'avoir une terre qui nous parle. Quand on est ancré dans cette terre, on ressent plein de choses ». France Zobda n'oublie ses racines « qui viennent de toute cette Caraïbe », jusqu'à la Guyane et jusqu'au confins de la France hexagonale, de la La Forêt-Noire (Schwarzwald) à l'est, à l'Ardèche au pied des Alpes. « C'est cette multiplicité de cultures, de destinations qui nous permettent de nous enrichir tous les jours ».

Face au monde actuel, l'actrice nous parle de ses craintes à l’égard des réseaux sociaux. « Je me suis protégée plus qu'il n'en faut parce que j'ai su garder les réseaux sociaux pour le travail ». « Je suis en souffrance de voir tous ces jeunes qui sont accros aux réseaux sociaux et finissent par en souffrir », dit-elle, pointant du doigt à la fois l'apparence et les filtres, le harcèlement et les « experts en tout ». « Est-ce qu'on a vraiment besoin de ça pour avancer ? ».

Ce qui la rend heureuse aujourd’hui et lui procure une paix intérieure dont elle seule a le secret, « c'est de pouvoir donner du bonheur aux autres. Garder égoïstement les choses ne m'intéresse pas. Je transmets, je partage ». « C'est important de s'élever en phase avec soi-même, pour qu'il soit difficile pour quelqu'un d'arriver et démolir tout ça. Il faut que chaque pierre ait une assise solide. »

Retrouvez nos précédents épisodes « En toute intimité » ici