Dans les DROM, on décède plus à cause des températures froides que chaudes, affirme Santé Publique France

Vue de Mayotte sous la brume  ©Outremers 360

Dans les DROM, on décède plus à cause des températures froides que chaudes, affirme Santé Publique France

Durant le mois d’avril, Santé Publique France (SPF) a publié un rapport sur « l’estimation de la mortalité attribuable à la température dans les départements et régions d’Outre-mer » (DROM). La température (chaude ou froide) constitue un déterminant majeur de la santé dans ces territoires, et son impact pourrait s’accentuer avec la progression du dérèglement climatique. L’adaptation pourrait s’appuyer à la fois sur un système d’alerte et sur des actions de prévention ciblant les épisodes les plus extrêmes, ainsi que sur des mesures structurelles visant à améliorer l’état de santé général de la population, les conditions de logement, à réduire les expositions et à faciliter l’accès aux soins.

Le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique fait de l’adaptation à la hausse des températures une priorité pour les départements et régions d’Outre-mer (DROM), afin de protéger la santé des populations. Dans ce contexte, ce rapport, rédigé sur la période 2014-2022) analyse l’impact des températures sur la mortalité dans les DROM (Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Martinique et Mayotte), afin d’évaluer les niveaux de risque, de mesurer les effets observés et de soutenir l’élaboration des politiques d’adaptation.

En ce qui concerne les indicateurs météorologiques, les températures présentent des amplitudes saisonnières peu marquées. « En moyenne les températures sont plus élevées à Mayotte et en Guyanetrès proches à la Guadeloupe et en Martinique, et légèrement plus faibles à La Réunion. L’humidité journalière est en moyenne plus élevée en Guyane, similaire en Guadeloupe et en Martinique, et légèrement plus faible à Mayotte et à La Réunion », constate le rapport.

L’étude porte sur 125 370 décès, toutes causes confondues, enregistrés entre 2014 et 2022. Les effectifs les plus élevés sont observés à La Réunion, tandis que Mayotte présente les nombres les plus faibles. La répartition des décès selon l’âge et le sexe varie fortement d’un DROM à l’autre. En Martinique et en Guadeloupe, les 15-64 ans représentaient respectivement 19% et 23% des décès. À La Réunion, cette tranche d’âge comptait pour 30% des décès, et en Guyane comme à Mayotte pour 50% et 54%.

Dans l’ensemble des DROM, les hommes représentaient plus de la moitié des décès tous âges confondus (de 51% en Martinique à 59% en Guyane). Ils constituaient également environ 60% des décès parmi les 15-64 ans (de 55% à Mayotte à 66% en Guadeloupe), et près de 50% des décès chez les 65 ans et plus (de 49% à La Réunion à 53% en Guyane).

Pour les résultats par DROM, « sur l’ensemble de la période 2014-2022, dans l’ensemble des DROM, 2299 décès environ sont attribuables aux températures observées les jours froids (soit les températures maximales journalières inférieures à la médiane), ce qui représente 1,8% de la mortalité totale », souligne SPF. Parmi l’ensemble des décès recensés, 245 sont attribués aux températures enregistrées lors des journées très froides.

La Réunion concentre l’essentiel de cet impact, avec environ 1326 décès liés à la température, soit 2,9% de la mortalité totale. Les personnes de 65 ans et plus sont majoritairement touchées, même si les contributions relatives à la mortalité restent globalement comparables entre classes d’âge. En Guadeloupe, l’effet des températures froides est plus limité, ce qui reflète des risques relatifs plus faibles et souvent non significatifs pour une large part des températures situées en dessous de la médiane.

Enfin, sur la période 2014-2022, on estime qu’environ 1805 décès dans l’ensemble des DROM sont liés aux températures élevées observées les jours chauds (c’est-à-dire lorsque les températures maximales dépassent la médiane), soit 1,4% de la mortalité totale. Parmi eux, 200 décès sont spécifiquement attribuables aux journées très chaudes. Les personnes âgées de 65 ans et plus concentrent la majeure partie de ces impacts, à l’exception de Mayotte où les effets sont répartis de manière plus équilibrée entre les classes d’âge. Les impacts les plus élevés sont observés en Guadeloupe chez les 65 ans et plus, avec 1023 décès, soit 4,2% de cette population. Ces niveaux plus importants s’expliquent par des risques relatifs légèrement plus élevés dans ce territoire.

PM