Après les blocages qui ont paralysé mercredi 14 octobre plusieurs axes de Guadeloupe, notamment les accès à Jarry, le préfet Thierry Devimeux a affiché une ligne ferme. Il refuse de recevoir le collectif « Nou Las Palé », tandis que celui-ci dénonce la « répression » et appelle à une mobilisation sur l’ensemble du territoire. Détails avec notre partenaire RCI Guadeloupe.
Mercredi matin, plusieurs barrages avaient été installés sur le réseau routier. À Jarry, du tuf et des gravats avaient notamment été déversés sur la chaussée, rendant plusieurs accès à la zone industrielle difficiles voire impossibles.
Des engins lourds ont été réquisitionnés par l’État afin de dégager les routes. La préfet de Guadeloupe, Thierry Devimeux affiche une ligne ferme. « On ne peut pas accepter qu’une minorité de personnes bloque l’économie de la Guadeloupe ».
Pour le représentant de l’État, l’objectif est de permettre à l’activité économique de reprendre et de garantir la liberté de circulation. « Ce sont des engins que j’ai réquisitionnés et qui dégagent les routes pour permettre à l’économie guadeloupéenne […] de fonctionner. »
Désaccord sur la présence d’amiante dans les gravats
Le préfet a également affirmé que certains matériaux déposés sur la chaussée étaient des déchets amiantés, qualifiant leur utilisation d’« acte grave » susceptible d’être relevé par les forces de l’ordre.
Cette affirmation est contestée par le collectif « Nou Las Palé », qui dément la présence d’amiante dans les gravats utilisés pour les barrages.
Le préfet ne veut pas recevoir le collectif
Thierry Devimeux a par ailleurs clairement écarté, à ce stade, toute rencontre avec « Nou Las Palé ». « Je ne reconnais pas la légitimité de ce collectif. »
Le préfet affirme travailler depuis plusieurs semaines avec les organisations qu’il considère comme représentatives des différentes filières concernées. « Je n’ai aucune raison de recevoir ce collectif parce que les sujets qu’il porte, je les travaille déjà depuis plusieurs semaines avec les organisations représentatives. »
Des tensions au moment du déblayage
Après une période relativement calme en fin d’après-midi, la situation s’est de nouveau tendue au début de la soirée.
Des membres du collectif ont tenté de s’opposer aux opérations de déblayage et certains sont montés sur les engins mobilisés pour dégager la chaussée.
Un nouveau barrage a ensuite été établi de l’autre côté du rond-point qui venait d’être libéré. Des débris de verre et des flammes ont été constatés sur la chaussée, suscitant également la colère de plusieurs automobilistes.
« La seule réponse du préfet, c’est la répression »
Le collectif « Nou Las Palé » a rapidement réagi à la position du préfet. Rudy Teissier, membre du collectif, rappelle qu’une lettre ouverte lui avait été adressée quinze jours auparavant. « La seule réponse du préfet, c’est la répression. »
Le collectif appelle désormais ses soutiens à se mobiliser plus largement.« Nous demandons à tout le monde de s’organiser sur tout le territoire. »
Par RCI Guadeloupe

