Des barrages enflammés contre la vie chère ont été érigés en Martinique et 50 personnes ont été interpellées sur l'île ainsi qu'en Guadeloupe lors de heurts dans la nuit de dimanche à lundi, selon et les autorités. .
En Martinique, des entraves à la circulation ont été installées dès dimanche soir sur la route nationale 5 (RN5), un axe du sud de l'île, avant une mobilisation prévue lundi à l'appel du Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens (RPPRAC), a constaté l'AFP. Les gendarmes sont intervenus au cours de la nuit à Sainte-Luce et Rivière-Salée (sud), ont indiqué les forces de l'ordre.
Lundi matin, d'autres barrages ont été constatés par l'AFP dans le nord et le centre de ce territoire ultramarin.
À Fort-de-France, le chef-lieu, le quartier de Sainte-Thérèse fait l'objet d'un «blocage conséquent», observé par des journalistes de l'AFP. «On ira jusqu'au bout. Ils ne nous ont pas donné le choix», a assuré Rodrigue Petitot, président du RPPRAC, dans une vidéo diffusée sur TikTok depuis son fief de Canal Alaric, visionnée par l'AFP.
Face aux blocages, les gendarmes mobiles, avec l'aide d'un blindé, ont entamé le dégagement du boulevard Maurice Bishop, une artère du quartier.
À la suite de l'intervention des gendarmes, des barrages ont été «retirés sur les axes principaux» vers 09h00, a annoncé la préfecture de la Martinique. Au total, «plus d'une vingtaine de barrages» ont été recensés et «six individus ont été interpellés», a-t-elle déclaré. Deux commerces ont été «saccagés» au Robert et à Saint-Pierre, et cinq vols à main armée signalés, a ajouté le préfet.
Dans l'archipel voisin de la Guadeloupe, la nuit a été marquée par «plusieurs tentatives de barrages et jets de projectiles», selon un communiqué de la préfecture.
Au total, 44 personnes y ont été interpellées, dont «plus de la moitié de personnes mineures». Des pillages ont été constatés par la police aux Abymes, commune limitrophe de Pointe-à-Pitre, a précisé la représentation de l'État.
Le sénateur de Guadeloupe Victorin Lurel a estimé que «les exactions, les pillages, les dégradations matérielles et surtout les atteintes physiques aux personnes» étaient «intolérables et inexcusables».
L'élu a appelé l'État au dialogue, ajoutant que «des réponses politiques devront également être apportées à la détresse exprimée par la jeunesse».
Le centre-ville de Pointe-à-Pitre, la capitale économique, n'a connu «aucun trouble grave» et la circulation est redevenue "normale" dès 06H30, ont ajouté les autorités.
Le préfet Thierry Devimeux avait instauré pour la nuit de dimanche à lundi un couvre-feu pour les mineurs à Pointe-à-Pitre et aux Abymes.
Cette mesure faisait suite à des violences urbaines au cours desquelles trois policiers ont été blessés par balles, selon la préfecture.
Avec AFP

