Interrogé ce mercredi par le sénateur Philippe Folliot (Centristes) lors des questions au gouvernement, le ministre des Outre-mer a une nouvelle fois rappelé que les résultats du 3ème référendum d’indépendance en Nouvelle-Calédonie « s’imposeront juridiquement à toutes et à tous », malgré l’appel à la non-participation lancé par le camp indépendantiste, en opposition à la date du 12 décembre.
« Personne n’est propriétaire des voix des uns et des autres et donc nous devons appeler à une participation massive » a déclaré Sébastien Lecornu devant le Sénat. Interrogé sur les « initiatives » à prendre au lendemain du scrutin, le ministre des Outre-mer a assuré qu’il serait « amené dès le 13 au matin à (se) prononcer, sous l’autorité du Premier ministre, pour redire les engagements » du gouvernement, pris le 1er juin à Paris.
Sébastien Lecornu évoque notamment la « période de transition qui devrait permettre de sortir d’un binaire dans lequel nous nous sommes enfermés depuis trop longtemps et sortir d’un statu quo que personne ne veut ». Cette période de transition, prévue jusqu’en juin 2023, doit aboutir à un référendum de projet en cohérence avec les résultats du 3ème référendum d’indépendance prévu par l’accord de Nouméa.
Le ministre a aussi évoqué les différents « thèmes qui vont s’imposer à nous, le gouvernement mais aussi le parlement ». En premier lieu, « les questions de finances locales qui sont particulièrement délicates au moment où je vous parle en Nouvelle-Calédonie », a souligné le ministre, rappelant que le budget 2021 de la Collectivité a été confié au représentant de l’État dans l’archipel, alors que les membres indépendantistes du gouvernement ne s’étaient pas mis d’accord sur un président permettant l’entrée en plein exercice cette institution collégiale.
Sébastien Lecornu a aussi rappelé que lors de l’examen de la loi de Finances, « des autorisations de garanties nouvelles ont été données pour accompagner le territoire ». « Si le temps passe, les difficultés ne se règlent pas. Le parlement sera amené à se prononcer sur des instruments de solution car le mur à passer est très complexe ».
« Le deuxième éléphant dans la pièce, c’est le nickel », a poursuivi le ministre. Quelques mois seulement après la finalisation de la vente houleuse de l’usine du Sud, « la question du nickel va de nouveau être un préalable important à la suite des discussions institutionnelles ». En effet, « Glencore a annoncé au mois de juin qu’il se laissait la possibilité de rester ou de quitter la Nouvelle-Calédonie ». L’industriel suisse est l’opérateur de l’usine du Nord, « un des instruments du rééquilibrage de l’accord de Nouméa » mais qui peine à trouver le chemin de la rentabilité.
Le ministre a aussi évoqué, entre autres sujets qui devraient être au cœur des discussions post-référendum, les « opportunités économiques, les défis sociaux, (…) les attentes profondes de la population, la jeunesse, le foncier, l’égalité hommes-femmes ».























