La Polynésie française pourra maintenir ses aides liées à la crise jusqu'en « août, septembre : après on est ruinés », a déclaré son président Édouard Fritch, lors d'un point presse au côté du représentant de l'État mardi à Papeete.
« Si nous n'ouvrons pas rapidement, nous sommes morts. Financièrement, c'est très compliqué », a-t-il poursuivi. Le seul espoir du territoire réside dans la reprise du tourisme - moteur de l'économie locale - et donc des vols internationaux.
A partir du 9 juin, les touristes de France hexagonale vaccinés pourront voyager en Polynésie sans motif impérieux, à condition de présenter un test négatif réalisé trois jours avant leur départ, et de se soumettre à d'autres tests à leur arrivée. Dans le cas contraire, ils devront présenter un motif impérieux de déplacement, et seront placés en quarantaine pendant dix jours.
Si l’annonce du gouvernement avait réjoui les professionnels locaux du tourisme, plusieurs interrogations subsistaient, notamment sur le traitement des mineurs puisque le vaccin ne s’applique pas aux moins de 18 ans dans l’Hexagone, et aux moins de 16 ans en Polynésie. « Un mineur ne peut être séparé de son responsable légal et en tout logique, la dispense de motif impérieux applicable à un majeur vacciné devrait vraisemblablement entraîner le déplacement lié du mineur » qui l’accompagne, a expliqué le représentant de l’État, Dominique Sorain.
Toutefois, les enfants devront effectuer une quarantaine avec au moins un de leurs représentants légaux, à domicile (si cette possibilité est validée par les autorités) ou en site dédié, précisent nos partenaires de Radio 1 Tahiti.
Le 1er mai, la Polynésie française avait rouvert ses frontières aux visiteurs américains, et le retour de ces touristes n'avait pas déclenché de flambée épidémique. Après un pic fin 202O, le taux d'incidence du Covid-19 reste faible depuis plusieurs mois dans le pays, à 10 pour 100 000 habitants. La collectivité ne déplore qu'un décès lié au coronavirus au cours des deux derniers mois.
Mais la campagne de vaccination peine à séduire les jeunes. Bien qu'elle soit ouverte sans prérequis à tous les adultes, seuls 15% des 18-59 ans sont vaccinés en Polynésie. Les plus de 75 ans, eux, sont vaccinés à hauteur de 65%. Le taux de vaccination est par ailleurs très variable selon les archipels : 36% des Marquisiens sont vaccinés, contre seulement 13% des habitants des Tuamotu, où les nombreux atolls sont plus difficiles d'accès.
Couvre-feu maintenu
Le gouvernement et l’État ont donc annoncé une mission « inédite » en Outre-mer avec la mobilisation des moyens de l’armée et des hôpitaux pour vacciner les populations de 23 atolls isolés des Tuamotu, soit potentiellement plus de 3 000 personnes.
« L'état sanitaire s'améliore, le calme est revenu dans le pays », s'est félicité Édouard Fritch, qui a tout de même souhaité maintenir le couvre-feu dans les conditions actuelles, affirmant « qu'une grande partie de la population polynésienne (...) le désire ». Surtout réclamée par les maires, cette mesure ne semble pas faire l’unanimité dans l’opinion et ne séduit pas davantage les restaurateurs.
Le haut-commissaire a néanmoins rappelé une évidence : le couvre-feu est une « atteinte aux libertés » et « un système tout à fait exceptionnel ». Malgré son « efficacité » en Polynésie ou ailleurs, il n’y aura d’ici quelques semaines « plus de raison de mettre en place un couvre-feu pour des raisons sanitaires », indique encore Radio 1 Tahiti.
Avec Radio 1 Tahiti et AFP.























