Levée des motifs impérieux : « Surprise » et « soulagement » en Polynésie

Levée des motifs impérieux : « Surprise » et « soulagement » en Polynésie

Le ministère des Outre-mer a confirmé la suppression des motifs impérieux entre l’Hexagone et le Fenua pour les personnes vaccinées à compter du 9 juin. Une décision qui a « soulagé » et qui a « surpris », dans le milieu économique et médical, après la pression mise par le ministre de l’Outre-mer Sébastien Lecornu pour atteindre 70% de personnes vaccinées avant la réouverture des frontières. Un sujet de notre partenaire Radio 1 Tahiti. 

C’est le soulagement. Tous sont satisfaits de cette annonce du ministère des Outre-mer de lever les motifs impérieux entre la Polynésie française et l’Hexagone pour les personnes vaccinées à partir du 9 juin. « Je sais l’engagement du Pays pour amplifier la campagne de vaccination. C’est pourquoi, nous avons décidé, après échange avec le président Édouard Fritch, de lever les motifs impérieux entre l’Hexagone et l’archipel, et d’alléger les mesures d’isolement, pour les personnes vaccinées à partir du 9 juin », a expliqué le ministre des Outre-mer dans un communiqué envoyé ce mercredi aux rédactions.

Air Tahiti Nui promet d’être réactif

Du côté des patrons, du tourisme, des transports aériens, du syndicat des médecins libéraux : c’est une bonne surprise. Michel Monvoisin, P-dg d’Air Tahiti Nui, espère pouvoir ainsi voir la haute saison « sauvée ». D’autant que l’annonce tombe au bon moment car Tahiti Tourisme tient le premier ParauParau Tahiti virtuel avec les professionnels du tourisme jusqu’à vendredi. Une date pourra donc être officiellement annoncée.

Concernant les conditions et tout ce qu’il faudra mettre en place pour accueillir les visiteurs, Michel Monvoisin assure que la compagnie a appris à être réactive donc le sera : « En fonction des protocoles, on s’adaptera et on les appliquera au mieux. L’important est de remplir les avions, les hôtels, les pensions et redonner du travail à toute l’industrie touristique qui n’attend que ça ». 

Olivier Kressmann, vice-président du Medef, est également soulagé de cette décision, mais il reste encore des questions en suspens. Celle des enfants qui ne peuvent pas encore se faire vacciner, en Europe comme en Polynésie. Et celle des motifs impérieux pour les États-Unis, maintenus malgré l’acceptation des motifs économiques (tourisme, voyage), et qui amène une « lourdeur terrible » sur les préparations de voyage.

« Couac de la communication »

Pour le Dr Didier Bondoux, c’est d’abord une bonne nouvelle, mais surtout une surprise après les annonces du ministre de l’Outre-mer. Le président du syndicat des médecins libéraux avait même adressé un courrier au ministre des Outre-mer, estimant que les restrictions de voyage vers l’Hexagone s’apparentaient à un « maintien à résidence forcée des Polynésiens, discriminatoire et injuste ». Le Dr Bondoux parle même de « couac de la communication » sur ce revirement de situation. Pour le vice-président du Medef, si le ministre des Outre-mer a beaucoup insisté sur la vaccination, c’est qu’il faisait part « d’une déception ». Ce n’est donc pas forcément contradictoire avec la décision annoncée ce mercredi.

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« Nous saluons cette avancée, mais le 9 juin est loin, certaines difficultés demeurent et les conditions de ce communiqué doivent être précisées, car les imprécisions ne permettent pas aux agences de voyage de finaliser les réservations de nos clients », a écrit un collectif d’acteurs du tourisme rassemblant agences de voyage, prestataires, hôteliers et même constructeurs nautiques. Le collectif liste plusieurs requêtes portant notamment sur la précision des conditions de voyage, demande la suppression du motif impérieux au départ des États-Unis et de lever des interdictions touchant des navires. 

Au gouvernement local, il demande « le maintien des dispositifs DiESE et DESETI après le 30 juin, car la réouverture partielle de nos frontières, aux seuls vaccinés et immunisés, avec de surcroît une couverture vaccinale qui, même si elle progresse, demeure limitée dans les pays émetteurs, ne permettra pas d’envisager un retour au plein-emploi avant plusieurs mois ».

Crainte d’une nouvelle vague

Christophe Plée, président de la CPME, prévient qu’il faudra que la structure sanitaire soit opérationnelle pour accueillir les visiteurs. « C’est une bonne nouvelle et un grand chamboulement… ». Mais il s’inquiète aussi d’une possible énième vague. Mais le Dr Bondoux pense que les conditions sont réunies pour qu’il n’y en ait pas : « Même si le risque zéro n’existe pas, on a de grandes garanties d’éviter une nouvelle vague ».

Enfin, Frédéric Duponchel qui avait lancé une pétition pour lever les restrictions de voyage vers la métropole à partir du 9 juin, est satisfait. Un message a été envoyé à l’ensemble des pétitionnaires et la démarche a été stoppée. Les protocoles sanitaires (tests) restent en vigueur, et conformément au protocole sanitaire local, les voyageurs vaccinés seront dispensés de quarantaine à l’arrivée sur le territoire de la Polynésie française. Un test PCR négatif de moins de 72 heures avant le départ vers la Polynésie française continuera à être exigé.

Le Haut-commissaire de la République et le président de la Polynésie tiendront une conférence de presse le 25 mai pour « faire le point sur cette évolution et préciser les modalités d’application qui sont en cours de définition ». 

Lucie Rabréaud pour Radio 1 Tahiti